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  • cesarloubard

#AcrossMySight : The Message (Paris)

Qu'est ce qui nous guide ? L'instinct ou l'instant ? Les décisions prisent à l'instinct sont souvent prises à l'instant et quand l'instinct enfin se lasse du temps, seul celui qui sait profiter de l'instant s'installe dans le temps. Je me permet d'attirer votre attention sur cette notion, qui à mes yeux, représente bien l'art de la photographie. Capturant l'instant et prise à l'instinct, une photo dans sa discipline s'applique à un concept captivant dans l'art, dans la philosophie et dans l'anthropologie.


Par définition, l'instinct animal est l'équivalent de l'intelligence humaine. N'en étant pourtant pas dépourvue en tant que membre de la race humaine, l'instinct selon Blaise Pascal s'équilibre entre deux principes : "Raison et Instinct, marques de deux natures"

Par cela il démontre la séparation de ces deux concepts, propre à une nature différente, humaine et animale. Plus encore, il les opposent, l'instinct n'étant en aucun cas guidé par la raison, chaque action guidée par l'instinct n'est pas réfléchi au préalable et se réalisent à l'instant. La différence entre l'araignée qui tisse une toile géométriquement parfaite et l'architecte qui réalisent les plans et la construction d'un immeuble, est que l'architecte aura au préalable conçu et imaginé les plans dans sa tête.

Paradoxe intéressant et factuel : l'araignée aura, par instinct, atteint la perfection dans son oeuvre.


L'art est un tout autre exercice, mélangeant intelligence et instinct. Ne pouvant pas atteindre la perfection que promet l'utilisation de l'instinct animal mais utilisant l'intelligence de ses connaissances et savoir-faire humain, l'artiste trouve sa satisfaction dans l'équilibre de ces deux concepts. Même si nous avons souvent l'impression de prendre des decisions par instinct, ces choix sont également alimentés par notre raison et définis par une intelligence, qui discrètement agi comme décisionnaire.

En revanche, les mouvements du corps sont instinctifs, vous et moi ne réfléchissons pas vraiment à nos gestes lorsque nous dansons dans des soirées où la raison, par ailleurs s'oublie bien vite! Ce qui fait la beauté de ces soirées, c'est justement l'abandon de la raison. Le geste instinctif est d'emblée parfait, quand on danse, l'instinct est roi et la musique est reine et c'est ce couple qui permettent au photographe et à Victor de capturer la beauté de l'instant. A l'instant ou à l'instinct bien sûr, à votre guise.


En attendant de pouvoir revivre ces instants, j'ai l'immense plaisir de recevoir à travers ces lignes Victor, qui à travers ces photos nous offre et nous inspire l'instant.

Mes chers frères et soeurs, croyez moi que lorsque nous le reverront parcourant les lignes désordonnées que dessinent la foule de danseurs, appareil au cou face à ceux ayant préféré les chaines comme ornements ce sera le symbole d'une jour heureux.


Victor Maître pour Radio Loubard



Hello Victor! J’espère que tu vas bien et que tu gardes le moral! Comment as-tu vécu cette année ?


Alors, cette année je l’ai vécu un peu comme tout le monde j'imagine! Je me suis surtout recentré sur moi même et sur mon entourage suite à une situation familiale particulière. Je pense que ça s'est également ressenti dans mes photos, je n’ai dernièrement shooté que des proches et des amies.

J’ai bien évidemment mis de côté la nuit qui n’a pas eu besoin de moi pour se mettre toute seule de côté (rires). Le choc pour les personnes travaillant dans ce secteur a été ressenti de façon commune et partagé : Je suis passé par une vie de photographe entre soirée corpo et soirée underground à totalement autre chose, je travaille dans un métier de bouche maintenant! Même si il y a une certaine reprise cet été c’était pas extraordinaire donc le choix a été vite fait!



Pourrais-tu te présenter un peu et nous parler un peu de ton parcours en tant que photographe ?


J’ai commencé en faisant du vjing, je diffusais des footages pour le Bal con et la Cockorico à l’époque! Puis rapidement je me suis dis qu’au lieu d’emprunter des photos à d’autres, autant balancer mes propres photos! J’ai d’abord commencé à l’école de design de Saint Etienne dans laquelle j’ai découvert la la photo grâce à une amie, j’ai donc arrêté le design, abandonnant l’objet et commençant la photo en atterrissant en école de photojournalisme à Bruxelles. C’est une formation assez ancienne (rires) mais finalement assez intéressante sur pas mal de points!

Travailler avec l’argentique est assez spécial et claquer 4-5 films par week end en noir et blanc m’a d’abord permis de me démarquer dans la scène mais ma également fermé quelques portes au début pour des raisons pratiques et financières comme vous l’imaginez!

J’ai intégré ensuite le monde de la nuit, j’ai fait quelques rencontres, ce qui m’a permis de photographier des soirées comme la Myst ou la Spectrum par exemple.

Par ailleurs, la nuit j’utilise beaucoup le flash avec un rendu noir et blanc, la relation est assez différente car l’univers de la nuit se fait assez discret. Le fait d’avoir un rapport aussi frontal avec le flash amène une discussion entre le photographe et ses sujets, je suis là pour les tutoyer et être en contact avec eux, c’est une relation spéciale et quelque chose qui n’était pas inné pour moi. Finalement, j’ai appris à m'affirmer dans le monde de la nuit en tant que personne et en tant que photographe, en allant plus facilement vers les autres et en allant provoquer la rencontre via mes photos.

Ça m’a ouvert des opportunités, j’ai pu bosser avec le magazine Trax, sur ma série Dancers in the Dark et j’ai aussi participé à l’expo Electro au Philarmonie!





