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#LaMaskarade : The Message (London/Paris)

L'art révèle toujours une faiblesse et c'est en cela qu'il est profondément humain. C'est également en cela qu'il s'exprime pleinement, qui s'émancipe et surtout qu'il libère. Libre à l'un d'y ressentir quelque chose qui diffère de l'autre mais avouez, chers lecteur.rice.s qu'on a peu l'occasion de s'exprimer avec nos faiblesses dans cette société. La finance, l'école et le concept de "réussite" ne glorifie pas vraiment la faiblesse, perçu comme le synonyme et le symbole ultime de l'échec.

Heureusement l'art se fait la terre d'accueil bénite de la faiblesse, la créativité est souvent une suite ou le résultat positif d'échec constructif, en constante évolution et développement.


Une fois de plus, vous vous demandez pourquoi je vous parle de tout ça et de quel droit je me verrais faire une courte éloge de la faiblesse. Vous n'êtes pas en tort et une fois de plus je me dédouble et me dédouane de toutes responsabilités en utilisant les intentions de mon invité du jour, Max qui me prête donc ces mots : "J'ai toujours préféré faire de mes défauts des forces"


Quoi de plus en phase avec l'art que la sublimation d'un défaut ? Un défaut se travaille, se comprend jusqu'à en faire une exagération des qualités. Ce stratagème réside même dans sa façon de travailler : L'up-cycling fonctionne de cette façon, en utilisant des défauts de fabrication naît une pièce unique, résultat d'une amélioration de ce que l'on a jugé bon de définir comme un défaut, un problème, une erreur.


Nous sommes tous des êtres uniques et imparfaits et nous devons faire confiance en nos défauts car en lui se cache beaucoup plus de beauté et surtout d'humanité. La perfection du design suédois, la blancheur d'une statue grecque, l'hypocrisie du corps parfait est bien ennuyant face à la diversité absurde de la vie de tous les jours. Si l'art doit être le témoin de son époque, qu'il soit honnête pour une fois!

C'est pour cela que l'art est une des choses les plus précieuses que nous possédons et son rôle aujourd'hui ne cesse de croître. C'est pour cela qu'on a besoin de la Maskarade, de vous et de votre voisin pour continuer à produire, à montrer nos faiblesses et celle du monde qui nous entoure. Je montre mes faiblesses quand j'écris, Max montre les siennes quand il crée, et même Offset finalement! L'art montre nos faiblesses et c'est en cela que réside sa force.


En attendant, je suis extrêmement heureux de vous présenter le travail brillant de La Maskarade, sévissant à Londres et présent dans. le monde entier à travers une superbe interview qu'il nous offre


La Maskarade pour Radio Loubard




Hi La Maskarade ! How is it going for you in London? We've recently saw a young promising rapper named Offset wearing one of your creation no?


Wassup Radio Loubard, thank you for taking the time to speak with us. I am very good thank you! We are a team of two. Max the creative director, speaking to you now and Elliot the brand manager who is based in Paris.


Yes, Offset recently wore one of our jacket from our latest collection at Drake’s after party. It is all thanks to the stylist Zoe Costello. She works in the US. She is super good at blending small designer and established brands which i personally find super cool. It is always crazy to see artists like offset wearing your clothes.



Hello La Maskarade! Comment ca ce passe pour vous à Londres ? On a récemment vu un petit jeune rappeur du nom de Offset porter une de vos créations non…?


Hello Radio Loubard, merci de prendre le temps de nous rencontrer. Ça se passe très bien, merci beaucoup. On est deux dans l’équipe. Je suis Max le Creative Director, basé à Londres, et Elliot le Brand Manager qui lui est à Paris.


Oui, Offset a porté récemment à l’after party de Drake une veste issue de notre dernière collection, « The Bright Side ». C’est grâce à la styliste Zoé Costello qui travaille aux US et aime mélanger des grosses marques avec des jeunes designers comme nous. Ce que je trouve super cool.

C’est toujours un peu fou de voir des mecs comme Offset porter une de tes pièces.




Could you introduce La Maskarade to those who don't know you yet ?


