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Carla Schmitt & Jeanne (Daffodils Visual) : The Message (Paris)

A l'occasion de la sortie d'un Live-stream enregistré dans les locaux de Shotgun pour La Quarantaine, Radio Loubard a rencontré Carla Schmitt, dj, danseuse, productrice et Jeanne (Daffodils visuals) qui a divinement bien géré la V/A du Live-stream.

Une expérience immersive entre art contemporain, danse et techno, aussi fascinante qu'envoutante poussée par une collaboration réussie entre les deux artistes.



Get To Know Carla


Hello Carla! J’espère que tu vas bien et que tu es prête pour cette prochaine sortie? Comment as-tu vécu cette année ?


Hello César, Merci pour l’invitation !

Écoute en ce moment je suis au top du top même si la situation actuelle peut freiner sur certains points. Ça n'a pas été tous les jours faciles mais je suis une personne qui reste assez positive, je suis bien entourée et soutenue, j’ai la santé, un toit, donc je n’ai vraiment pas à me plaindre.

L’année 2020 m'a permise aussi de me découvrir davantage, de voir vers où je voulais vraiment aller et de mûrir dans ma créativité et dans mon quotidien.

Ca été même enrichissant d’un point de vue personnel comme professionnel, j’ai sorti mes premiers projets en tant que chorégraphe/danseuse, j’ai fait différentes collaborations qui par la suite m’ont amenés à faire la rencontre d’artistes assez renommés, l’opportunité d’avoir travailler avec Kim Chapiron avec l'équipe KOURTRAJMÉ sur le dernier clip de Pink Noise PAPA BELLY, le lancement de mon projet musical après 3 années de pause, et pleins d’autres choses encore !


Pourrais-tu nous parler de ton parcours dans la musique en tant que productrice et DJ techno ?


J’ai découvert le milieu de la nuit assez jeune, vers mes 15 ans, j’ai eu de la chance d’avoir mon oncle qui travaillait dans le milieu de la nuit, il tenait le bar électronique Le 115 à Bordeaux et c'était toujours blindé (aha). En découvrant mes virées nocturnes, il m’a directement pris sous son aile et m’a mise en relation avec la plupart des responsables de boîtes de nuits ou de gros événements.

C'était un immense privilège à cet âge là de pouvoir rencontrer des personnes du milieu, tout en sachant que j'étais en sécurité et complètement mineure !

J’ai commencé à apprendre le Djing vers mes 17 ans, j’avais comme nom de scène XØXI et puis passé la majorité, j’ai commencé à me produire sur Bordeaux notamment au Parallel, Redgate anciennement, à la plus grande B2B du monde organisé par Ola Radio et l’Iboat puis au Magazine Club à Lille lors d’une soirée du collectif EXIL en warm up de Keith Carnal, et c'était incroyable !

La production est venue en suivant quand je me suis installée à Paris, je participais déjà auparavant à des Workshop sur Ableton ou à des petites collabs avec des producteurs bordelais mais sans réelle assiduité.

J’ai intégré la formation professionnelle des techniques musicales à Abbey Road Institute et après cela j’ai voulu prendre du temps pour moi.

J'étais pas sûre de vers où j’allais, je ne trouvais pas tout à fait mon identité et je pense que je n'étais pas aussi solide que maintenant.

Alors j’ai donc préféré mettre cela en suspens et me préserver, le temps que je grandisse davantage, que je découvre d’autres choses, que je m’enrichisse dans cette culture, et la danse à cette période restait une priorité qui me prenait beaucoup de temps et d'énergie, j'étais à plus de 30 heures d'entraînements par semaine, sans compter les multiples répétitions nocturnes, les projets en parallèle, les scènes, concours de danse...

Au final cela a été bénéfique, je ne regrette absolument pas d’avoir pris mon temps et d’avoir fait les choses dans un certain ordre pour une fois ! (aha)

Je suis du genre à être constamment en mouvement, je peux vite m’éparpiller, j’ai beaucoup trop d’idées qui fusent dans ma tête et je suis en recherche constante de nouvelles énergies, de nouveaux genres, découvrir de nouvelles choses ! Bref je suis clairement un petit papillon !




