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  • cesarloubard

#MarieCasays : The Message (Paris)

Des adultères noctambules, jusqu'au Walk of Shame de Cersei Lannister, en passant par celui de Jeanne D'Arc jusqu'à la crucifixion de notre très cher Jesus Christ, il est clair que la nudité pose problème dans notre société. Unique fantasme intemporel, le corps nu s'érige seul à la place symbolique du mystère d'une conquête absolue, avouée ou désavouée, souvent malmenée et toujours désabusée.

En quoi le corps dans sa forme la plus simple possible peut il poser autant de questions complexes ? Pourquoi ce sujet divisent-il autant alors que c'est bien le seule chose que l'humanité entière possèdent en commun ?


Dans notre société judéo-chrétienne, notre prétendue histoire se base sur un péché, le bien nommé péché originel. A la génése, Adam et Eve, à l'époque bien plus "trendy" que Kanye West et Kim Kardashian, vivaient nus dans le bonheur que l'abondance miroite, pourtant rongé par l'ennui que l'abondance induit. Lassés de ce bonheur dénudé, Adam, "premier père de l'humanité" croque la pomme, commettant le péché originel et inaugurant du premier coup la première faute commise. Malédiction on ne peut plus honnête, les garçons en deviennent tous pourvus dès qu'ils deviennent des hommes, nous rappelant dès que l'on prend la parole, la faute de notre premier père. Peut être faudrait-il l'a laisser de temps en temps aux autres âmes n'ayant pas cette malediction à jamais gravée dans leurs gorges ?


N'arrangeant pas les affaires de notre bien-aimée invitée du jour Marie Casays, il fallait évidemment que la premiere faute soit réalisée nu ! Devenu pour toujours maudit lorsqu'on est nu, Adam et Eve nous ont pour toujours sceller le destin d'une humanité de race pécheresse. Coupable et Nu.


Retournons à d'autres origines, que deux artistes séparé.e.s par quelques siècles ont déclaré. Le premier artiste, Gustave Courbet peint et choque avec son interprétation de l'Origine du Monde, un sexe féminin en premier plan que voici :


Quelques siècles plus tard et tel un clash entre rappeurs, Orlan répond et envoie une réponse missive à Gustave avec sa propre interprétation via l'Origine de la Guerre :



De ce combat résolument mené au "corps à corps" s'élèvent bien des questions, des tangentes à explorer, des visions à renouveler et des interprétations à corriger.

Pas si éloignée de ces deux artistes, Marie Casays au 21ème siècle apporte elle aussi sa pierre à un edifice en construction ou en dé-construction, à votre guise...


Vous laissant méditer. sur ces deux tableaux, je vous laisse ensuite glisser, mes cher.e.s. frères et soeurs sur les lignes de celle qui défend, sublime et célèbre tout les corps, dans la beauté la plus pure que la bienveillance, la tolérance et l'acceptation promet.


Marie Casays pour Radio Loubard





Hellooooo Marie, comment ça va ? Commençons par la question dont nos lecteur.rice.s du jour dont brûlent d’attentes d’obtenir la réponse : Quel était le parfum de ton thé du jour ?


Yooo ça va ! Haha il s’agissait d’un thé vert “Gin Fizz” composé de thé vert sencha, gingembre, réglisse, citron, citronnelle et menthe verte… à la fois poivré et acidulé, mood parfait pour cette demi-saison où clairement l’hiver arrive.


Simple formalité journalistique mais néanmoins précieuse à une rencontre écrite mais pourrais-tu te présenter ?


Yes ! Je m’appelle Marie Casaÿs, je suis illustratrice à mon compte, basée à Paris depuis l’été 2015 et je suis originaire de Rouen.



Tu es donc passée par plusieurs studios avant de te lancer en freelance par la suite. Quel a été l'élément déclencheur de cette décision ?


Alors non je n’ai jamais travaillé dans des studios de créations, j’ai direct commencé le freelance (mais en tant que graphiste) après mes études. Le monde des studios de créas ne me tentait pas du tout, je sentais que ce n’était pas pour moi. Par contre j’ai travaillé en freelance dans des espaces de co-working où je louais un bureau, notamment aux Ateliers Draft, mes trois premières années à Paris.


