Rechercher
  • cesarloubard

#AdrianaPagliai : The Message (Paris)

Mis à jour : juil. 22

"Et puis, lorsque la relation évolue les images aussi".

Et non, cette citation n'est pas de Helmut Newton, d'Annie Leibovitz ou de Bettina Rheims mais bien de la personne au nom italien qui se trouve au dessus de cette phrase modestement célébrée par un encadrement en guillemets.

Sans vouloir vous spoiler la suite de cette interview, j'ai trouvé ces mots très justes de sens et très sensible au travail et à l'âme créative d'Adriana.

Si l'on sort cette phrase du contexte purement photographique, j'ai immédiatement penser à un lien avec d'autres types de relations, finalement pas tant éloignées de la relation "sujet-photographe".


Si nous parlons d'une mère qui voit grandir son fils, ou d'un père qui voit vieillir sa mère, les images se font complices du temps et effleurent une évolution constante de la perception que l'on peut avoir de l'être aimé.

Chaque fois que votre mère vous serre près de son coeur, depuis votre plus tendre enfance jusqu'à votre courageuse vie d'étudiants, elle le fera avec le même amour, indépendant des traits du temps sur ses joues et de votre poitrine ou pilosité naissantes. Elle qui a vu tant d'image de vous, qui les a façonnées même en choisissant vos vêtements et votre coiffure, voit également "évoluer" la relation. Quand vient l'heure de grandir et de partir les images se font soeurs du souvenir et ce n'est que sur des vieilles photos que l'on pense, avec un peu de nostalgie, aux temps révolus, à la relation qui dans son amour, évolue.

Mais trop souvent, nous nous rendons compte que l'image est devenue souvenir uniquement lorsque la relation évolue, sentiment secret que la pudeur jalousement protège et ne révèle que lorsque le mot "plus jamais" s'immisce dans le vocabulaire des amoureux, des amis ou des enfants.


Alors célébrons ensemble, le travail d'Adriana, qui avec beaucoup d'amour pour ses sujets les fait grandir autant qu'elle évolue, bâtissant avec confiance, une relation en constante transformation. Immortaliser par le clic de l'appareil mais éternel dans le souvenir du moment partagé, Adriana photographie avec empathie et sensibilité, qualité précieuse à l'art de notre génération.

Alors faites de même lorsque vous lisez ces lignes, et portez autant d'amour pour ce que vous faîtes dans la vie qu'Adriana porte à ses photos.


Adriana Pagliai pour Radio Loubard




Hello Adriana ! J’espère que tu vas bien, j’ai cru comprendre que tu avais adopté un petit chat… Comment se passe la colocation ?


Écoute en effet j’ai adopté un petit chaton qui s’appelle Salem, aujourd’hui il a découvert le monde extérieur dans la cour c’était une grande aventure bref je suis complètement gaga !


Pourrais-tu nous parler un peu de ton parcours dans la photographie ?


Bien sûr ! Sans faire trop cliché j’ai toujours été attiré par les images et je me souviens quand j’étais petite j’avais l’appareil photo Fischer price le bleu et jaune dans lequel on mettait un jetable et j’adorais prendre des photos avec j’en faisais tout le temps partout en vacances de mes copines c’est un truc qui me plaisait beaucoup et j’ai de plus en plus étais intéressé par la photo mais sans trop y penser comme un métier c’est seulement en terminale lorsqu’il fallait choisir ses études post bac et que j’ai appris qu’il existait des écoles de photographie et donc j’ai choisi d’en faire une. C’était un peu une évidence que c’était ce que j’aimais le plus



Tu es donc passé par des études de photographie en documentaire et reportage, est-ce que tu as l’impression que ce mode de réflexion peut se ressentir dans tes photos ?


J’ai fait une école qui nous a enseigné les différents types de photographie mais en effet qui était surtout axée documentaire et reportage car à la base je voulais être reporters de guerre et je me suis vite rendu compte que ce n’était pas tout a fait pour moi.


Même si tes photos sont très orientées “mode”, tu es amené à produire d’autres formats. Est-ce que c’est important pour toi de ne pas te cantonner à un seul style ?


Oui absolument. Aujourd’hui on demande énormément aux photographes de se définir dans un seul style je trouve que cela n’a pas de sens, la photographie c’est vaste et c’est un tout. Justement, il faut briser les codes et mélanger tous les styles, faire les images que l’on a envie de faire sans se soucier du reste.