Tu es également danseuse professionnelle c’est ça ?


Oui c’est ça ! Je suis plus axée sur le contemporain et le moderne et de plus en plus vers l’expérimental. Je pratique aussi des styles plus commerciaux depuis que j’habite à Paris au Lax Studio ou Studio Harmonic comme le street jazz, et le hip hop, et je suis tombée amoureuse de la danse en talons grâce à Nadine Timas, c’est une de splus belles femmes que j’ai pu rencontrer, ca m’a permise de vraiment m’affirmer en tant que femme et d’avoir un meilleur rapport avec mon corps !

Depuis peu je me rends compte que j’aime chorégraphier, créer des univers, donc à voir par la suite comment tout ça évolue.


Comment vois-tu la corrélation entre musique techno et danse contemporaine ?


Depuis très jeune la musique électronique était le meilleur moyen pour moi de m’exprimer à travers mes gestuelles, ma professeur de danse Laure George s’inspirait beaucoup de Olafur Arnalds ou encore Kangding Ray, elle nous faisait même danser sur du Ellen Allien, Arnaud Rebotini, Laurent Garnier....

Je suis une personne qui est très joviale, et qui aime être au contact de l’humain, mais il est difficile de rentrer dans mon intimité, j’ai eu affaire à des choses dans mon passé qui m’ont fait énormément souffrir, comme le cyber harcèlement, j’ai eu une éducation dans un cadre assez stricte et catholique, je n’arrivais pas à rentrer dans le môule, surement parce que j’etais une de ses seules à avoir déjà mon petit monde bien à moi, en cours j’étais carrément à l’ouest, je m’ennuyais énormément, je n’aimais pas être dans ce cadre où tout le monde portait la même chose, être dans le jugement constamment, et j’ai tout fait pour me faire virer pour aller dans le public, et ça été la meilleure chose.

J’ai du mal à parler de mes sentiments, je suis toujours très gênée et je peux être miss gaffe.

La danse m’a permise de me sauver ainsi que la musique techno, c’est pour cela que je vois une belle corrélation entre ces deux arts.

J’ai rencontré peu de chorégraphes utilisant la musique électronique comme moyen d’expression ! Et Rone a carrément fait le taff avec sa collaboration du collectif LA HORDE “Room With a View”.

Le milieu techno n’est pas si connu que ça des danseurs professionnels, et c’est bien dommage.

C’est pour cela que je veux développer cela, montrer et prouver que la danse est juste magnifique avec la musique techno, qu’il n’y a pas forcément besoin de paroles pour pouvoir ressentir une émotion. Quand je suis dans une warehouse, j’adore voir les gens se déchainer, transpirer de bonheur, voir les corps bouger à travers des ombres, ça m’inspire beaucoup ! Alors pourquoi ne pas laisser place à la danse classique, contemporaine, hip hop, ou autres, casser les codes et sensibiliser les gens à la fusion de ces deux arts que ça soit pour les danseurs ou pour les amateurs de la musique techno ?






Qu'essaies-tu de transmettre à ton public lorsque tu joues et lors ce que tu danses ? Est-ce que tu vois une complémentarité entre les deux?


Lorsque je joue j’aime raconter une histoire, je suis pas du genre à mixer pour mixer. J'essaie toujours de laisser passer un message, et dans ma danse c’est exactement la même chose, faire vivre de multiples émotions.

Mon but est d'amener les personnes dans mon petit monde et de leur faire découvrir de nouvelles sonorités et mes influences, je varie les styles afin d’avoir un set complet, j’ai pas vraiment de limites, tout dépend de la situation, de comment je me sens etc...

J’ai un style assez brutal, sombre, et sensuel dans ma danse, et dans ma musique c’est pareil, en apportant un côté aéré et mélodique.

Je vois évidemment une belle complémentarité, et justement mon dernier projet de danse était sur la track I’m Walking in the Dark de Ellen Allien que j’ai tourné à Bordeaux, et je ne pensais pas avoir un retour aussi positif de sa part.

