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#Mathias - The Message

Voyage dans la perspective, introspection intrusive, la question du sens ample, du sample est omniprésente dans le travail de Mathias. Retranscrit sous différentes formes de processus créatifs, il manie à merveille symbolisme et sensibilité, exprimé par une vision singulière de la beauté et de l'esthétisme.

Tendresse de l'incompréhension, douceur et liberté de l'interprétation, il utilise le collage et ses multiples influences pour réaliser un travail fort d'identité et attirant de complexité.


Mathias nous offre la liberté de visualiser son travail avec notre propre inconscient faisant de son art une hésitation prolongée entre le rêve et le réel.

Il a accepté aujourd'hui de réaliser cet interview pour Radio Loubard et si vous ne l'aimez pas deja, suivez simplement le cours de ces cyber-lignes et votre coeur penchera.....


#Mathias - The Message pour Radio Loubard




Hello Mathias, très heureux de faire cet interview avec toi, mon père qui adore ton travail va être content haha ! Comment c’est passé ton confinement ?


On ne peut pas dire que j’ai passé un mauvais confinement. Resté enfermé avec mes meilleurs amis n’était pas une horrible expérience. Je n’ai (malheureusement) pas fait partie de ses expatriés parisiens qui ont profité du soleil et vu leur bronzage se parfaire au fil des jours. Pour pallier à ce manque de vitamine D, l’imagination, l’apprentissage de nouvelles techniques créatives et tout simplement l’abonnement à toute les plateformes de streaming m’ont beaucoup aidé.


Pourrais-tu te présenter pour les ignorants qui ne t’on jamais rencontré (dont moi d’ailleurs)?


Je m’appelle Mathias Rota, j’ai vingt-deux ans. Originaire de Franche-Comté je suis venu m’installer à Paris pour intégrer l’Atelier Chardon Savard Paris. Mon cursus de Designer de Mode m’a tout d’abord amené à parfaire mes connaissances chez AfterHomeWork Paris, en assistant les directeurs artistiques Elena Mottola et Pierre Kaczmarek. Après une troisième année et une spécialisation en "Chaîne et Trame", je me suis retrouvé dans la maison de couture parisienne Lanvin en tant qu’assistant studio pour le marché coréen et japonais.

J’ai évidemment toujours eu une passion pour la mode qui s’est aiguisée au fil des années. Cependant, en grandissant et en me formant j’ai commencé à comprendre que tout pouvait être lié. La photographie, la mode ainsi que la scénographie, la lumière, la vidéo, le casting… Ces choses sont toutes indissociables les unes des autres, c’est pourquoi une curiosité constante m’as piqué. L’envie de tout connaître, mais de surtout tout pouvoir faire m’as toujours inspiré.



Tu as d’abord commencé dans la mode, pourrais-tu nous expliquer ton parcours ?


En effet la mode est mon principal moteur. J’ai intégré la section Designer de mode de L’Atelier Chardon Savard. Créer pour devenir Designer de Mode, cette section m’as permis de me libérer de certaines contrainte que j’aurais pu me donner moi-même. En effet, toujours poussé par des professeurs talentueux, qui m’ont poussés dans mes retranchements afin de me permettre d’avoir une intention créative de plus en plus pointue. Le but étant de repousser les limites qu’on aurait pu se fixer, de les dépasser et de remarquer quel est l'essentiel à retenir de ce « surpassement ». Ne pas se contenter de la simplicité. Complexifier chaque étapes de la création amène à se poser plus de questions, pousser la réflexion, nourrir les idées…

L'école, particulièrement mes professeurs d’illustrations nous ont appris à utiliser différents médiums autre que le crayon à proprement parler et m’ont poussé à développer mes capacités en collage.

N'étant excellent en dessin, le collage est arrivée comme une nouvelle alternative me permettant enfin d’exprimer ma vision.





Work for Dries Van Noten 2019


Tu as donc eu l’occasion de pouvoir travailler pour une petite et une grande marque, qu’est ce que les deux t’on apportés ?


Il s’agit en effet de deux expériences différentes mais toutes les deux formatrices.

J’ai travaillé dans un premier temps chez AfterHomeWork Paris en tant qu’assistant Directeur Artistique. L’énorme point positif de cette expérience fut la liberté; de s’exprimer, d’échanger, de comprendre et demander les inspirations tout en faisant réellement partie de la machine, qui pour l’époque était à moindre échelle.

