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  • Léa Rittersheim

#IbizaPareo : The Message (Buenos Aires)

L'art révèle toujours une faiblesse et c'est en cela qu'il est profondément humain. C'est également en cela qu'il s'exprime pleinement, qui s'émancipe et surtout qu'il libère. Libre à l'un d'y ressentir quelque chose qui diffère de l'autre mais avouez, chers lecteur.rice.s qu'on a peu l'occasion de s'exprimer avec nos faiblesses dans cette société. La finance, l'école et le concept de "réussite" ne glorifie pas vraiment la faiblesse, perçu comme le synonyme et le symbole ultime de l'échec.


Heureusement l'art se fait la terre d'accueil bénite de la faiblesse, la créativité est souvent une suite ou le résultat positif d'échec constructif, en constante évolution et développement.


Une fois de plus, vous vous demandez pourquoi je vous parle de tout ça et de quel droit je me verrais faire une courte éloge de la faiblesse. Une éloge qui se mérite des défauts.


Quoi de plus en phase avec l'art que la sublimation d'un défaut ? Un défaut se travaille, se comprend jusqu'à en faire une exagération des qualités.

Ce stratagème réside même dans la façon d'écrire une chanson. De nos histoires les plus tristes, des injustices les plus profondes naissent les plus beaux vers, les plus beaux combats.


Nous sommes tous des êtres uniques et imparfaits et nous devons faire confiance en nos défauts car en lui se cache beaucoup plus de beauté et surtout d'humanité. La perfection du design suédois, la blancheur d'une statue grecque, l'hypocrisie du corps parfait est bien ennuyant face à la diversité absurde de la vie de tous les jours. Si l'art doit être le témoin de son époque, qu'il soit honnête pour une fois!


C'est pour cela que l'art est une des choses les plus précieuses que nous possédons et son rôle aujourd'hui ne cesse de croître. C'est pour cela qu'on a besoin d'Ibiza Pareo de vous et de votre voisin pour continuer à produire, à montrer nos faiblesses et celle du monde qui nous entoure. Je montre mes faiblesses quand j'écris, le duo argentin montre les siennes quand il crée. L'art montre nos faiblesses et c'est en cela que réside sa force.


En attendant, je suis extrêmement heureux de vous présenter l'univers onirique et engagé d'Ibiza Pareo, d'un art précieux sévissant à Buenos Aires à travers une superbe interview qu'elles nous offrent.


Ibiza Pareo pour Radio Loubard



Salut Ibiza Pareo, merci d’avoir accepté cette interview à très longue distance, est-ce que vous pouvez vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Merci beaucoup de nous recevoir ! On est Ani et Marina, on forme Ibiza Pareo, un groupe de pop électronique de Buenos Aires, Argentine. Le duo a été formé en 2014, on a sorti deux albums, et un troisième est en route. À côté on s’est aussi amusées en faisant un album de remixes de nos chansons avec des collaborations d'artistes.


Ça fait sept ans que le groupe existe, vous êtes de plus en plus connues en Argentine mais pour revenir aux bases, comment s'est formé Ibiza Pareo ?

Marina : A la base, j'avais un projet musical appelé Gilet, et Ani nous a rejoint en tant que batteuse et on a formé un power trio avec une autre fille à la basse. On a joué pendant 3 ans et à un moment donné, Marilina la bassiste a quitté le groupe pour se consacrer à l’audiovisuel. On s’est retrouvées à deux avec Ani en ayant trop envie de continuer à faire de la musique. Un beau soir, on partageait notre son à des ami.e.s on s'est rendu compte qu'on avait finalement une bande à deux haha.





A travers vos posts Instagram, je vois que vous êtes très engagées dans la défense des droits sociaux, quel est votre rôle en tant qu'artistes dans ces luttes ?

Marina : Tous les artistes sont affecté.e.s par leur situation sociale, culturelle et économique. Je vois la musique comme un moyen pour parler de ce que l’on fait, de ce que l’on pense et de ce que l'on ressent. En plus, on a la possibilité d'avoir une portée un peu plus grande que celle qu’on aurait en postant simplement des choses sur nos profils perso.

Ani : Personne ne devrait fermer les yeux sur ça... En tant qu’artiste, je pense que c’est primordial de parler du présent dans lequel nous vivons. Je pense aussi qu'il y a beaucoup de luttes pour lesquelles il faut mettre bien plus que ses mots à contribution. Par exemple, cette année en Argentine la loi sur l'avortement a été adopté, c’était une étape historique et pour laquelle on a passé beaucoup de temps à manifester pour se faire entendre dans les rues.



Justement à travers vos chansons dans votre album "Bailamos Juntas" (Dansons ensemble) on retrouve ces notions de collectif et d’amour, quel message voulez-vous transmettre à travers cet album ?


Ani : Déjà dans le choix du nom de l’album on voulait montrer ce qui nous faisait vibrer, c'est-à nous réunir, célébrer et danser.

Marina : Au niveau plus individuel, ce qu’on apprend aussi à travers nos différentes relations c’est comment vivre l’amour ? Les chansons de l'album nous ont vraiment suivies à travers nos différentes périodes de vie et permettent aujourd’hui de remettre en question la notion de relation.


En tant que duo, quelle est justement votre relation et comment se déroule le processus d'écriture et de production musicale ?


Marina : C'est assez mixte on a pas vraiment de schéma. Parfois j'écris et ensuite on fait la musique ensemble, ou bien Ani apporte un texte et je fais la musique.

Ani : Marina est très douée avec les instruments et moi pas autant, j'ai plus des idées musicales disons et je gère bien toute la partie rythmique. En vrai, on voit la création comme un jeu avec un résultat différent à chaque fois. Si on trouve ça bien, on le garde et on travaille dessus !


Ani : Concernant notre relation, on n’est plus en couple depuis plusieurs années, mais c’est pas pour autant qu’on a voulu séparer le groupe. Évidemment, c'était tout un processus au début, mais on a décidé d'être aussi paisibles que possible, de rester amies et ça a très bien marché

Marina : C'est simplement une transformation de l'amour. On continue à bien s’entendre parce qu’on aime partager, faire de la musique et on voit la vie de la même façon. On se lasse jamais l'une de l'autre en fait haha.




Quels sont vos projets futurs ? Oui carrément, le troisième album qui sort en janvier est en cours de mixage. Il s'agit d'un album de huit chansons intitulé "Aquí, ahora" (Ici, maintenant). Après ça, on a également d'autres projets qui pourraient voir le jour : un album instrumental et un album de reprises de chansons qu’on écoutait pendant notre enfance et notre adolescence. Ça sortira l’année prochaine et d’ici là on va jouer partout où l’on le peut, surtout en Argentine avec l’été qui arrive !




A quand la tournée en France ?


Ça serait génial, on ne demande que ça, pourquoi pas l’été prochain ! On était à Barcelone en 2018. On a joué au Sónar de Barcelone, puis à Madrid, San Sebastián et Ibiza. On a un peu préparé le terrain pour revenir en Europe haha.



Avez-vous 3 ou 4 artistes que vous aimeriez partager avec nous ?

Joyaz


Violeta Castillo

LVPE

Romantik



Y a-t-il autre chose que vous aimeriez partager avec nous (livres, films, documentaires, etc.)

Un film : -La belle verte, Coline Serreau (1996)

Livres

- Las voces en el desierto, Marlo Morgan (1990)

- Las Malas, Camila sosa Villada (2019)

Documentaire:

-Una banda de chicas, Marilia Gimenez (2018)

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