Ces premières années m’ont servi à me chercher, expérimenter, développer mon réseau et trouver mon style graphique également. Quand j’ai commencé à travailler mes projets sur le corps - enfin, surtout oser travailler sur ce thème, notamment l’érotisme et la sensualité - j’ai ressenti comme une énorme satisfaction où enfin j’étudiais graphiquement ce qui m’intéressait vraiment. Et en plus ça plaisait à ma petite communauté. À partir de là j’ai senti que c’était le moment de stopper les espaces de co-working et d’avoir mon bureau solo (bon chez moi en fait) notamment pour avoir l’intimité dont j’avais besoin pour développer cette activité.


Ton âme a rapidement vogué vers le désir d’illustrer l'érotisme ! N’étant pas la première (mais la plus talentueuse bien sûr) l’histoire de la représentation des corps nus date des premières œuvres humaines et a pu évoluer en fonction de la société et des représentations souhaitées ou acceptées de celui-ci. Comment se dessine cette histoire selon toi et comment te situes-tu par rapport à elle à présent ?


Chaque époque a ses propres canons de beauté, qui vont aussi varier en fonction du pays et/ou de la région où on grandit et du statut social également. Aujourd’hui je trouve qu’on entre dans une grande phase de remise en question des canons de beauté de la société occidentale/d’internet où on va prôner le “body positive” et essayer de briser ces canons de beauté sexiste, contraignant, polluant, culpabilisant, qui empêche aussi clairement aux personnes de tous les genres d’accepter son corps tel qu’il est et aussi de respecter le corps des autres tels qu’ils sont. Après j’ai vraiment le nez dans toute une communauté d'artistes qui travaillent aussi là-dessus, et un public bienveillant qui se bat pour que ça évolue dans ce sens. Je ne sais pas totalement encore l'impact que cette évolution a à grande échelle (villes, pays, générations etc.) Cependant, rien que savoir qu’on est pas seul.e c’est déjà énormément encourageant. Et plus nos travaux sont partagés, plus les entreprise qui détiennent le pouvoir vont avoir “peur” de nous et commencer à nous écouter pour travailler avec nous et éviter de se faire éjecter par la population.




Malgré tout, comme l’impact de la Renaissance sur l’art, la question du corps et de sa représentation dans notre génération, se voit mouvoir, et les corps petit à petit se métamorphosent. As-tu l’impression de voir aujourd’hui une “Renaissance” des standards du corps et de ses représentations ?


Déconstruire des codes de canons de beauté, c’est finalement en construire de nouveaux. On est donc dans une sorte de Renaissance oui (ou tout autre mouvement impactant qui en général revoit la représentation du corps de la femme ou de l’être humain en général) parce que les gens en ont marre du culte de la performance et de la perfection. C’est pas ça qui nous rend heureux et nos genes biologiques ne nous permettent pas de tous être mince, un peu musclé, grands avec une peau lisse. C’est donc à nous aujourd’hui d’écrire de nouvelles règles, plus centrées sur le respect et l’acceptation des différences, l’envie, les désirs, le consentement et faire en sorte qu’elles soient les plus inclusives possible.


Tu as commencé à représenter ton corps nu de dos, tenant respect à la triste indication patriarcale du “Pas trop prude, pas trop pute”. Qu’as-tu appris de l’expérience de ce compromis et premier test ? Comment a été l’accueil du public en premier lieu ?


Ce n'était pas totalement clairement explicite que c’était des auto-portraits. À la fois pour me protéger des critiques (négatives comme positives) et à la fois pour aller au-delà de mon propre corps, ne pas me regarder (me juger) mais regarder comment je (re)présente le corps et la sensualité en lui-même. J’aimais travailler sur l’érotisme qui pouvait se dégager de mon corps. Mais une fois sur le papier, je dissociais mon corps du dessin. D’un côté je prenais confiance en moi en sachant que je peux avoir un corps érotique à mon image. Mais l’idée c’était plutôt que les gens ressentent quelque chose en voyant le dessin, pas en me voyant moi.

