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  • cesarloubard

#DelphineDenereaz : The Message (Marseille)

Mis à jour : juin 11

Delphine est une hybride.


Ce phénomène génétique longtemps incompris représente pourtant aujourd'hui une des clés de notre développement en tant qu'être et en tant qu'humain.

Le succès des cités mythiques à l'origine des sociétés modernes s'est façonné grâce à l'échange des connaissances et de savoir-faire différents qui ensemble ont façonnés la connaissance et donc l'évolution. C'est le croisement et la rencontre entre deux domaines différents qui inspirent le changement rendant possible la progression d'une science, d'une philosophie ou d'un art.


En renouant la fracture entre contemporain et intemporel, entre savoir-faire de l'antiquité et pop-culture mainstream, le travail de Delphine s'inscrit parfaitement dans ce besoin urgent d'incarner l'hybridité dans toutes ses formes. Travaillant avec passion et liberté dans ces choix artistiques, les pièces de Delphine permettent à chacun d'y entrevoir un morceau d'histoire ou de découvrir un témoignage que seul le temps peut gracieusement vous révéler.


Et puis quoi de mieux que la cité phocéenne pour représenter l'hybridité ! Elle qui vit de sa diversité et respire grâce à sa mer(e) et ses échanges entre cultures! Le travail de Delphine est purement fidèle à Marseille, conscient de sa liberté et grandissant grâce à son hybridité.


Delphine Deneraez pour Radio Loubard




Hello Delphine, très heureux de te recevoir sur Radio Loubard, comment s’est passé ton confinement et comment se profile l’été à Massilia ?


Hello Radio Loubard, alors pour le confinement j’ai eu 10 jours très calme, je me suis reposée, je suis pas sortie, j’ai rien fait en gros puis au bout d’un moment il a fallu se prendre en main dans le sens où j’avais des commandes à honorer! J’ai eu la chance que les résidents de Vé soient restés chez eux et ainsi j’ai pu retourner à L’atelier sans prendre de risques.

Pour cet été, pas mal de projets pour septembre à produire, et sinon les potes qui vont venir, la plage et puis on verra ! Ca devrait être cool....


Pourrais-tu nous parler un peu de ton parcours et de ton métier ?


J’ai obtenu mon master en design textile en 2013 à la Cambre à Bruxelles puis après ces 4 ans, j’ai décidé de revenir dans mon sud natal et me concentrer pleinement au tissage. J’avais eu la chance de récupérer un métier à tisser de la part d’une tisserande qui prenait sa retraite donc c’était un signe. Ayant toujours bossé autour des notions de réemploi, de transformation, c’est très naturellement que j’ai décidé de faire du tapis de lirette, technique traditionnelle de recyclage de vieux vêtements et tissus.


Tu te considère donc plutôt comme une artiste ou une artisane ? Les deux?


Un hybride des deux ! J’ai une technique purement artisanale avec une démarche plus artistique on pourrait dire...

Ce que je produis ce sont des pièces uniques qui sont destinées à des expositions, des galeries et non des magasins.


Qu’est-ce que le fait de travailler en groupe au sein de l’Atelier Vé peut t’apporter ?


La richesse des pratiques et des démarches c’est clairement un plus, ça permet d’évoluer, d’avancer professionnellement et artistiquement je trouve.


Qu’est ce qui t’as particulièrement séduit dans le tissage de tapis ?


L’histoire du tapis c’est passionnant, beaucoup de communautés dans le monde en tissent, il y a pleins de techniques et un panel de motifs tellement riche. Pour moi le tapis c’est très symbolique, c’est la maison, un territoire, c’est protecteur, ça raconte une histoire..



En choisissant de ré-utiliser des matériaux, une histoire à plusieurs lectures se crée, est-ce que c’est important pour toi de faire ressentir ce “témoignage du temps” à tes spectateurs ?

Oui j’adore qu’on lise des indices, non pas à première vue mais en se rapprochant et en regardant en détail, de ce qu’était l’objet avant.