De plus en plus, on voit que les danseurs sont mis en avant sur des clips techno, comme ce qu' a fait Jeanne pour Axel Picodot avec la dernière sortie de son EP, ou Klangkuenstler réalisé par I AM JOHANNES, et ça fait plaisir à voir.



Tu as un E.P qui devrait sortir prochainement. Comment l’as-tu conçu et que souhaites apporter en plus avec cette sortie ?


Oui, c’est mon tout premier EP et il sortira sur le label parisien KR Records fondé par Ket Robinson pour une release digitale et vinyle !

4 artistes nationaux et internationaux ont répondus présent à la participation du projet, et ça m’a clairement donné un énorme coup de boost, tout le monde est très investi et je suis ravie de travailler avec des personnes bienveillantes, pour rien au monde je ne changerai mon équipe.

Je l’ai conçu au moment du deuxième confinement, je venais d’arrêter une relation qui m’a beaucoup peiné, et je n'étais pas assez épanouie dans mon ancienne Académie de danse, alors je suis rentrée dans le sud pour être proche de ma famille et me ressourcer. Dès que j’ai commencé à composer mon premier track, j’ai su instantanément que je voulais réaliser un clip alliant l’acting et la danse.

Cet EP parle beaucoup de mes émotions, de mes angoisses, de mes craintes, et de mon ressenti sur la crise actuelle, ça été clairement une thérapie pour moi. J’y ai mis tout mon coeur, et la passion, et j’ai hâte de faire découvrir ma vision des choses à travers la danse et ma musique, mais j’en dis pas plus, je laisse la surprise !



Comment vois-tu ton futur dans la musique ? Pourrais-tu imaginer une structure mêlant danse et musique électronique?


J'espère aller le plus loin possible, rentrer dans une agence, avoir mon label, faire de grosses scènes, proposer des prestations alliant la danse et ma musique par le Vjing ou sur des réalisations vidéos, mettre en avant des danseurs...

Je me laisse guider et je suivrai mon instinct mais ce qui est sûr, mes projets monteront en puissance au fur et à mesure.


Get to Know Jeanne





Hello Jeanne ! Comment te portes-tu? Pourrais tu te présenter?


Jeanne aka Daffodils, je suis issue d’une école de cinéma et l’art à une grande place dans ma vie depuis toute petite.



Comment t’es tu retrouvé dans le monde et l’univers de la techno?


Le monde du cinéma étant plutôt difficile d’entrée, de fil en aiguille je me dis que j’ai qu'à mêler mes deux passions. L’image et la musique.

Le clip donc !

Je participe à un clip techno en tant qu’actrice aux côtés de deux autres super filles et je m’entend super bien avec l’équipe technique que je trouve vraiment sympathique, à l’écoute et pro.

C’est à cette équipe technique (Scott et Rémi de chez Pelosch Prod) que je proposerais plus tard de m’épauler sur mes projets de clip en tant que réalisatrice et jusqu’à aujourd’hui la collaboration se passe vraiment très bien je suis très contente !

Entre-temps le confinement m’a permis de m’améliorer en montage vidéo. Je suis devenue vidéo graphiste pour Dusk Records. Je leur produis tous leurs contenus vidéos.

Dans l’industrie techno j’ai été assistante réal sur le clip « Ora » du duo Hex (dispo sur Hate Youtube)




Qu’est ce qui t'intéresse dans cette esthétique ?


Dans la techno que je connais, on prône beaucoup l’univers dark.

En effet la techno c’est industriel par ses sonorités et par son esthétique.

Mais je remarque qu’on déconstruit ses codes et je pense faire partie de ce mouvement.

La techno à de multiples univers et styles sonores. Son univers esthétique tend également à s’élargir. Je remarque les Directions Artistiques des labels ou artistes qui sortent des lignes « dark » comme on en avait l’habitude et ça me plaît.

Ce qui me plaît dans ce milieu c’est que le champs des possibles est infini. Au niveau créatif. Et ça c’est grâce au public de ce milieu qui est un public ouvert aux nouveautés et réceptif à la maxi créativité.