La Maskarade is an emerging unisex clothing brand created in 2019. We usually release two big collections each year followed by small and spontaneous drops. I also make exclusive unique items that are handmade following my inspirations. Sometimes for special orders or collaborative projects.


Our production and activities are based in London and I handle all of the creative side.


Pourriez-vous présenter La Maskarade a ceux qui ne vous connaissent pas ?


La Maskarade est une marque de vêtements unisexe créée en 2019. On sort deux grosses collections par an, puis de petites capsules ponctuelles. Je produis aussi des pièces uniques exclusives que je réalise moi-même à la main selon mes envies, pour des projets ou des demandes spéciales.


Notre production est majoritairement basée à Londres et je m’occupe moi-même de la partie création et impression.


How did you start with the brand ?


The brand started in a very informal way when I was a student. I would draw and do graffiti back then. When I moved to London, slowly, I started customizing items, making unique pieces, and learning how to screen print. The project grew as the year passed and when I was done with studying more or less two years ago, I decided to try fully.


Comment vous êtes-vous lancé dans la marque ?


La marque a commencé de manière informelle quand j’étais étudiant. Je dessinais et je graffais un peu. Quand je suis arrivé à Londres je me suis mis petit à petit à faire des pièces uniques customisées et de la sérigraphie. Le projet a continué à prendre de l’ampleur durant mes études et quand j’ai fini il y a presque deux ans je m’y suis mis à fond.




What is the concept, the main themes and the particularities of your collections?


So, we don’t really want to be fixed on one linear concept.


To begin with, one of the thing that differentiate us is that I never studied fashion. I was obsessed by visual art, whether it would be logos graphic design or illustrations. I was seeing a lot of talented designer around me who would inspire me and I wanted to give it a try.


In two years the brand grew a lot. The transition from being a brand focused on doing unique items to a brand releasing full collections is a lot of work. We had to learn about the industry from the inside. Wether it’s about business or design. Now we make all our clothing and the textile design ourselves and everything is put together in London.


About the themes, the idea always was to constantly reinvent the aesthetic. Obviously, there are guiding influences. Among these; punk, rap and club culture. That’s also one of our particularity, we have a foot in each world.


I am not sure the brand work in themes. The fact that we are independent allows us to release products whenever we want and whenever we have something to show. I have to admit it is a really nice feeling not to have constraint about when to drop things. For us it’s a way to think the production and design more freely and not to be constrained by traditional seasonal structures in fashion.


Quel est le concept, les particularités et les thèmes des collections ?


On ne veut pas être figé sur un concept fixe.


Pour commencer une des choses qui nous différencie c’est que je n’ai pas fait d’école de mode. J’étais passionné d’images au sens large, que ce soient des logos ou des illustrations. Je voyais pleins de marque autour de moi faire des trucs incroyables et j’ai eu envie d’essayer.


En deux ans on a énormément évolué, la transition entre être une marque qui fait seulement des pièces uniques à une marque qui sort deux grosses collections par an demande beaucoup de travail.

Il a fallu découvrir l’industrie de l’intérieur. Que ce soit sur le design ou sur le commerce. Maintenant on réalise nos pièces et nos tissus de A à Z, et tout est cousu à la main à Londres.


Pour ce qui est des thèmes, l’idée c’est vraiment d’essayer de se réinventer à chaque fois mais toujours avec les mêmes influences punks, rap et pas mal d’influence club culture. Ça aussi c’est une des particularités de La Maskarade on a un peu un pied dans chaque monde.


Je ne pense pas que la marque fonctionne en termes de thème. Notre indépendance nous permet de sortir des drops au gré de nos envies et de nos inspirations du moment. C’est assez agréable d’être indépendant sur la gestion des releases. Ce fonctionnement nous permet de pouvoir penser les choses de manière plus libre et de sortir des structures habituelles d’un point de vue commercial et créatif.



What are your major inspirations?


My inspiration are so random and diverse to be honest. They are in constant change. There is obviously a punk influence. Even if today the word is confusing but we’ll talk about that later. Vivienne Westwood’s prints or Jean Paul Gaultier for example were very influential to me. In the same vein, the aesthetic of anarchist and punk flyers, for their grain and for their provocative side.


