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  • Léa Rittersheim

#ABS8LUTE : The Message (Paris) // Venus Club PWFM x REX 27 OCT

A l'occasion de la soirée de Provocative Women From Music au Rex Club le 27 octobre au côté de Lacchesi, Laze et Paul Seul, la fondatrice de Vénus Club, ABS8LUTE nous a livré une superbe interview. Entre son engagement pour le féminisme, son rôle au sein de Technopol, son travail avec Venus Club, ABS8LUTE s'affirme comme une activiste précieuse pour notre génération et pour le mouvement.


ABS8LUTE pour Radio Loubard



Merci beaucoup d’avoir accepté l’interview pour Radio Loubard, on est ravie de t’avoir avec nous ABS8LUTE, comment se passe ta rentrée pour l’instant ?

Merci à toi, je suis Radio Loubard depuis un moment maintenant donc je suis très contente de pouvoir faire cette interview ! Disons que c’est une rentrée sur les chapeaux de roues, le mois de septembre a été très busy. J’ai eu plusieurs gigs très très cools, à Saint Malo dans dans le Fort du petit B, le setting était magnifique j’en ai profité pour faire un set trans dans la brume au petit matin. Ensuite j’ai joué à Caracole, un petit festival dans le centre de la France dans le domaine d’un château. Et on a eu un événement Venus Club à Ciel, un petit jardin à Aubervilliers, ou j’ai joué en b2b avec Paula, une des co-fondatrice de Venus Club. À côté de ça il y’a toute la gestion du collectif et du booking des Venus, du coup forcément ça fait beaucoup d’activités haha ! Pourrais-tu te présenter à nos très cher.e.s lecteu.rice.s de Radio Loubard ? Je suis Elodie Vitalis, je mixe sous le nom d’ABS8LUTE. J’ai fondé le collectif Venus Club, je suis aussi membre du Conseil d’administration de Technopol qui est l’association des musiques électroniques. Je suis passionnée de musique tout simplement. En plus de ça j’ai toujours voulu défendre la place des femmes sur la scène, la place des minorités et contribuer à ce que nos soirées soient plus safe. Ça passe par diverses actions : mon engagement chez Technopol, par de la recherche (j’ai animé plusieurs conférences sur le sujet) et aussi par la rencontre avec plusieurs collectifs comme Consentis. C’est un engagement que je porte et j’essaye de l’appliquer au sein de Venus Club.




En parlant de Venus Club (que tu as fondé en janvier 2021), est ce que tu peux nous expliquer d'où t'es venue l’idée de ce collectif ?


Ça fait 5 ans que j’essayais d’apprendre à mixer et j’avais trop envie de pouvoir mixer les morceaux que je diguais. Mais je me retrouvais un peu démunie face aux platines et je me demandais si j’étais vraiment légitime pour jouer. Et puis un jour je me suis mise très sérieusement, je me suis entraînée tous les jours et j’ai progressé. Mais j'étais seule, il me manquait une émulation et un groupe avec qui partager cette passion, alors que je connaissais des groupes de mecs qui n’hésitaient pas à faire des apéros-mix entre eux. Donc j’ai posté un message sur un groupe facebook qui s’appelle les Technopines qui est réservé aux femmes qui aiment la techno pour demander s’il y’avait des personnes intéressées pour faire des apéros-mix, s’amuser, progresser et s’entraider.

Je m’attendais vraiment à avoir 3-4 réponses perdues et en fait j’ai eu une centaine de réponses de filles motivée. Avec l’annonce du deuxième confinement, on a décidé de commencer par sortir des mixtapes. On s’est aussi données rendez-vous tous les dimanche soir en visio pour monter le projet, prévoir une ligne directrice, une charte graphique et c’est comme ça que c’est parti. On était dispos, passionnées, motivées et si ça a tenu sur la durée c’est qu’on se reconnaissait les unes dans les autres et que quelque chose s’est passé et s’est créé. On aime bien parler au Venus Club d’un petit alignement des planètes



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Toi qui te sentais il y’a moins d’un an démunie devant tes platines, tu joues ce mercredi 27 octobre au Rex avec PWFM, aux côtés de LACCHESI, LAZE, PAUL SEUL c’est génial !