Tu es un petit peu un couteau suisse avec une large palette de compétences je crois haha.. Peux-tu nous parler de ton parcours dans l’art jusqu’à ton activité de réal?


Il se manifeste par la danse que j’ai pratiqué pendant une quinzaine d’années à très forte dose ! On devait créer des chorégraphies. Chaque fin d’année nous préparions un gala avec un conte mis en scène. Des tenues fabriquées par des couturières, il y avait des premiers et seconds rôles.

J’avais déjà un pied dans le monde du spectacle quoi ! Et j’adorais ça, j'ai passé tout mon temps extra scolaire avec ma deuxième famille: l’école de danse.

Il se manifeste aussi par la musique, le chant, l’écriture depuis toute petite, des poèmes, la photographie, la mise en scène …

Et puis j’ai toujours aimé raconter des histoires, que ce soit quand je jouais avec mes Bratz pendant une après midi et je reprends l’histoire le soir après dîner.

C’était les feux de l’amour et mon histoire pouvait durer une semaine. J’étais à fond, mes personnages avaient des historiques dans des cahiers.

Après j’ai commencé à me mettre au dessin, je me prenais pour une styliste avec des tenues très iconiques, mes modèles avaient des super pouvoirs et je leur inventais aussi un passé dans des carnets.

Bref tu l’as bien compris j’adore le scénario, la mise en scène depuis toute petite.

Ensuite en grandissant j’ai compris que le chemin pour arriver à danseuse étoile était peut être un peu plus compliqué que prévu et j’ai eu une révélation avec le cinéma !

A 16 ans, un parent d’élève cinéaste parlait de son quotidien et j’ai tout de suite compris que c’était pour moi. A partir de là j’ai dirigé mes choix de vie en fonction de ça. J’ai commencé à regarder les films différemment, je cherchais des documentaires sur les «behind the scene » etc…

A mon entrée en école de cinéma j’ai découvert un monde tout à fait différent qui m’a ouvert l’esprit et qui m’a beaucoup plu. J’ai passé mon collège/lycée dans un univers très strict, élitiste et superficiel, autant dire que le changement d’ambiance était drastique. Je suis passée de la fille un peu excentrique du lycée à celle qui découvre un monde plus excentrique. Les cours de mise en scène et d’histoire du cinéma m’enchantaient.

L’école m’a permis de toucher à plusieurs postes et de comprendre le langage et les codes de l’industrie. J’ai eu la chance d’avoir mon scénario choisi en deuxième année par l’école qui le produisait à moitié avec d’autres scénarios. Je n’ai pas osé le réaliser en laissant la main à d’autres camarades.

Ce qui m’a valu d’être un peu dégoûtée des humains et je me suis rétractée en troisième année chez les techniciens, en choisissant l’option image et non réalisation. Aussi parce que je pensais que la mise en scène et le scénario ça ne s’apprend pas à l’école, je ne voulais pas payer une année pour m’apprendre à être réalisateur à 20 ans. Ca me paraissait un peu surfait. J’ai donc agrandi mon bagage technique et mon savoir sur les caméras, le montage et la lumière.

Après ma licence obtenue, j’ai pris une année de réflexion et de découverte de la vie. J’étais dans le grand bain et je ne savais pas trop vers où me diriger. Je participais à quelques projets tout de même dès que l’opportunité se présentait.

Des courts métrages, des projets de copains qui se lançaient dans la mode ou d’autres un peu plus institutionnels qui me plaisaient forcément moins.

C’est durant cette année également que je me suis pris d’amour pour la musique techno et que je découvre pour la deuxième fois un monde encore plus excentrique ! J’ouvre encore un peu plus mon esprit et j’adore ça.





Tu as eu l’occasion de participer au dernier clip de Cassie Raptor dernièrement ainsi qu’à une série de clips pour Axel Picodot. Quelles étaient les idées de base et comment les as- tu mises en place ?


J’ai proposé un projet de clip à Cassie Raptor. « Importing Histories » qui est sorti en janvier et est dispo sur la chaîne Hate. C’était la première fois que j’étais réalisatrice pour un aussi gros projet. Je suis super contente du résultat, on a vraiment bien bossé avec Cassie.