I have also been largely influenced by American streetwear even if I feel like now it’s a bad thing to admit it in the fashion industry. A few years ago, I was into Kanye West, Supreme, Palace and so on and it would be stupid to deny it.


For the latest collection the main thing was the flashing light images. Which are still present today. I wanted to do more abstract visuals using the airbrush. The objective was to change the tone and the message. Now, it is one of my all-time favorite things. It reminds me of clubs lights, lights you see at night when things get blurry. It also has a sort of spatial dimension, sunset on another planet kind of


Today, it is very digital I have to admit. I really like flashy colors and images that look out of screen.



Quelles sont vos inspirations majeures ?


Mes inspirations sont très diverses et évoluent sans cesse. Il y a évidemment une influence punk même si le mot porte à confusion, j’y reviendrai plus tard. Les prints de Vivienne Westwood ou de Jean Paul Gaultier des années 80 sont des choses qui m’ont vraiment marqué. Dans le même univers, les images de flyers punk ou anarchiste pour le grain de l’image et pour le coté provoque.


Je suis aussi pas mal influencé par le streetwear américain même si maintenant j’ai l’impression que c’est tabou de se l’avouer dans la mode. Plus jeune, j’ai été fan de de Kanye West, Suprême, Stussy et Palace et je pense que quelque part ces marques m’ont beaucoup influencé.


Pour ma dernière collection, je suis parti d’une image appelée Flashing Light. J’avais envie de faire des visuels abstraits en utilisant l’aérographe. Le but était de changer un peu de ton et de faire des prints abstraits. Aujourd’hui c’est un des visuels que je préfère. Ça rappelle les lumières d’un club ou celle de la nuit quand on voit flou. Ça a également un côté un peu spatial, couché de soleil sur une planète inconnue.


Aujourd’hui mes influences sont très digitales. J’aime bien les couleurs très chaudes et les visuels qui ressemble à quelque chose de numérique.





Through your collaborations, your entourage and your personal tastes, there is always this double positioning between the world of rap / trap and the world of electronic music. How do you see this particularity?



Fashion and music are two worlds that have always talked to each other. Visually, with the club culture register and the "punk" aesthetic that is present in our collections. But also in an abstract way with the escapism it provides.


On our video campaign for our latest collection, "The Bright Side", which we released on April 13th, we were lucky enough to collaborate with two artists from completely different worlds: Labat and Rad Cartier. It was important to mix rap and electro because these are two worlds in which La Maskarade evolves. Labat made a track for the video called "all girls are 808" and Rad came to make an exclusive track from his next album which should be released during the summer.


Apart from the fact that a RADxMSKRD collab will be released in the near future, his music fits perfectly with the feeling of escape I'm trying to talk about. It's a bit more soaring rap that goes back to the "trip". The idea was to show that you can have two registers in the same universe. It was a perfect fit.


Music provides an escape from reality in the same way that clothes do. When you get up in the morning, what you decide to wear says something about your mood, the music you listen to does the same. As a designer there is nothing I like better than collaborating with artists I admire. It's that emotion that's important, what the person will feel when they get dressed for the day (or night). If our clothes can allow people to escape, then we've succeeded.


One of the challenges of the collection was to speak to people with different tastes and worlds. Both rap and rave culture share a distrust of the mainstream, an ideology of opposition. The aesthetic they have, wear or listen to is their way of defining themselves against a norm they reject. Wanting to escape, by what you listen to, by the way you dress, that was the theme. That's what inspired the creation of the clothes, the choice of artists we collaborated with and the whole visual part of the brand.




De par vos collaborations, votre entourage et vos goûts personnels, il y a toujours ce double positionnement entre le monde du rap/trap et le monde de la musique électronique. Comment voyez-vous cette particularité?


La mode et la musique sont deux mondes qui se sont toujours parlé. Visuellement avec le registre de la club culture et l’esthétique « punk » qui est présente dans nos collections. Mais aussi de manière abstraite avec l’évasion qu’elle procure.