Peux-tu nous parler un peu de ce collectif et de Provocative Woman For Music ?


Yes, j’ai trop hâte pour cette date, ça va être incroyable ! Provocative woman for music c’est la branche féministe de PWFM et ça a été crée par Marion Delpeche. Elle donne l’opportunité aux femmes de la scène électronique française de gagner en visibilité, que ce soit à travers des sets en live stream enregistré chez clubbing TV, des articles ou même en les programmant sur ces events. Elle donne la chance aux femmes qui peuvent manquer de visibilité d'être écoutées par le grand public. C’est un vrai tremplin pour des artistes et je trouve que c’est un beau geste pour la parité.




Cet engagement que tu as, quasi politique au sujet de l’inclusion et des soirées éthiques, d'où vient-il ?

Etant moi meme une femme noire dans la scène électronique, j’ai un regard différent que d’autres personnes du public. Quand j’ai commencé à sortir en soirée, il y a vite un moment où je me suis demandé si j’avais vraiment ma place car il y avait peu de représentativité.

Et puis en m’instruisant j'ai compris que la musique techno et la house viennent des minorités noires et gays des Etats-unis donc je me suis rendue compte que j’étais bien légitime. C’est comme ça que sont nés les questionnements et en parallèle il y avait un gros travail qui commençait à être fait pour être sûrs d’inclure tous les publics, en passant par le prix des soirées à la liberté et la tolérance pendant celles-ci.




C’est donc cette réflexion que t’as voulu appliquer à Vénus Club lors de vos soirées ?


Yes, c’est vrai que maintenant je passe de l’autre côté, avant j’étais plus dans une réflexion théorique, je regardais les différentes initiatives, je les comparais, je comprenais et j’écrivais. La je passe vraiment du côté pratique avec le Venus Club parce qu'on organise et on fait des évènements. Je dois le reconnaître, ce n’est pas simple de s’assurer que son évènement est le plus safe possible. C’est du travail, c’est une stratégie à 360°, c’est un véritable engagement mais c’est vraiment nécessaire. Au sein de Venus Club on a toute une team essaye de mettre en pratique le plus possible ces engagements.


Quels conseils donnerais- tu pour organiser un événement safe ?

Ce qu’on a mis en place c’est un concept d’ange gardien.ne qui vont avoir un brassard et se balader dans nos soirées et s’assurer que tout va bien, qu’ils y’aient pas de relous ou de personne qui aient trop bu. On a aussi mis en place des “taxis à pied”, qui sont des points de rencontre pour partir en groupe de la soirée. On a toujours un stand de prévention aux violences sexuelles et sexistes et des pancartes, pour l’instant on utilise celles de Consentis et on va développer les nôtres prochainement. On a toute une com dédiée, on s'assure que les gens qui viennent sachent pourquoi ils sont là. On prévoit aussi des briefs à la sécu et aux lieux où on essaye de leur dire nous voilà on crée des événements dans lesquels on a envie que tout le monde se sente bien, il y aura des personnes issues de minorités, des personnes LGBTQIA+, soyez bien au courant de ça.




Quand tu regardes ton parcours, qu’est ce que t’ont apporté tes expérience d’avant, notamment en tant que journaliste musical ?


Je dirai que dans mon chemin de vie, ça me semble être la meilleure façon d’arriver là où je suis parce que ça m’a permis de construire tout mon discours, ma pensée mais aussi d’affiner ma culture musicale. Donc forcément c’est parfait que ABS8LUTE et Venus Club arrivent maintenant que je suis plus mature. Pour moi c’est une suite logique à mon parcours durant lequel j’avais toujours un pied dans la musique. Et même si comparé à d’autres personnes qui ont pu créer leur collectif beaucoup plus tôt que moi, j’ai moins d’expérience sur le terrain, j’apprends vite et pour l’instant tout se passe très bien.