En effet lorsque j’ai intégré cette équipe, la marque connaissait déjà un succès auprès des connaisseurs du milieu, mais faisait encore partie du calendrier non officiel de la couture parisienne. Cette petite équipe familial fut très formatrice, Elena Mottola passionné par le travail et l’échange, m’a permis de voir la mode sous un oeil différent. Celui d’un créateur; libre de créer, de s’exprimer à travers le vêtement, de transmettre un message à travers un lieu, un shoot, une collaboration…


Le fait de rentrer dans une maison ancrée dans l’histoire française fut très inspirant. Je pensais trouver une milieu totalement différent en arrivant dans cette maison ancestrale qu’est Lanvin. En effet pour un entreprise de cette ampleur les enjeux, la clientèle ainsi que le marché reste très différent d’une marque de créateur. Un temps d’adaptation fut nécessaire pour se faire a ce rythme de “multinationale”, cependant l’ambiance ne fut pas moins familiale. Après avoir effectué une mission de six mois en tant qu’assistant studio, je me suis vue être intégré dans l’équipe des showrooms pour assister les directrices responsables du lieu.

Le contexte familial m’a réellement plu lors cette collaboration, et m’a amener à revenir travailler pour Lanvin lors de différentes missions tels que la mise en place de vitrines dans les boutiques historiques Rue du Faubourg Saint-Honoré, ou pour assister les shooting de look book et e-commerce avec le nouveau directeur artistique Bruno Sialelli.


La notion de collage est omniprésente dans ton travail, on retrouve cette technique dans la mode également, est ce que c’est un des points sur lesquels l’aspect axé purement sur la mode rejoint tes créations actuelles ?


Le collage me permet une certaine liberté de création. Lors de mes études, mes collages ont toujours eu une visée mode, axée sur le produit et sa mise en valeur. A travers le collage, je me suis créer un rôle de “directeur artistique” à mon échelle; en sélectionnant l’ambiance, le casting, les poses, l’intention, le vêtement, et la cible. La mode se doit d’avoir une place primordiale dans mes créations puisqu’elle est le centre de cette mise en valeur. Faite comme une publicité, le produit raconte une histoire et provoque l’envie.


Témoin d’une ambiance, il est intéressant de superposer plusieurs univers pour n’en re-créer qu’un seul. Il s’agit d’une pratique reconnaissable dans la mode, cette pratique est principalement réalisée manuellement. J’avoue avoir une passion pour les logiciels de retouche photo comme Photoshop, ou encore After Effects et Premiere Pro.


L’ère digitale dans laquelle nous vivons est une période passionnante faite de nouvelles possibilités. Actuellement sur mes dernières créations il est vrai que le vêtement a pris une tournure secondaire, intéressé par la construction d’un décors je me retrouve à passer des heures sur une création de paysage, pour amener de la profondeur, du contraste et ensuite seulement le model, qui doit lui aussi prendre une place centrale dans l’oeuvre.





Pour moi, je vois le collage comme un “sample” dans la musique, l’idée de pouvoir associer différentes idées ou concept pour créer une oeuvre nouvelle représente pour moi une forme d’abondance créative. Qu’est ce que cette technique t’apporte dans ton processus créatif ?


C’est vrai que l’idée d’un collage se rapproche d’un sample (j’ai d’ailleurs effectué la couverture d’un set soundcloud pour un ami DJ, Safar). Lorsque je travail avec des images dont je ne suis pas l’auteur, il s’agit alors de campagnes publicitaires ou d’un édito de magazine et les fichiers sont donc de différentes qualités et ambiances. En jouant avec les effets de lumières, la fluidité ou encore l’orientation je remodèle le climat du collage à ma guise, et me ré-approprie les images d’artistes et photographes que j’admire.

Il y a cependant un certain frein artistique à travers ce genre d’oeuvre, puisqu’il s’agit avant tout d’une énorme recherche iconographique, dans le but de trouver des images qui seraient susceptible de raconter une histoire ensemble.

L’essence d’une marque est je pense le pouvoir d’attraction qu’elle à sur sa clientèle et pourtant, celle-ci n’est pas forcément mis en évidence à chaque fois. En mixant plusieurs univers et inspirations en une seule et même image, j’essaie alors de mêler l’ADN d’une marque à travers un visuel et mon univers personnel.



Il y a également une notion de mouvement dans ton travail, comment arrives-tu à le traduire sur une image statique ?


Je joue énormément avec le sens de lecture. Dans mon travail, le mouvement peut être représenté par le simple fait de tourner l’image dans différentes directions. La plupart du temps lorsque je créer un collage, je commence par construire un décor. Je m’essaie à recréer une atmosphère utopique où le mouvement est omniprésent.

Les montagnes se chevauchent, le ciel se retrouve au centre, et la gravité commence à perdre de son sens. C’est alors que je viens insérer les personnages. En mêlant la perspective à des jeux d’ombre et de lumières je tente de provoquer une incompréhension chez le spectateur. J’aime l’idée qu’un personnage commence au premier plan et se retrouve à la fois en arrière-plan, ainsi il peut balader le regard du lecteur à travers l’oeuvre. En créant plusieurs effets d’optiques de ce genre, j’invite le spectateur à laisser se perdre son regard sur les différentes directions induites par les corps, l’horizon, ou le ciel.