Sur notre vidéo campagne de notre dernière collection « The Bright Side » qu’on a sorti le 13 avril dernier, on a eu la chance de collaborer avec deux artistes d’univers complètement différents : Labat et Rad Cartier. C’était important de mixer rap et électro parce que ce sont deux univers dans lesquels La Maskarade évolue. Labat nous a fait une track pour la video qui s’appelle « all girls are 808 » et Rad est venu nous faire une exclu de son prochain album qui devrait sortir pendant l’été.


En dehors du fait qu’une collab RADxMSKRD sortira dans un futur proche, sa musique colle parfaitement au sentiment d’évasion dont j’essaie de parler. C’est un rap un peu plus planant qui revient au « trip ». L’idée c’était de montrer qu’on peut avoir deux registres dans un même univers. Ça a parfaitement collé.


La musique procure une évasion contre la réalité de la même manière que les vêtements. Quand on se lève le matin, ce qu’on décide de porter veut dire quelque chose sur notre humeur, la musique qu’on écoute c’est pareil. En tant que créateur il n’y a rien que je préfère que collaborer avec des artistes que j’admire. C’est cette émotion-là qui est importante, ce que va ressentir la personne en s’habillant quand la journée (ou la nuit) commence. Si nos vêtements peuvent permettre aux gens de s’échapper, alors c’est réussi.


Un des challenge de la collection étaient de parler à des gens aux goûts et aux univers différents. Le rap comme la culture rave ont en commun une méfiance pour ce qui est « mainstream », une idéologie d’opposition. L’esthétique qu’ils ont, qu’ils portent ou qu’ils écoutent est leur manière de se définir contre une norme qu’ils rejettent. Vouloir s’échapper, par ce que tu écoutes, par la manière dont tu t’habilles, c’était le thème. C’est ce qui a inspiré la création des vêtements, le choix des artistes avec lesquels on a collaborés et toute la partie visuelle de la marque.


At a time when classical codes are gradually breaking down into different musical styles, is clear positioning really necessary?


I don't know if it's necessary. From a business or storytelling point of view it's true that most successful brands are often part of a specific community, at least at the beginning (skater, rocker, raver, rap etc).

I think that belonging to several universes is a strength. The artists who move me the most (all industries combined) are those who manage to reinvent themselves, who have a plural portfolio.


I said earlier that we don't really have a predefined guideline, it's kind of the same thing. I would like us to be as diverse as possible in our creations, with the people we collaborate with etc.


Est ce qu’à l’heure où les codes classiques se brisent petit à petit dans différents style musicaux, un positionnement clair est-il vraiment nécessaire?


Je ne sais pas s’il est nécessaire. D’un point de vue business ou storytelling c’est vrai que la plupart des marques qui marchent font souvent partie d’une communauté précise, en tout cas au début (skater, rocker, raver, rap etc)..

Je pense plutôt que notre appartenance à plusieurs univers est une force. Les artistes qui me touchent le plus (toutes industries confondues) sont ceux qui arrivent à se réinventer, qui ont un portfolio pluriel.


Je disais plus tôt qu’on n’avait pas vraiment de ligne directrice prédéfinis, c’est un peu la même chose. J’aimerais bien qu’on arrive à être le plus divers possible sur nos créations, aves les gens avec qui on collabore etc.


Speaking of code, most of your designs are gender-neutral and not specifically designed to be worn by any particular genre. Does it come from a particular will or a purely creative will?


When I started designing clothes I didn't know much about fashion. So I started by making pieces that I wanted to wear myself.


Even though our pieces are gender-neutral, they are still mostly designed for men. What's interesting is that when you look at the unisex brands, they are more often men's clothes adapted to women's sizes than the other way around.


More generally, one of the things I'm most interested in is making men's clothes that are a bit more feminine than the norm. I really like the idea of blurring the lines, of playing with the border between sexuality and fashion, and our future products are going in that direction.


En parlant de code, la plupart de tes créations sont non-genrées et ne sont pas spécialement conçues pour être portées par un genre particulier. Cela vient-il d’une volonté particulière ou d’une volonté purement créative ?



Quand j’ai commencé à créer des vêtements j’ai commencé par faire des pièces que je voulais porter moi.