Il n’y a pas de moment parfait au final se lancer. On peut voir ton parcours journalistique comme une sorte de formation théorique avant d'aller sur le terrain. Il n’y a pas vraiment de bon ou de mauvais parcours, chacun se construit à sa manière. Toi tu es montée en puissance dans l’univers de la musique et, par la même occasion, tu as réussi à diffuser ton engagement sur le terrain. As-tu des projets pour le suite ?


Pour la suite, développer ma carrière de DJ et me produire devant des gens, pouvoir les embarquer dans un voyage cosmique ça me fait vraiment trop kiffer. Mais je ne veux pas me consacrer qu’à ça. J’aime toutes les facettes de l’industrie musicale, je vois ça comme un tout à explorer sous différents angles. J’aime être autant sur le devant de la scène que derrière, je vais donc poursuivre la gestion du collectif en le développant davantage, en continuant à organiser des événements.

Je veux aussi développer l’action culturelle du collectif en poursuivant les sessions d’initiation au mixage. C’est un point important dans le projet Venus Club, notamment pendant le confinement on avait mis en place des sessions virtuelles à travers notre groupe Facebook déjà suivi par plus de 400 personnes. Ensuite, je souhaite monter une agence de booking, une agence éthique pour femme DJ avec pour le moment uniquement les artistes de Vénus, mais pouvoir l’étendre par la suite à d’autres artistes féminines talentueuses.



Du coup, comment définirais-tu la raison d’être de Vénus Club ?


Avant tout, un besoin de sororité, de se retrouver entre nous, se rendre compte de nos potentiels, de nos qualités. Je dirai aussi que l'objectif est de défendre la parité et pouvoir ainsi faire partie de line-up de soirées mixtes de la scène techno parisienne




On a donc un collectif autant nourri par la musique que l’engagement féministe. As-tu un message à faire passer pour les lectrices et lecteurs de Radio Loubards.


Suivez Venus Club, PWFM, et rejoignez-nous en nombre le mercredi 27 octobre au Rex Club, ça va être génial avec un line-up local de DJ parisiens paritaire. On vous prévoit un set techno cosmique qui mélange bien les univers.


LINK DE L'EVENT


Enfin, aurais-tu quelques artistes à nous faire découvrir ? Ou tout autre chose à nous faire partager comme des livres, un documentaire, une expo, etc.


- Samoh

Un artiste Néerlandais que j'ai découvert en digguant sur Soundcloud. Entre techno, acid et trance, très quali !


- Yenkov

Forcément, j'inclus une Vénus dans le lot ! Elles sont toutes géniales et talenteuses dans leurs styles respectifs mais aujourd'hui j'ai envie de vous faire découvrir Yenkov. En plus d'être une super photographe, c'est une DJ à la sensibilité musicale incroyable. Elle joue fast techno et hard trance à 150 bpm minimum, toujours avec bon goût et subtilité. Je pense qu'on va commencer à la voir jouer dans les warehouses très bientôt.


- DJ Ibon Je ne sais pas si ça va être une découverte mais DJ Ibon est l'un de mes artistes favoris. Chacune de ses releases est une perle. Ça tabasse mais avec précision, et quand il va du côté de la trace c'est d'une beauté... Pas étonnant qu'il soit à l'avant-garde de la scène danoise !

A voir : le documentaire Sisters With Transistors qui met en lumière les femmes qui ont contribué à l'avènement de la musique électronique et dont on n'a que très peu entendu parler. Peut-être que si tout le monde savait que des femmes avaient autant participé à l'histoire de ce courant, les femmes se sentiraient plus légitimes à mixer et produire. Je crois beaucoup au pouvoir de la représentation.


 

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