Je suis venue vers elle avec l’idée de tourner avec des serpents. Elle a tout de suite dit oui !

Je me suis occupée de toute l’organisation de A à Z. Sur le tournage on était 3, Scott et Rémi à la technique et moi au reste. C’était sportif. Mais je remercie encore tous mes amis qui m’ont aidé pour la logistique.

Au final je dois dire que tout ce qu’on avait organisé ne s’est pas du tout passé comme prévu !!

Les joies des imprévus de tournage… Je dois dire que je me suis même demandé si on me faisait une blague. Mais ce sont ces imprévus qui ont en fait booster notre créativité, et poussé dans nos retranchements. J’ai dû réagir rapidement et trouver des solutions de mise en scène en direct. C’était assez stressant mais je suis fière de moi on a fait du beau boulot avec l’équipe, tout le monde à été super et je pense que c’est aussi ce qui a porté le projet pendant le tournage !




Depuis ça j’ai maintenant pas mal de demandes de projets qui sont différentes. C’est vraiment plaisant, je bosse sur un projet avec un artiste qui sort un album de cold wave, j’ai bossé avec des artistes un peu plus indus comme Picodot dernièrement ou prochainement Kozlov.


Pour le projet de Picodot; C’est lui qui m’a contactée pour réaliser une série de mini clips pour la sortie de son EP. Il aimait beaucoup les vidéos de Klangkuester et m’a demandé de m’en inspirer. J’ai donc tenté de faire ça avec mon empreinte avec un casting de personnalités techno et danseurs. J’ai ajouté ma touche avec un montage comme j’aime faire.

Pour ce projet j’était seule de A à Z (casting, recherche des lieux, prise de vue, montage).




Carla m’offre l’opportunité d’être une deuxième fois réalisatrice pour son clip. C’est un super beau projet, je suis vraiment contente de renouer avec la danse et de mêler trois passions cette fois-ci ! Danse - Image - Techno.




About the Livestream





Pourriez-vous nous parler de la collaboration ? Qu’est ce qui a fait que ça fonctionne entre vous ?


CARLA:J’ai rencontré Jeanne par le biais d’une amie, elle m’a montré son travail et j’ai carrément accroché ! Je l’ai contacté pendant le deuxième confinement pour lui proposer de réaliser le clip de mon EP. Il s'avère qu’elle a été sensible à mon projet, en effet Jeanne était une danseuse auparavant et s'entraînait de façon régulière. La connexion s’est faite rapidement, on s’est bien compris, on s’écoute, et je n’ai rien à dire sur cela, c’est clairement du bonheur de travailler avec des personnes professionnelles.

Par la suite Alex, fondateur du collectif La Quarantaine m’a proposé de tourner un stream chez Shotgun avec la possibilité de faire du Vjing, alors il a été tout simplement logique de faire appel à Jeanne en lui proposant de travailler dessus, et le résultat est juste incroyable, je ne la remercierais jamais assez, Jeanne est une femme talentueuse avec une belle créativité.


JEANNE: Avec Carla on prépare un projet qui mêle danse contemporaine et techno. Que ce soit pour son stream où c’était ma première production VJ, j’ai essayé de créer tout un univers de danse avec ma touche au montage. Carla m’a aiguillée avec des propositions de vidéos de danse qu’elle aimait. J’ai intégré les vidéos qui m'inspirent dans sa sélection au set. J’ai essayé de créer un univers pour chaque track qu’elle passe et j’ai essayé du mieux que j’ai pu de réaliser les transitions vidéos en même temps que ses transitions sonores.



Quel est le concept du livestream ?


CARLA: Le concept du livestream est de mettre en avant la danse sous un nouvel angle visuel. Ce n’est pas seulement une prestation Djing, mais plutôt de mettre en avant des danseurs, un univers à travers les visuels.

Une immersion totale entre la musique techno, le Vjing et l’art contemporain.





Pourquoi selon vous est-ce important d'apporter une contribution audiovisuelle sur un livestream ?