Donc si nos pièces sont non genré.e.s elle sont quand même majoritairement conçus pour des hommes. Ce qui est frappant c’est que quand tu regardes les marques unisexes ce sont plus souvent des vêtements pour homme adaptés aux tailles féminines que l’inverse.


Plus globalement une des choses qui m’intéressent le plus c’est de faire des vêtements pour homme qui soit un peu plus féminine que la norme. J’aime beaucoup l’idée de brouiller les pistes, de jouer avec cette frontière entre sexualité et mode et nos futurs produits vont dans ce sens.





You act like a fashion ugly duckling knowing you've never studied in the industry. How do you see this self-taught act? Like a strength or a weakness?


I often think about this. The truth is that I would have loved to have done creative studies.


When I see people around me coming out of school with the ability to use multiple mediums, to draw perfectly or to sew perfectly, I would have loved it.

Studying at a fashion or art school is also about networking which is sometime one of the most important things. However, there is a part of me that is glad I didn't do it. Having taught myself leaves a mark on the design process, that's undeniable.


You act like a fashion ugly duckling knowing you've never studied in the industry. How do you see this self-taught act? Like a strength or a weakness?


Je pense souvent à cette question. La vérité est que j’aurais adoré faire des études créatives.


Quand je vois les gens autour de moi qui sortent d’école avec la capacité qu’ils ont à savoir utiliser plusieurs médiums, savoir dessiner parfaitement ou coudre parfaitement, j’aurais adoré ça.

Étudier en école de mode ou d’art sert aussi à former un réseau ce qui est parfois une des choses les plus importantes. Cependant, y’a une partie de moi qui est content de ne pas l’avoir fait. Avoir appris soi-même laisse une patte dans la création c’est indéniable.



You said to me in very beautiful ways that you liked to show flaws to make them strength. What could you have learned from this way of working? Do you think this is reflected in your creations ?


Flaw must be avoided at all costs. There is a fine line. Sloppy or poorly done work is the worst. On the other hand, as I said above, one of my obstacles was not knowing some specific fashion methods when I started. In a way it's a flaw. What I meant, and this is probably a bit of a cliché, is that just because you don't know how to do it doesn't mean you shouldn't try. You have to take the plunge, make mistakes but do it honestly. And I think that comes across in my work.


Tu me disais de façons très belle d’ailleurs que tu aimais montrer des défauts pour en faire des forces. Qu’est ce qu’as pu t’apprendre cette façon de travailler ? Penses-tu que cela se ressent dans tes créations?


Un défaut c’est un défaut et il faut à tout prix les éviter. La frontière est fine. Le travail bâclé ou mal fait c’est ce qu’il y a de pire. En revanche, comme je disais plus haut, un de mes obstacles c’était de ne pas connaître certaines méthodes spécifiques à la mode quand j’ai commencé. D’une certaine manière c’est un défaut. Ce que je voulais dire et c’est sûrement un peu cliché, c’est que ce n’est pas parce qu’on ne sait pas comment faire qu’il ne faut pas essayer. Il faut se lancer, se tromper mais le faire de manière honnête. Et je pense ça se ressent dans mes créations.


You have a creation policy based on zero waste and on made to order. Can you explain concretely how it works and why is it important for you to produce in this way?


In fact, not all our pieces are made-to-order but we have a zero waste objective.


Most of our more classic pieces (t-shirts, hoodies...) are made in advance but in limited quantities so the risk of waste is close to zero. The more elaborate pieces are made-to-order in the London workshop.


Mass production is really what is killing the planet and killing the industry. When you want to work with shops often the buyers ask you to see pieces that are supposed to come out in 6 months. It takes a lot of money and energy and I find it creatively limiting but that's a personal opinion.


The barriers to market entry are gradually opening up, especially with alternatives for young brands such as made-to-order. It is an approach that is both responsible and allows young brands to enter the market with a small first investment.


You have a creation policy based on zero waste and on made to order. Can you explain concretely how it works and why is it important for you to produce in this way?


En fait toutes nos pièces ne sont pas made-to-order mais en effet on est sur un objectif de zéro gaspillage.