On va retrouver ainsi des témoignages de son usage précédent, un bouton, ou une inscription, ça amène de la profondeur aux pièces, ça fait resurgir la mémoire, jaillir la parole, une anecdote..


Ton travail interpelle par cette forme de liaison entre contemporain et intemporel avec le placement de logos issues de la culture populaire sur tes créations, pourquoi ce choix artistique ?


Le tapis et plus généralement souvent dans les textiles, à travers les motifs employés c’est une histoire, un quotidien qui est raconté, je m’inscris naturellement dans cette tradition en racontant à mon tour une vie quotidienne, nourrie à l’image, bercée par les logos ultras présents et les symboles de notre communication 2.0.



On reconnaît aussi aisément des symboles forts de Marseille, est-ce que tu te sens ancrée dans cette culture phocéenne ? Qu’est ce qui va te plaire dedans ?


Marseille esthétiquement c’est très fort, l’architecture, la nature, une vie dans la rue très foisonnante dans certains coins, la mer..

On est beaucoup dehors, on se côtoie, on vit des choses communes, je n’avais pas vraiment connu ça dans les autres villes ou j’ai vécu avant. Alors forcément ça m’inspire, ça me pénètre, et puis l’OM et Jul franchement je sais pas si dans d’autres villes on retrouve des symboles populaires aussi puissants et fédérateurs. Sans aimer spécialement on adhère forcément, ça embarque.



D’ailleurs, c’est comment d’être artiste à Marseille en 2020 ? Et pourquoi tout le monde devrait te rejoindre….


Marseille c’est une ville où tout semble encore possible dans le sens où il y de la place pour tout le monde, c’est pas saturé, c’est un carrefour culturel, très accueillante malgré une image peu attractive il y a encore quelques années.

C’est encore très accessible pour des jeunes artistes un peu précaires, même si c’est la débrouille c’est formateur et il y a des opportunités d’espace à occuper, de lieux à monter, les gens sont curieux et puis surtout il y a la mer ! Rien de mieux que d’aller se baigner à Malmousque après un grosse journée de taf, t’as pas ça partout..



Quel est le futur de la scène artistique marseillaise selon toi ? Comment participer à son développement ?


Dur à dire quand on a la tête dans le guidon j’ai pas encore assez de recul, j’espère juste que les gens qui y viennent y resteront, et ne feront pas qu'y passer pour vraiment l’inscrire comme une ville qui regorge de propositions artistiques, lui amener une vraie crédibilité!


Au delà de Marseille, ton métier est aussi fortement lié à la culture méditerranéenne, penses-tu justement que l’avenir de Marseille sera peut-être aussi tourné vers cette mer?


Oui j’espère, c’est un port c’est ouvert sur la mer, et en face il ya un autre continent avec une richesse culturelle incroyable, c’est une chance car c’est pas si loin et on partage cette mer, c’est un lien fort.





C’est quoi les prochaines étapes de Delphine ?


Des expos à venir à Nantes, Marseille, Grenoble des nouvelles séries de tapis aussi :)


Qui t’as le plus inspiré ?


Les tisserandes berbères qui font des Boucharouites


Qu’est ce qui t’inspires le plus dans la vie ?


Les ados, le paysage, internet, la folie douce des humains


Autre chose à nous faire partager ? Artistes, photographes, musiciens, livres etc.. ?


Il faut suivre les boulots de mes potes pas parce que ce sont mes potes mais car ce sont des gens talentueux

Photographie : Sasha Vernaeve

Dessin : Rémi Calmont

Musique : Lester & Hunhmn

Céramique : Noami Gilon, une découverte récente mais gros coup de coeur


Tu aurais pas 3-4 sons à nous faire découvrir ?


Il faut écouter la dernière sortie de Fada records évidement !



Les mix de Lugal Lanbada


Les douceurs de Antonin Appaix



Tu veux faire une dédicace à la Skyrock en 2009 ?


Un énorme Merci à mon amoureux qui me soutient et surtout me permet de n’avoir que mon travail artistique comme souci !



w/ @pachalajadou


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