L’accueil du public était très chaleureux, notamment parce que les dessins, à part 2 ou 3, étaient majoritairement très doux (du coup les gens n’étaient pas trop mal à l’aise devant cette intimité). Je pense aussi parce que les gens savaient que c’était une artiste femme qui avait fait ces dessins. Du coup on a encore plus une image de sensualité et d’affirmation qui se dégage de ces dessins. Si j’avais été un homme ça aurait pas passé comme ça, sauf peut être si j'avais dessiné du coup des hommes.



Qu’est ce qu’as pu t’apporter personnellement cette expérience d’illustrer ton propre corps sur ton ressentiment par rapport à lui ?


J’ai pu analyser comment un corps peut devenir érotique par son comportement, ses posture, ses vêtements… Et aussi par la personne qui regarde, quel angle de vue, et tout va changer aussi en fonction du point de vue que la personne va adopter et ses a priori aussi. Ça m’arrivait de me dessiner sous plusieurs poses et prise de vue, en recadrant juste le dessin sur mon cul et j’avais ces commentaires (en ne sachant pas que j’étais dessiné) : “ça ce sont des fesses de femmes - celles-ci d’homme, elles sont plus carrées” Le corps est ce que le public voient. On peut le laisser faire, mais le meilleur moyen de se détacher de l’avis du public, c’est de se mettre en scène pour soi, de réaliser de quoi notre corps est capable et de rire à ceux qui nous mette des étiquettes parce qu’il ne savent que nous regarder de haut, finalement ce sont eux les plus limités.

J’ai autant appris sur moi que sur les autres avec cette expérience. Un personne que je connaissais m’a également dit en regardant un dessin où j’étais dessiné debout de dos : “pourquoi tu as laissé les ombrages de cellulite ? Tu aurais pu les enlever” ce n’étais pas sur un ton de dégoût mais une vrai question perplexe que j’ai interprété comme ça : pourquoi n’a tu pas profité de rendre ton corps “plus parfait” avec ce dessin ? J’ai répondu que j’ai dessiné mon/le corps tel qu’il était, et il est parfait comme ça, car il est vrai et il n’y a rien qui mérite d’être caché.


N’y a-il pas une forme de sondage lorsque tu montres ton travail ? Ton travail, en questionnant, intrigue et les retours et sentiments diffèrent selon les personnes.

N’y aurait-il pas une forme d’analyse des sensibilités qui se crée envers tes spectateurs ?


Oui totalement. Quand je sors une nouvelle création, dans les 10, 30 et 60 premières minutes, je pourrais savoir si le dessin fait un buzz, s’il gêne, s’il est adoré, s’il n’est pas compris. Je peux à peu près prévoir le succès ou non d’une créa, mais ça peut être faussé en fonction du moment de la publication, de sa légende, et si Instagram décide de “cacher” ma publication plus que d’habitude.

Je sais que si je dessine une femme (avec des fesses bien rondes dans une posture érotique mais pas trop) ou alors éventuellement un couple qui semble hétéro ou lesbien, je peux facilement faire 5000 likes et 40 commentaires positifs en 24-48h. Certains projets cependant je peux avoir 2000 likes mais 100 commentaires positifs. Je trouve que c’est d’autant plus fort que 100 personnes prennent la “peine” d’écrire leurs émotions, leur soutien face à la découverte de cette créa.


J’essaye de ne pas me laisser trop influencer par le désir du public. Déjà parce que tout le monde n’a pas les mêmes goûts mais aussi parce que j’ai besoin de représenter des personnes et scènes différentes, j’ai besoin de communiquer avec différentes communautés, car le désir, la sensualité, l’érotisme sont partout et surtout n’ont pas qu’un seul visage. Je veux représenter tous ces visages et si je peux en plus les faire découvrir à un public qui le connait peu/pas/ou mal alors je sens que je sers aussi à quelque chose.





Tu as choisi de colorer les corps que tu dessines avec des variations contrastant l'interprétation. Quelle est la volonté derrière ce choix ?