La plupart de nos pièces dites plus classiques (t-shirt, hoodies..) sont faites à l’avance mais en quantité limité donc les risques de gaspillage sont quasiment nuls. Les pièces de designer plus complexes en termes de création sont made-to-order dans l’atelier à Londres.


La production de masse c’est vraiment ce qui est en train de tuer la planète mais aussi l’industrie. Quand tu veux travailler avec des magasins souvent les buyers te demande de voir des pièces qui sont censé sortir dans 6 mois. Ça demande beaucoup d’argent et d’énergie et je trouve ça contraignant d’un point de vue créatif mais c’est une opinion personnelle.


Les barrières d’entrées au marché s’ouvrent progressivement notamment avec des alternatives pour les jeunes marques comme le made-to-order. C’est une approche à la fois responsable et qui permet à de jeunes marques d’intégrer le marché avec un petit investissement de base.


How do you use photography in La Maskarade?


Images in a broader sense are central to my creative process. I always start from an existing image to create a visual. Sometimes I have a concept in mind, and I go digging in the depths of the internet. I try to find as many new and old books as possible. I have a super fusional relationship with photography, design, and illustration.


Photography is also a very important part of our work, for our campaigns and all our content. That's more my partner Elliot who runs this creative direction.


Comment utilises tu la photographie dans La Maskarade ?


Les images au sens plus large occupent une place centrale dans mon processus de création. Je pars toujours d’image existante pour créer un visuel. Parfois j’ai un concept en tête et je vais digger dans les profondeurs d’internet. J’essaie de trouver le plus de livres nouveaux ou anciens. J’ai un rapport super fusionnel à la photographie, au design et à l’illustration.


La photographie est aussi une part très importante de notre travail, pour nos campagnes et l’ensemble de nos contenus. C'est plus mon associé Elliot qui s’en occupe qui est à la tête de la creative direction.


We have recently seen the appearance of more and more messages on t-shirts for example! How do you see the use of text on your designs?


I’ve always wanted to use as much text as possible, but I had a lot of trouble at first. I have a passion for punchlines, slogans, simple phrases that appeal to everyone.


We recently released a series of tees that I found very amusing and it connects to what we are talking about:


“I am the Fucking Queen”, that's the provocative, self-confident side


“You have no future”, this one is more about when your demons take hold of you, the relationship to the family and the future. What's going to happen to you etc.


“I just want to be high”, this one I just find funny and it’s a little joke about the fact that you're not really allowed to travel anymore.


Over the years, there are many brands or even musicians who have managed to turn a phrase into an imprint, something that sticks. The simplicity of the right word, sometimes it can be magical.


On a vu récemment l’apparition de plus en plus de messages sur des tees shirts par exemple! Comment vois tu l’utilisation de texte sur tes creations?


Dernièrement on a sorti une série de tee qui m’a beaucoup amusé et ça rejoins un peu ce dont on est train de parler :


I am the Fucking Queen, ça c’est le côté provoque, sûr de soi


You have no future, celui-là c’est plutôt quand tes démons s’emparent de toi, la relation à la famille et au futur. Qu’est-ce que tu vas devenir etc


I just want to be high, celui-là c’est juste un petit kiffe personnel avec un clin d’œil au fait qu’on a plus vraiment le droit de voyager.


Au fil des années y a énormément de marque ou même de musicien qui ont réussi à faire d’une phrase une empreinte, quelque chose qui reste. La simplicité du bon mot, parfois ça peut être magique.





Do you have artists, books, films for us to discover?

Aurais-tu des artistes, livres, films à nous faire découvrir ?


Docu:


David Hockney a bigger picture


Margiela in its own words


Bill Cunningham New York


Books


Sofia aouine: Rhapsodies des oubliés


Il y’a des hommes qui se perdront toujours: Rebecca Lighieri


Edouard Louis: qui a tué mon père


Music:


Lacchesi & Mac Declos - Give It To Me (Nelly X-Rated Edit)





Ruki et JMK: Thriller




Rad Cartier: Adelphe (morceau exclusif pour la campagne MSKRD)





Zamdane: Athena




Paul McCartney: monk berry moondelight




Slowthai doorman




Westside gunn le djoliba






Art:


Lev Kehsin


Parker S Jackson


Christian Rex van Minnen


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