On t’as vu travailler avec la photographe Adriana Pagliai (qu’on embrasse fort !) sur le projet Kabylifornie, qu’est ce que tu aimes dans le fait de travailler en collaboration ?


La collaboration c’est l’un des aspect le plus intéressant lorsqu’on fait de l’art. C’est un échange constant d’idées, de points de vue, et d’envies. Avoir un objectif commun est extrêmement motivant, comme si l’envie de ne pas décevoir l’autre menait le projet. Avoir quelqu’un de talentueux à côté de soi met tout de même une certaine pression personnelle.

Avec Adriana Pagliai, le challenge était de m’accorder avec un univers très différent du mien, beaucoup plus axée sur la culture et les couleurs pop, ainsi que la féminité et ce qui en émane.

Je pense que Kabylifornie est une explosion d’idées, maniant les différents points forts de chacun d’entre nous. Illustrant une force féminine faite de couleurs, d’assurance et d’un mélange culturel. Il s’agissait de faire de nos deux univers une seule et même facon d’exprimer la vision du monde qui nous entour.

Habituer à travailler sur de l’homme, ce projet m’a poussé dans mes retranchements, et m’a permis d’apercevoir de nouvelles perspectives de travaux.




On ressent une identité forte dans ton travail, quelque chose de personnel dans la création mais de collectif dans la diffusion, qu’est ce que tu essayes de retranscrire vraiment dans ton travail ?


J’aime à penser que je retranscris ma propre vision du beau. La nature et l’homme sont pour moi la représentation ultime de la beauté, un simple paysage, ou les courbes d’un corps peuvent provoquer de nombreuses émotions. Je trouve intéressant d'opposer ces deux esthétiques pour les magnifier et ajouter de la profondeur à l’oeuvre. En mêlant la douceur d’un visage à une scène post-apocalyptique, je tente de retranscrire une esthétique particulière.


Ton travail représente quasiment que des hommes, est-ce qu’il y a une volonté particulière derrière ?


J’ai toujours préféré imaginer des collections masculines. Lorsque j’imagine une collection pour homme je recherche d’abord une figure, capable de représenter l’histoire de cette collection. Quand je fais un collage, je fonctionne de la même manière, c’est à dire qu'il me plaît d’imaginer une histoire autour d’un profil que je vient ensuite illustrer.

L’homme commence à prendre une place majeur dans le monde de la mode, tout comme dans mon travail. Je trouve ça intéressant de pouvoir jouer avec l’image qu’il peut dégager.


Pourquoi justement cette sous-représentation, surtout dans la mode, de l’image de l’homme ?


Je dirais que l’homme était sous représenté jusqu’ici mais il connait un véritable essor et tant mieux, tout le plaisir est pour moi !



De quoi tu ne peux surtout pas te passer ?


Le soleil !


Qui a eu le plus d’influence dans ton travail ?


Des réalisateurs comme Tom Six et Shonda Rhimes.

Des photographes comme Carl de Keyzer ou Peter De Potter.

Ou des créateurs comme Raf Simons ou Demna Gvasalia.


Qui a eu le plus d’influence dans ta vie ?


Mes amis !


Ce dont tu es le plus fier ?


Une série de collage réalisé d’après un éditorial pour Pull Letter magazine inspirée du film Mrs Robinson.


Ce que tu détestes le plus dans la vie en général ?


Les cons !


Une ville /un artiste / une chanson qui t’inspires le plus ?


Une ville en particulier non mais les profondes campagnes américaines m’inspire beaucoup.

Lars Tunbjörk un photographe suédois dont j’aime beaucoup le travail et en matière de musique Frank Sinatra - That’s life sans hésitation!


Que pense-tu du futur de ta génération ? Comment tu l’imagine ?


Rempli de créativité et de réussite je l’espère.


T’aurais pas 3, 4 sons à nous faire découvrir par hasard ?


Pour mon côté caliente je vous recommanderais “La Dificil” de Bad Bunny



Pour mon coté fleurs bleues : “Blue Moon” de Elvis Presley



Pool Party de Julia Jacklin :


Autre chose à nous faire partager ? Artistes, photographes, musiciens etc.. ? Potes à toi créatifs ?


Je vous recommande sans hésiter le compte @veugue (je vous le conseille fortement également ndlr) créé par deux de mes potes et le magazine @PullLetter dont je vous ai déjà parlé un peu plus haut!


Tu veux faire une dédicace à la Skyrock en 2009 ?


Ma mère le sang !



NOW THAT YOU LOVE HIM SUPPORT HIM :

INSTAGRAM : @mathiasrta

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