Tu as eu l’occasion de photographier les héroïnes et héros nocturnes et matinales des soirées Myst ou Spectrum. Qu’est ce que tu trouves attirant dans le fait de capturer des personnes en mouvement et qui plus est en soirée techno ?


La grande particularité de ces deux soirées pour moi, c’est la liberté, la liberté de mouvement s’inscrivant dans un cadre totalement informel, beaucoup plus attirant. Comme je te le disais, plus les gens sont désappés, plus je m’éclate haha, donc la grande liberté vestimentaire, de comportement, la grande diversité de profils des personnes des soirées LGBTQ pour moi c’est le rêve absolu!




Ce que je trouve particulièrement intéressant avec tes photographies, c’est l’aspect et le rendu influencé par l’esthétique Rock/Glam Rock sur des sujets issues de la culture techno. Est-ce qu’il y a une volonté derrière d’intégrer cette inspiration dans ton travail ?


Je pense que le médium que j’utilise déjà à savoir le noir et blanc en pellicule joue beaucoup. C’est marrant que tu me dises ça, parce qu’un mec sur Instagram m’a dit qu’une de mes photos lui faisait penser à des clichés pris dans un club new-yorkais année 80 en mode Andy Warhol haha!

Je vois ce que tu veux dire, même quand je vois le taf de mec comme Larry Clarke, je reste un petit peu dans cette influence, j’aime ce côté paradoxal entre intemporel et contemporain avec cette division entre un style New York des années 80 et les soirées techno actuelles. Je pense que les styles vestimentaires sont finalement assez proches et que le côté argentique renvoie rapidement à ces années-là.

Malheureusement, faire de l’argentique trois fois par semaine, c'était chaud, c’était cher et parfois un peu long. J’ai dû tristement délaisser la pellicule, ce qui a fait perdre un certain cachet au travail du début, mais hors soirée, je continue d’utiliser ce médium que j’affectionne tant.




Il y a toujours ce côté sensuel et assez tendre dans tes photos autour de l’atmosphère

sombre d’une soirée en warehouse. Est-ce que c’est une volonté de ta part d’aller chercher la tendresse dans l’intensité?


Je pense avoir un regard assez bienveillant sur les sujets que je prends en photo. Je dois également garder en tête que la plupart de mes commandes finissent sur facebook ou instagram, deux réseaux sociaux qui censurent pas mal le nu. Je ne suis pas dans une volonté d’être trash et de choquer et il faut également que je respecte une certaine volonté de la part des orgas. En fait le paradoxe est là : Les soirées sont assez trash de base ou sont censés représenter le “hard” donc je suis plus là pour embellir la nuit au fond haha. Après, j’ai remarqué que plus tu es dans une soirée de niche comme la Myst ou la Spectrum, plus les gens sont bienveillants entre eux, tu le ressens encore plus dans des clubs comme le Berghain ou dans d’autres en Allemagne. Finalement, la beauté est déjà là, il faut juste être là au bon moment pour la capturer.

Quand tu parles de sensualité, les gens sont sensuels avec moi donc je suis sensuel avec eux, c’est une sorte d'échange entre sujet/photographe, la douceur est véhiculée par le public et dans la relation que je peux entretenir avec eux.





En dehors de ton travail en tant que photographe de soirée, tu réalises aussi des shootings en appartement ou en extérieur avec une prédilection pour les nues. Pourquoi choisir de photographier ce type de sujets?


Les nues c’est la liberté, c’est comme en club ou en soirée! C’est ce qui se rapproche vraiment le plus de mon travail en club. J’ai été formé pour écrire sur mon travail, à penser mes photos mais j’ai toujours gardé une pratique assez intuitive.A l’époque les photos que je faisais la semaine était en totale opposition avec mes photos du week end . Quand j’ai commencé à explorer la nuit, les soirées, j’ai très vite voulu passer de l’autre côté de la barrière, et développer ce côté productif dans la soirée m’anime.

Quand je shoot en appart, je bosse sur du moyen format avec des films de 120mm, c’est vraiment un tout autre rythme, je fais une photo en toutes les 10 minutes. Ça me permet d’avoir un échange totalement différent avec le sujet que je shoot. C’est une pratique que j’ai développé pendant le confinement. J’avais également l’envie de continuer mon travail en argentique après la soirée, après la soirée il y a l’after, c’était l’occasion de photographier le même public sous un autre angle.




Je trouve personnellement qu’il y a beaucoup d’élégance dans les photos des nues. Quel procédé de photographie utilises-tu ou directions donne-tu à tes sujets?


Je pense que ça se rapproche plus d’une discussion. J’aime bien construire cet échange avec la personne avant, je shoote souvent au moment où la personne s'attendait le moins. Après je ne shoote jamais avec des modèles professionnels, c’est des gens que je connais, ma copine ou des amis donc la complexité et la mise en confiance au départ était moins délicate.

J’ai grandi avec la nuit et son public , je devais aller vers les gens et ça m’a permit de m’affirmer, faire du nu me permet d’explorer, c’est un peu le même cheminement. Il faut avoir pas mal d'assurances et le fait de pouvoir travailler avec des gens que je connais aide beaucoup aussi.




Est-ce que tu n’aurais pas 3-4 artistes à nous faire découvrir ?


3-4 tracks ?


Years of Denial - I’m Still a Pill



Tobias Bernstrup - Hitman



Qual - Inject Your Mind



Et le radioshow de Djedjotronic et Pablo Bozzi sur ola radio !



Autre chose à nous faire découvrir (Film, Documentaire, Livre etc..) ?


En ce moment je bouquine, Les puits de L’Enfer de Graham Masterton.

En documentaire, va mater The Sound of Belgium.

Une série, the Boys ou En Thérapie sur arte


Retrouvez Victor sur Instagram ici


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