Habituer les yeux à voir les corps autrement. Essayer de ne plus voir les couleurs associé à des codes de genres ou de rapports de force. Ceci pour sortir du sexisme (femme=rose, homme=bleu ou rouge), sortir du dominant (rouge) vs dominé (bleu), sortir aussi du racisme (blanc = norme, couleur=exotisme sexy). J’essaie de représenter le corps pour l’émotion qu’il dégage, peu importe s’il est bleu, rouge, turquoise. Cependant mon but n’est pas non plus de nier les identités de chaque personne. Je vais alors alterner mes cadrages : parfois juste cadrer sur une partie du corps (où on ne peut pas savoir le genre ni l’identité de la personne), et parfois représenter un portrait plus large avec le visage, les coiffures, et également alterner les accessoires que les personnes peuvent porter, dans le but de pouvoir toucher et représenter une communauté en particulier via leur choix personnels, qu’ils soient liés avec leur goût ou leur culture.


Quelles scènes aimes-tu le plus représenter ?


Je n’ai pas de scènes préférées. J’ai besoin que ça change tout le temps. Sinon je me lasse, et je pense que ça lasserai aussi le public. Par contre ce qui est intéressant c’est de faire une même scène 2-3 fois, par exemple d’une personne nue, mais d’alterner les positions et les accessoires. J’ai besoin d’être stimulé dans la représentation et dans la technique, toujours la même couleur ça m’ennuie. Donc en général j’alterne les couleurs, j’alterne les corps, leur nombre, j’alterne le format de la créa aussi, le cadrage etc. Il n’y a que comme ça que j’apprends et évolue sur moi, sur ma technique et sur mon public.


On va dire que ma constante c’est de dessiner des corps aux crayons de couleurs polychromos sur papier 180g. Le reste, c’est libre arbitre, juste s’amuser et se challenger, sortir de sa zone de confort, aller plus loin.





Tu représentes également des corps masculins nus, qui malheureusement rencontrent moins de succès que ceux féminins… N’y aurait-il pas un problème d’érotisation du corps des hommes ?


Si si. Les hommes et beaucoup de femmes hétéro trouvent normal de regarder sans cesse l’érotisme des femmes, dans la rue, dans les films, dans les pubs. Mais regarder les hommes érotisés, non. La remarque que j’ai entendu à ce sujet ça va être “pourquoi on me regarde (un homme hétéro qui parle) pourtant je ne suis pas gay”. On va avoir tendance à déformer l’érotisme d’une personne avec son orientation sexuelle et valider par la même occasion celles qui sont acceptables/normales et celles qui ne le sont pas. Beaucoup d’hommes et femmes ci-hétéro sont mal à l’aise face à corps d’homme érotisé (quelques soit son orientation sexuelle) car ils ne sont pas habitués à voir ça et le voir comme si c’était “normal”.


J’essaye de travailler là-dessus, pour montrer qu’un homme, peut importe son physique et son orientation sexuelle, peut être érotique et que c’est tout à son honneur et que ça peut avoir avoir autant de charme que de voir une femme érotique. Là on revient à la question de changer les règles des canons de beauté. Le but n’est pas de forcer les gens à aimer le corps des hommes érotique, mais arrêter de ne nier, de faire comme s’il n’existait pas. Peut être quand on commencera à voir le corps des hommes comme un corps qui peut être érotique peut importe leur orientation sexuelle, on arrêtera de s’en prendre au corps des femmes, de mal les regarder, mal leur parler, qu’elles choisissent de se montrer de telle ou telle manière.




Tu as eu l’occasion de représenter certaines scènes de Bondage, qu’est ce qui peut t'attirer dans ce type de représentation ?


Pour moi c’est comme une scène où des personnes s'embrassent. C’est un moment intime entre deux personnes consentantes, où règne une confiance qui permet de mettre en place une sorte de cérémonie entre la personne qui se fait attacher puis détacher, et celle qui l’attache et la détache. C’est de l’émotion intense qui est ressentie des deux côtés. J’aime représenter la puissance du corps et l’émotion qui se dégage de la personne attachée. On a des forces contraires qui s’animent et je trouve ça fascinant.


