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  • cesarloubard

#KALIKA : The Message (Paris)

Kalika, entre arrogance et élégance, ses paroles sont les reliques de son âme, transperçant les nôtres, imposant sa cause, déposant sa prose comme un élixir d'ammoniaque ou comme une liqueur d'amour démoniaque.

Des mots d'une femme monarque qui inévitablement nous embarque, entre angoisse du temps qui passe et été qui s'échappe, emportant avec lui les amants et les croyances que l'amour arnaque.

Kalika fait du pop-trash et quoi de plus contemporain que d'utiliser cette alliage comme message? Je voudrais tout d'abord, si vous me le permettez, me justifiez de mon affirmation et séparez ces deux mots avant de les réunir en une logique étreinte.


"Pop" est une contraction du mot "populaire" qui vient du latin pŏpŭlus signifiant littéralement peuple et défini selon cette définition : "Qui concerne le peuple, qui appartient au peuple" ou "Qui est conforme aux goûts du peuple."

Par opposition "Trash" peut être assimilé au hardcore, au dégout, à la déviance ou selon le Larousse "Se dit d'une tendance contemporaine à utiliser une forme de mauvais goût agressif, dans le but de provoquer, de choquer"


Ses mots n'ont à première vue rien à faire ensemble, si l'un est conforme aux goûts du peuple et l'autre utilise une forme de mauvais goût, un conseiller conjugal n'hésiterait pas à conclure à un inévitable divorce.

Pourtant tout ce qui concerne le peuple est trash car l'époque est agressive. Les médias sont incisifs, l'isolement devient définitif, les images des pubs nocives défilent dans un feed infini, un feed ultime quand la culture est elle, poussée au suicide.

Les médias sont trash en étant lisses, ce que l'état considère comme trash est absurde : comment vivre dans une époque saine quand un téton est considéré comme trash pendant que des flics tabassant un homme ne l'est pas?


Puisque chaque artiste est le reflet de son époque, soyons modernes et jouons à present avec les règles trash que notre ère impose. Faisons de ces règles les nôtres, acceptons le trash, incarnons-le, défendons-le et surtout popularisons-le.

Faisons la révolution ensemble du trash, soyons en phase avec notre époque et réalisons l'ultime crash-test! Et puis je vous pose cette dernière question cher lecteur.rice.s :

Les révolutions doivent elles être jugées sur leur idéaux ou sur leurs résultats ?


En attendant je vous laisse découvrir une des premières résistantes, fidèle au pop-trash et n'ayant visiblement que faire du crash-test...


KALIKA pour Radio Loubard




Hello Kalika! C’est un vrai plaisir de te recevoir sur Radio Loubard (nous avons découvert que nous partagions des origines démographiques communes!) C’est donc les bras ouverts que je te cyber-accueille aujourd’hui! Comment as-tu vécu cette année?


Ahah oui, vive le sud ! Cette année était trop bizarre, j’ai l’impression qu’il ne s’est rien passé parce que j’étais enfermée chez moi et en même temps c’est l’année de ma signature en label, de mes premiers gros projets, premiers clips, premières réalisations... donc vraiment, c’est une année aussi horrible que géniale pour moi mais j’ai très hâte de la suite.


Pourrais-tu te présenter pour les malheureux qui ne te connaissent pas et parler un petit peu de ton parcours dans la musique ?


Ouiiii, je suis Kalika, je fais de la chanson française pop trash, j’aime que chaque chanson soit une petite histoire qu’on puisse écouter tard le soir. Je chante depuis mes 7 ans, j’ai fait du violon, du piano, des écoles de musiques, des groupes de rock (passage obligé), des scènes en tous genres (rue, petits bars, Olympia, théâtres, clubs…) et j’ai hâte d’être au 14 avril pour mon premier concert en tête d’affiche !



Entre une imitation de Ray Charles à 6 ans et une tentative de reproduire du violon avec ta voix il y a d'abord une histoire de tombola je crois non….?