CARLA: Il est nécessaire de créer un univers autour de la musique que joue l’artiste.

Quand on va à un festival ou une soirée, on aime avoir une belle scénographie, et des lasers qui pètent dans tous les sens. Ce n’est pas juste écouter ce que mixe le Dj, les visuels sont là pour raconter une histoire, faire voyager les gens et les transporter d’un point A à un point B. Le set prend alors tout son sens !




JEANNE: On sait que la représentation visuelle, la mise en scène plus anciennement et le son vont ensemble depuis les débuts de l’Art. Le théâtre, la danse puis le cinéma. Aujourd’hui on peut raconter tellement de choses avec le son et l'image, c'est un terrain de jeu sans limites.

Cela me paraît donc logique que pour un stream on veuille ajouter un univers visuel.

La scène VJ est si jeune et peu représentée et reconnue. Je remarque cela alors que pourtant moi même j’en Vjing je ne fais que débuter.

J’aspire à promouvoir cela sur les devants de la scène.





Est-ce que selon vous, avec la fermeture des clubs et l’incapacité de pouvoir jouer des tracks en club, l'intérêt pour un artiste d’apporter une proposition graphique/visuel supplémentaire se verra accroître?


CARLA: Je pense oui, et c’est une belle chose je trouve, cela permet de mettre en avant le travail de Vjing. Souvent quand on écoute un live ou un set, on le pose dans un coin de la pièce et on ne prête pas vraiment attention.

Avec cette nouvelle opportunité on peut maintenant proposer à notre public une autre façon d’apprécier un set, découvrir l'artiste sous un nouvel angle, plonger davantage dans l’univers de l’artiste…


JEANNE: Un stream qui propose du VJ est d’autant plus riche, car c’est deux artistes qui s’accompagnent dans une proposition immersive.

Et puis plus simplement encore ça me fait plaisir de me dire qu’on peut s’inviter dans le quotidien de tout le monde !

Chez soit en confinement je pense que c’est plaisant d’avoir un univers visuel en plus de la découverte d’un nouveau set.

On fait apéro avec ses amis et on met un set en fond sur la télé avec l’image parce que ça anime tout de suite.



Le projet est 100% Girl Power, ça fait beaucoup de bien! En tant que jeune artiste femme, comment vous sentez-vous dans le climat actuel ?


CARLA :Avec le climat actuel, comme tous les artistes je pense, on ressent une certaine frustration, et de l'incompréhension. Nous privons notre génération à être libre, et on nous laisse peu l’opportunité de nous exprimer. On se fait passer pour des “sauvages” alors qu’on a juste besoin de vivre.

Mais comme tous côtés négatifs, il y a toujours du positif à en tirer, on se renouvelle de plus en plus, de nouvelles choses sont nées, on en a marre d’être rangés dans des cases, on a juste besoin que notre art soit un minimum considéré dans notre pays.

Alors on se bat, on sait qu’il va se passer quelque chose d’incroyable à la fin de tout ça, on doit juste être patient, travailler d’une nouvelle façon, prendre soin de soi et arriver en force quand le moment sera venu.





JEANNE: En tant que jeune artiste femme dans le milieu je me rend compte que soit on tombe sur des personnes super humainement soit c’est l’opposé.

Malgré cela j’essaie de ne pas me laisser faire car mes valeurs et convictions passent au-dessus de n’importe quel projet.

Si je devais donner un conseil, ce serait de toujours être en accord avec soi-même et se respecter, humainement et dans son art. Même si dans le milieu professionnel c’est un autre challenge. Mon expérience me prouve que lorsque qu’on est en accord avec soi-même le reste découle logiquement.

Le milieu de la musique on le sait, comme la mode sont des milieux où on rencontre plein de personnages atypiques. C’est toujours un plaisir pour moi de m'enrichir et de partager au niveau créatif tant que le respect mutuel est présent.

J’en profite pour remercier tous ceux qui m’ont fait confiance dont Carla pour porter le projet !

Que ce soit avec Cassie ou avec Carla, le girl power est en effet présent. Ce n'est pas quelque chose que j’ai recherché mais c’est certainement quelque chose que je soutiens et qui fait entièrement partie de mes convictions.