La question qui fâche, mais qui je l’espère, servira de réponse globales à tes nombreux instigateurs ! Dis moi, Marie, tu as vécu les scènes que tu représentes…?


La question devrait plutôt être “est-ce que toi tu l’as vécu ? Est-ce que tu veux la vivre ou la revivre ?” Je dessine la scène, oui, mais si elle te fait cogiter, je ne suis pas là pour te détourner de ce que tu veux vraiment. Je n’ai pas envie que les gens se servent de mon expérience pour se positionner ou parler de moi. Mon but est qu’ils fassent un travail sur eux-même et moi je suis là pour les encourager à faire ce qu’ils ont envie de faire, que c’est ok d’aimer telle ou telle pratique (tant que c’est toujours dans le respect et le consentement). Pas de honte ou d’anormalité.





Vis à vis de toi, tous ces culs et corps ont dû chambouler nombres de concepts et de status quo ! Est-ce que cela a permis de déconstruire certaines choses dans ta vie ?


J’ai certainement déconstruit certaines choses mais je ne ressens pas un chamboulement de concepts. Le chamboulement c’est juste assumer aimer dessiner de l’érotisme et ne pas en avoir honte, notamment par rapport à mes premières années où je n’osais pas indiquer que ça m'intéressait d’étudier l’érotisme et de le lier à mon métier. Je pense aussi avec le recul, j’ai compris pas mal de choses sur moi ou la société. Par exemple, pourquoi au début de mes dessins de nus, je dessinais presque exclusivement des femmes et pourquoi maintenant je veux dessiner tout le monde.


D’abord j’avais besoin de m’entrainer, développer ma technique et représenter ce qui m’était le plus facilement accessible : mon corps. Il y avait ce besoin de réappropriation de mon corps aussi. Reprendre la main sur mon image et comprendre d’où vient cette simplicité à voir le corps d’une (jeune) femme comme une entité de beauté et séduction. Ensuite j’ai commencé à vouloir plus, changer la physionomie, sortir du canons de beauté tout en restant érotique, ou simplement aller vers la beauté du corps et ses émotions. Et finalement pouvoir créer, trouver du sensuel partout. Apprendre à voir et montrer ce que je vois.




Ayant évolué dans un milieu de la nuit et de la musique électronique souvent très masculin, tu me disais que tu voulais t’habiller “boyish” pour qu’on te prenne plus au sérieux. Comment as-tu vécu ça et comment te sens-tu par rapport à tout ça maintenant ?


Ça me permettait de me sentir un peu plus infiltrée dans le milieu. Même si je restais un electron libre, jamais vraiment 100% intégrée dans des équipes qui se connaissent depuis 10ans, je me sentais plus facilement moi-même et connecté un minimum avec eux en portant des vêtements plus “streetwear”. Je restait cependant femme, artiste, entrepreneur, mais pas juste un élément perturbateur en étant une jeune femme avec un projet sexy qui débute sa carrière et ne connait personne. Je ne m’empêchais pas de porter des vêtements plus féminin, je n’étais juste pas à l’aise dans la pluspart de ces vêtements (robes, talons, jupes, par exemple), ça me gênait pour me déplacer, pour danser, pour discuter. Donc en général j’étais dans un entre deux.


Mon but principal était de marquer les esprits par mes projets de dessins, et ne pas donner l’impression d’une personne délicate (même si je peux l’être). Surtout en sachant que je dessinais déjà des œuvres érotique, je brouillais un peu les piste en n’ayant pas un code vestimentaire sexy ou trop féminin. Et au moins j’avais un point commun vestimentaire avec les travailleurs du milieu, qui en plus pouvaient affectionner mon intérêt pour les marques partenaires locales à leur projets. Comme je ne connaissais pas trop non plus les mœurs ou comportements des gens dans les coulisses du milieu de la nuit, je préférais aussi d’abord voir comment les gens pensent, se comportent, pour me créer ma place ensuite.


Te sens-tu davantage alignée avec toi-même ?