Ahah en fait après avoir vu le biopic « Ray » à mes 6-7 ans je suis devenue fan de musique et quelques jours plus tard j’ai gagné un karaoke à une tombola avec un lecteur cassette sur lequel je pouvais enregistrer des voix. Ça a commencé comme ça et je ne me suis pas arrêtée depuis !


Comme quoi les tombolas permettent des fois de réaliser des rêves! Tu as eu de la chance, à part gagner un jambon désossé de 5 kg, je n’ai pas eu l’esprit de devenir boucher…

Explique-nous un petit peu comment ça se passe au niveau de tes productions et de tes labels?


Ahahah j’ai la chance d’avoir un label composé de personnes aussi folles que moi, ils me laissent réaliser toutes les idées farfelues que j’ai en tête tout en étant de bons conseils quand je vais trop ou pas assez loin.



En plus d’une attache forte à la musique, tu montres également une attirance pour l’excentrique et pour la mode. Comment pourrais-tu définir à la voix ton style musical et ton style vestimentaire? Ressens-tu une corrélation évidente entre les deux?

Oui j’adore ça, j’ai toujours aimé le too much, ça me fait sourire et ça crée de la discussion. Je dirais que je suis pop punk dans la chanson et dans mon style vestimentaire, c’est carrément lié ahah.



Tu prends également en charge, en plus de la composition, l’écriture et la co-réalisation de tes clips. Quel est ton processus créatif ? Que désire-tu faire ressentir à travers cette direction artistique?


Je ressens le besoin d’être hyper honnête et sincère dans mes clips autant que dans mes chansons. En fait c’est un tout, quand j’écris mes chansons, j’ai des images qui viennent, mélangées à des émotions fortes et je m’en sers ensuite pour le raconter à l’écran.

Après j’affine tout ça, une fois que j’ai noté toutes mes idées, je choisis les meilleures, les plus sensibles, je fais en sorte qu’elles soient dans le meilleur ordre possible et j’écris un petit scénario. Ensuite ce scénario se transforme rapidement en storyboard/animatique. Puis, je fais en sorte de trouver les meilleurs cadrages, mouvements de caméra qui aillent avec les émotions que je veux transmettre.



Tu as eu la chance de pouvoir jouer plusieurs fois sur scène où l’on te sent immédiatement très à l’aise. Qu’essaye-tu de transmettre quand tu es sur scène?


J’essaye juste d’être le plus sincère possible et de faire passer aux gens un moment fort en émotions. Je vis pour monter sur scène, c’est cliché mais c’est vrai, j’adore tout le reste mais c’est sur scène que je me sens vivante, c’est la sensation la plus incroyable que j’ai pu ressentir, un peu comme faire l’amour mais en encore mieux.


Est-ce que tu vois toutes les parties artistiques que tu prends en charge comme une extension artistique de toi-même?


Exactement. C’est moi sans limites.



Que ce soit au niveau musical ou dans sa prolongation artistique, tu sembles être porté par des idées que tu mets ensuite en place. Partager ses idées peut s'avérer complexe et un projet ne se réalise que dans sa vision collective. Est-ce que tu te sens plus guidée par une idée ou portée par un projet?


Je pense que mon projet est ma plus grande idée et qu’il est composé de pleins d’autres petites idées qui sont toutes reliées d’une manière ou d’une autre car elles viennent de moi.

Partager ses idées est toujours complexe quand il s’agit d’être compris par un public qui n’a pas suivi tout ton processus créatif, tes interrogations, ta construction, etc. Mais au final, un projet où tu ne sais pas à quoi t’attendre au prochain titre, je trouve ça plutôt intéressant.


Tes paroles et en particulier celle de “l’été est mort” ont un côté girl power assumée et de facto renvoie à une idée feministe. Est-ce que c’est une volonté de ta part de mettre ces idées en avant?