Plus on fera bosser des filles plus on gagnera confiance en nous et plus on asseoir notre crédibilité qui n’est pas 100% gagnée auprès de tout le monde. Que ce soit dans ce milieu ou ailleurs.

Les mentalités évoluent et changent petit à petit dans le milieu techno et j’espère y ajouter ma petite pierre à l’édifice.



Comment voyez vous les choses évoluer dans le futur à ce niveau ?


On ne sait pas trop encore, tout reste assez flou pour le moment, mais on espère que ça permettra à de nouveaux artistes émergents de se produire et de montrer leur travail au grand jour.

On attend de voir ! Mais on espère cet été au moins retrouver nos open airs, qu’ils soient assis ou debout, dans tous les cas il y aura une belle évolution !




Vous auriez 3-4 tracks à nous faire découvrir ?


Carla's Choice:

Marhu - Controlled




Amotik - Solah




753 - Warborn





David Meiser - Rising Entropy





3-4 artistes ?


Carla:


Emota

Membre fondateur du collectif créatif Breakfast, Emota est un artiste accompli en tant que chanteur, peintre et tatoueur. Il crée sa propre musique en s’inspirant de toutes les émotions qui l’ont touché et le parcourent à chaque moment de sa vie.


ENEMY



CRYSALIDE




SMIB

SMIB est un DJ/producteur bordelais depuis 4 ans, il a pu joué dans différents club de la ville avec des résidences à l'Iboat et au Redgate , son style solaire peut être défini dans une registre house, italo, disco. Il a produit sur des labels comme Zone Focus, Pmix , Groove Co et a récemment release son deuxième EP chez Soviett Records.


EP RISE UP




LORIANE CATELOY ROSE

Danseuse professionnelle et chorégraphe, formée en danse classique et jazz au Conservatoire de Boulogne- Billancourt, elle continue sa formation à Los Angeles pour s’enrichir et développer son style contemporain. Professeur de contemporary jazz sur Paris et sur Neodance Académie, elle travaille sur différents projets vidéo depuis 2018.

Sa danse est basée sur les émotions, la musicalité et la performance.


UNFOUNDED STUDIO





HOLD ME WHILE YOU WAIT




MALAMENTE




Jeanne's Choice


Free Britney - Anetha _ Mama Told ya




J’aime beaucoup la direction artistique que prend Anetha, que ce soit dans ses productions musicales ou la DA visuelle de son label Mama told ya.

J’ai choisi cette track pour le message, track et la DA.

Anetha à également lancé un stream ou tu pouvais clubber en 3D/Digital j’ai sur-kiffé l’idée vraiment chapeau bas. Très forte cette Anetha; très bonnes idées.


Amstra écurie de Dusk Records

.

Trop fort en production, il produit des tracks avec des mélodies hyper nostalgiques et qui vraiment me font ressentir plein d’émotions à chaque écoute. Et je dois dire que c’est le master des break. Amstra c’est le genre d’artiste que tu dois écouter en fermant les yeux et qui te transporte.



Mathilde Fernandez


Sinon une autre artiste dont je suis fan pour ses propositions artistiques aussi c’est Mathilde Fernandez. Une voix à vous couper littéralement le souffle. Et une DA que j’adore hyper avant-gardiste chez Ascendant vierge. Chapeau bas encore.




Autre chose à nous faire découvrir (Films, Documentaires, Livres etc…)?


Nikita:

Nikita est un thriller franco-italien de Luc Besson, sorti en 1990. Il s'agit de la première incursion de Besson dans le film d’action avant le film Léon (1994).


Polina, danser sa vie:

Polina, danser sa vie est un film dramatique français réalisé par Valérie Müller et Angelin Preljocaj. Il s'agit de l'adaptation de la BD Polina de Bastien Vivès.


HERETIK SYSTEM - WE HAD A DREAM:

Documentaire écrit et réalisé par Damien Raclot Dauliac.


Musique NON STOP pop mutations et révolutions techno:

Écrit par Jean Yves Leloup


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