Models : anouck_vz & @rory.klon


Tu me parlais aussi d’un côté finalement assez peu artistique dans la photographie de mode au profit d’une vision plus commerciale, est-ce que tu essayes d’aller justement à l’inverse de cette tendance ?


Je pense qu’aujourd’hui le côté artistique de la photo de Mode a été relégué au second plan et qu’il faut qu’il reprenne une place plus central. C’est ce qui fait l’intérêt de la photo de mode c’est de mélanger plein d’univers et pas seulement à fin commercial, bref de faire rêver, dénoncer, apprendre mais qu’il y ai un message, une intention. Pas uniquement de promouvoir un produit. Cette créativité existe toujours malheureusement elle n’est pas assez mise en avant.



Tu es une femme assez sensible au monde qui t’entoure et je pense que cela se ressent dans tes photos. Désires-tu photographier ce que tu perçois du monde ou ce que tu imagine de lui ?


Je pense que c’est un peu plus complexe que cela, je photographie des instants qui existent mais qui sont ponctuels alors que j’aimerai qu’ils soient permanent ! Donc le monde comme je l’imagine mais pas totalement car il existe quelque part.


Tu travailles le plus souvent avec des gens que tu connais et en qui tu sembles avoir confiance, qu’est ce qu’apportes ces collaborations répétées dans ton travail ?


C’est vrai que même si je varie les équipes, il y a un noyau de gens avec qui je travaille régulièrement. Je trouve ça intéressant et important car on évolue tous ensemble, on se connaît bien maintenant et c’est plus agréable, stimulant. J’ai confiance en eux et je pense qu’ensemble on se dit plus de choses et on peut aller plus loin.


@klonfamily


Que ce soit dans le choix de tes sujets ou dans l’équipe qui t’entoure, on ressent une certaine complicité nécessaire au bon déroulement du shoot et propice à la créativité. N’as tu pas peur de rentrer dans un processus qui pourrait te desservir un jour ?


J’aime photographier les gens que je connais, ça me rassure quelque part. Et puis lorsque la relation évolue les images aussi. Une photo c’est un jeu entre la personne qu’il photographie et la personne photographiée , quelque part on arrive à immortaliser ce qu’elle nous montre d’elle. Quand on a la confiance de quelqu’un on peut faire les meilleures images du monde. Mais quand on connaît la personne c’est à double tranchant et ce n’est pas forcément toujours facile c’est pour cela que j’apprécies également de photographier des inconnus et que je ferais toujours les deux. Ce n’est pas les mêmes processus de travail pour moi.


model : @ly.as


Et dans la vie, entre nous… Tu préfères utiliser ce que tu connais ou découvrir un inconnu ?


Encore une fois ce n’est pas tout noir ou tout blanc ! J’aime avoir une base solide dans ma vie mais je ne suis pas quelqu’un de très casanier et j’en n’aime pas avoir un rythme de vie trop répétitif donc un savant mélange entre les bases que je connais et découvrir plein d’inconnus hahah


Quel est le rôle actuel d’un.e jeune photographe de mode ? En quoi pourrait-il influer sur le futur de notre société ?


C’est des questions que je me pose sans cesse depuis que j’ai commencé la photo est plus intensément depuis des mois. Je pense que des changements arrivent dans la mode et qu’il faut y participer. Imaginer et réaliser le monde de demain en osant faire des choses différentes, plus engagées. L’art doit être représentatif du monde de demain.




Adriana dans 3 ans c’est quoi ? Réponds maintenant et on se refait un interview dans 3 ans par contre….


Alors là avec plaisir ! J’ai toujours un peu de mal à me projeter ou alors sur une très longue échelle haha

Mais Adriana dans trois ans aura une photographie plus affirmée avec un monde encore plus défini et des projets dingue réalisés


Tu n’aurais pas 3-4 sons à nous faire partager ?

Alors cette semaine je suis à fond :


Piece of my heart : Big Brother and the holding company



Entangled : Genesis



Noise : Klon



Burning Up Madonna



Autre chose à nous faire découvrir ? (Artistes, musiciens, films, livres etc…)

Alors tant déjà passés sur Radio Loubard! Le Klon, Matthias, Veugue … et d’autres à venir !

Sinon je viens de terminer Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet et c’est d’une puissance incroyable, à lire


Tu veux faire une dédicace à la Skyrock en 2009 ?

LäCh 1 k0om$ aii äb0N töùa :3







55 vues
Join my mailing list
  • White SoundCloud Icon
  • White Facebook Icon
  • White Twitter Icon
  • White Instagram Icon
  • White YouTube Icon