Toutes mes paroles me viennent assez naturellement car ce sont mes histoires, et j’ai d’abord mis en avant dans « l’été est mort » ma façon de ressentir les choses et mon caractère. Mais en effet, mes chansons me permettent de taper du poing et de dire : « Oh les gars, faut pas me chercher ! ». Et bien sûr que ce côté girl power féministe est assumé et ça me fait trop plaisir de voir pleins de jeunes femmes de mon âge partager la même fougue de guerrière ahah.



Est-ce que tu as ressenti quelque chose en tant que femme en arrivant dans le milieu de la musique qui t’as encouragée à prendre de plus en plus position?


Oui, j’ai toujours écrit des chansons de femme mais quand je suis arrivée dans le milieu de la musique j’ai vite compris qu’on allait pas me laisser l’ouvrir si je montrais pas que j’étais surpuissante. Ça m’a forcé à me renforcer et petit à petit je suis devenue de plus en plus féministe.


Tu as été porteuse d’un superbe projet et d’une tendre idée pendant le second confinement: “Ta Life en Live”. Quel en était le concept et quels retours as-tu pu avoir par rapport à cet échange avec ton public?


Le concept de « TA LIFE EN LIVE » c’était que les gens me racontent leurs histoires personnelles et que j’en fasse des chansons. Je tirais une histoire au sort tous les deux jours puis je la dévoilais en live sur Instagram. Ce fut pour moi une expérience très intense, j’ai eu énormément de témoignages et j’ai été touchée de voir que mon public se sentait assez proche de moi pour me livrer des histoires ultra intimes. Il y a eu notamment l’histoire d’un garçon et de son père violent qui m’a beaucoup touchée et qui est devenue la chanson « Dinosaures ».

Bref, je pense que grâce à ces lives j’ai pu tisser des liens forts avec pas mal de personnes et je ne l’oublierai jamais.



Peux-tu nous parler de ton dernier clip et mash-up?


J’ai enregistré ce mash up il y a plus d’un an et fait la prod' avec Balthazar Picard avec qui je vis en coloc, donc c’est vraiment un truc fait maison quoi. Entre temps j’ai réfléchi au clip, j’ai écrit le scénario que j’ai ensuite retravaillé avec Valentin Pitarch avec qui j’ai co-réalisé ce clip mini budget. Je suis fière de ce qu’on a réussi à faire en une aprem et avec peu de moyens. Ça m’a rappelé que rien n’était impossible et que lorsqu’on a une idée en tête on peut toujours trouver un moyen de la réaliser.




C’est quoi les actualités à venir ? A part bien sûr, une visite avec Balthazar à Marseille…?


Ah mais oui quand tu veux !! Alors, je vais sortir un prochain single dans les mois à venir, il s’appellera « Avec les gars » et sera accompagné d’une live session. Sinon je vais certainement annoncer prochainement une date de sortie de mon 1er EP qui s’appellera « Chaudasse » comme l’un des morceaux faisant partie de cet EP, J’AI TROP HÂTE


Aurais-tu des artistes à nous faire découvrir ?


Peut être que vous les connaissez déjà mais LCD Soundsystem (je suis archi fan c’est aussi punk que mélancolique), Die Antwoord (meilleur duo du monde), sinon en France j’écoute beaucoup Michel, c’est le best.


3-4 tracks à nous faire partager ?


Un son que j’aime trop c’est Come to me de DMX Krew


"Rosebud" Oklou



"TEA" de Cobrah


Autres choses à nous faire découvrir ? (Livres, Films, Documentaires etc…?)


Alors je vous conseille comme livre "poteaux d’angle" d’Henri Michaux pour voyager dans pas mal de recoins de vos têtes. Le dernier film que j’ai vu avant que les cinémas ferment pour de bons c’était « Drunk » et j’ai adoré, je suis amoureuse de Mads Mikkelsen. Pour finir, je vous conseille vivement le documentaire "Petite Fille" qui raconte l’histoire de Sacha, une petite fille née dans un corps de garçon.


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