Oui et non haha. Je me remets souvent en question, que ce soit mes choix personnels comme les vêtements ou mon métier d’illustratrice dans le thème érotique. Est-ce que j’ai été influencé par la société d’aimer dessiner des culs parce que tout le monde aime ça ? (autrement dit parce que ça fait aussi vendre ?) Et puis des fois j’essaye de juste faire ce que j’ai envie, tant que je me sens bien dans mes fringues, avec mes dessins, tant que j’arrive à être la personne que je veux être, c’est ce qui importe. On peut avoir envie de donner telle image aux gens qui nous regardent, mais le plus important c’est d’être en accord avec l’image que tu donnes, le plus agréable c’est de ne même pas penser à ta tenue quand tu es face aux gens. Si tu complexes, c’est que tu n’as pas le vêtement dans lequel tu te sens bien, ou que tu n’arrives pas à être en accord avec l’image de ton corps et l’image que les gens peuvent avoir de toi.


J’ai pu voir des femmes sur une piste de danse à 5h du mat’, talons aiguilles, body décolleté plongeant, slim, transpirer la bonne humeur et la fierté : et bah tant mieux pour elles, vraiment, ça fait plaisir de voir des personnes qui se sentent bien. Moi je me sentais bien dans mes sneakers nike, mon short en jean et mon t-shirt Tealer haha. Aujourd’hui y’a des moments où je complexe de ne pas être assez féminine, alors finalement rien ne m’empêche de changer mes fringues. Mais la question c’est plutôt : si je change de vêtements, est-ce que je le fais pour moi ou pour les autres ? En vrai tout le monde devrait porter ce qu’il veut, tant que chacun respecte ça, sans se regarder de haut surtout, sans juger, catégoriser, on sera déjà bien mieux.



Tu me disais de façon très belle que “tant que j’ai pas de regrets, c’est que tout va bien”. Que signifie cette phrase pour toi ?


“La vie est trop courte” et la sensation de regrets est tellement désagréable, insupportable même je trouve personnellement. J’ai eu beaucoup de regrets quand j’étais jeune, par peur de ne pas oser, par manque de confiance en moi, de par mon caractère, de par mon éducation, de par la société en tant que fille. Aujourd’hui je ne veux plus hésiter si c’est par peur de ne pas oser. Si ça ne marche pas, tant pis, au moins j’aurai essayé. Aucune honte à faire quelque chose qui nous a demandé du courage. On gagne toujours en expérience et c’est ce qui importe. Tant que tu vies ce que tu veux vivre, en toute connaissance de cause (parce que le but c’est pas de vivre dans le déni non plus). Je veux pouvoir vivre tous mes rêves et bosser dès maintenant pour qu’ils se réalisent, le temps passe trop vite pour attendre.



Après ces nombreuses révélations, cette psychanalyse publique et journalistique, revenons-en au business ! As-tu des collaborations à nous révéler ou à annoncer ?


Oui ! haha toujours ;)


Après ce n’est pas forcément officiel, on va dire que certains projets sont lancés, d’autres sont des projets en discussion, d’autres sont des juste des envies qui n’ont pas encore été dévoilée : une illustration sur les mots de nombreu.x.ses auteur.e.s dont Heur.euze , Cœurnichons, Hyce Beerg, Anecdotes, une nouvelle collaboration avec Les Histoires Courtes, dessiner des modèles, dont Mufin, collaborer à nouveau avec l’artiste PanpanCucul, m’inspirer du travail de nombreu.x.ses photgraphes dont Miel, Victoria Boissonnas , exposer à Bordeaux (2022), exposer à Paris (février-mars 2022 hehe) faire de l’affichage sauvage grand format, développer la collection des butt-stickers, refaire des t-shirts… bon j’ai pas tout dit encore mais je pense que c’est déjà bien haha !


Aurais-tu 3,4 artistes à nous faire découvrir ?


Je vais rester dans l’illustration et thème érotico-sensuel sinon je vais avoir besoin de 1 page entière haha :


Apollonia Saintclair / Vinnifantastic / Mazahir / Tina Maria Elena Bak /Joyce Lee


3-4 sons ?


Reminiscence - Monolake





Hell Is Round The Corner - Tricky



Let it Burn - Goat




What’s in My Head? - Fuzz






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