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  • cesarloubard

#Mauvais Sang : The Message

Mis à jour : sept. 2

Je suis très heureux de pouvoir vous présenter la maison de production Mauvais Sang aujourd'hui. Tout d'abord parce que je suis un grand fan de leurs travaux au niveau artistique et également car je suis admiratif de leur réalisme quant à l'approche dans toute sa globalité et diversité de ce qu'est d'être jeune et artiste à notre époque. Ils sont conscients de l'impact de leurs productions, des conséquences de leurs choix et de l'écho qui résonne et résulte de leur implication dans cet art.


Une phrase qui m'a tout de suite plu lors mon appel avec les membres de la maison de production parisienne et qui représente bien notre génération dans sa dimension essentielle est la suivante : "Croire au sens des individus pour contrer le sens d'une société"

Je ne vous laisse pas le temps de méditer sur cette phrase car elle me donne l'occasion rêvée de placer une autre citation d'un de mes auteurs préférés, Albert Camus.

"Je continue à croire que ce monde n'a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c'est l'homme, parce qu'il est le seul être à exiger d'en avoir."


Dans ces deux phrases d'un prix Nobel de Littérature et de futurs césarisés (A chacun sa consécration), la notion de croyance, de sens et d'humanité ressortent. Le sens d'une société est absurde en tout point, sans réel direction, incohérent dans toute sa splendeur, injuste, bancale, déviant et tout autres adjectifs appartenant au lexique de la folie humaine. Mais cette humanité on l'aime tous profondément et on l'a préfère volontiers à la société, nous sommes amoureux d'un humain pas d'une assemblée nationale ou d'un centre commercial. C'est le choix qu'a fait Mauvais Sang, faire confiance à l'humanité, donner foi à l'échange social quand les pensées humanistes du siècle des lumières ont laissés place à la pensée obscure du capitalisme.

Croire au sens des individus, c'est croire en l'homme et accepter avec tendresse son absurdité en donnant chance à sa condition.

Exigeons, comme Camus, ce sens supérieur, idéaliste pour certains, humaniste pour d'autres et faisons de nos vies un manifeste de nos âmes, de notre art et de nos valeurs.


Croyons aussi au mantra créatif de Mauvais Sang, soutenons leur implication, encourageons leur engagement et remercions les de faire partie de notre génération !


Mauvais Sang pour Radio Loubard




Hello Mauvais Sang ! J’espère que vous allez bien, comment s’est passé votre confinement ?


Le confinement a été une période particulière dans la mesure où on a été forcé de lever le pied ce qui nous été pas arrivé depuis la création de Mauvais Sang en mai 2019. Ca a été l’occasion de faire un premier point sur nos avancées et la direction prise par le projet. Ça nous a aussi permis de se consacrer pleinement à la place de spectateur/lecteur/auditeur qui est majeure dans le travail de production.



Pourriez-vous nous parler des activités principales du collectif ainsi que de la genèse du projet ?


La matrice du collectif est la production de film, pour le moment essentiellement du court-métrage, du clip & quelques formats sériels mais à terme on aimerait se consacrer pleinement au long-métrage, pour l’impact très concret qu’il peut avoir sur notre société. Autour de cette matrice, on essaye de façonner un écosystème propice à une réflexion plus globale sur le rapport de l’art à la société et sur les liens interdisciplinaires. Dans ce cadre, on produit pas mal de clips avec des artistes dont les démarches nous touchent pour leur dimension expérimentale ou pour leurs engagements. Plus généralement, on essaye de rester le plus ouvert possible à tout projet qui a une place dans notre maison. On prépare en ce moment deux pièces de théâtre dont les premières représentations auront lieu en octobre mais aussi une résidence d’été, un jeux-vidéo…


A l’origine du projet, on avait envie de repenser l’objet média qui devient structurant dans notre société avec la place qu’il prend notamment sur les réseaux sociaux. Si on a toujours souhaité mettre en lumière des discours et des personnalités en marge des circuits de productions, on ambitionne à l’échelle du collectif d’être une voix qui parle au plus grand nombre et qui puisse à terme avoir un réel impact sur la société. En ce sens, ne pas se limiter à des activités de production s’inscrit pour nous dans la volonté d’assumer la dimension politique de notre travail.



Vous ne sortez pas d’école de cinéma mais vous êtes passés par des études pouvant faire un lien mais n’étant pas dans la production “technique” de l’audiovisuelle. Par quoi est passé cet apprentissage et quelles ont étés les clés de cette évolution ?


On a encore énormément de choses à apprendre mais parmi ce qui nous a permis de progresser, la naïveté et la spontanéité avec laquelle on s’est lancé sur nos premiers films a été déterminante. Le fait de se lancer sans aucune expérience & dans des délais de préparation particulièrement courts nous a permis de comprendre que faire des films été à la portée de tous. Le cinéma est un espace intéressant dans ce qu’il produit de parcours différents. Ensuite, travailler en binôme nous a permis de se pousser à toujours s’investir plus, à viser des projets de plus en plus ambitieux. Pour finir, rencontrer des personnes plus expérimentées qui ont très vite manifestées intérêt et bienveillance à l’égard de notre travail a été capital. Ça a été si important pour nous qu’on essaye aujourd’hui de recréer les conditions de cette transmission inter-générationnelle dans le cadre de nos productions.


Vous êtes quand même de sacrés hyper-actifs ! Qu’est ce qui vous permet de mobiliser autant d’énergie pour propulser de nouveaux projets ?


Très certainement le fait qu’on ne travaille jamais seul. Chaque projet dans lequel on se lance est d’abord la vision d’un artiste qu’on a envie de défendre et de mettre en lumière.



Comment pourriez-vous décrire l’esthétique de Mauvais Sang ? Comment se passe le travail en amont avec votre clientèle ?


Il n’y a pas une esthétique Mauvais Sang. Au contraire on essaye de sortir du rapport autoritaire au goût qui existe notamment sur les réseaux sociaux. On est ouvert à des esthétiques très variées dans la mesure où elles sont le miroir d’un processus artistique qui nous paraît authentique. On travaille très rarement avec ce qu’on pourrait appeler des clients, la plupart de nos productions sont des collaborations qui résultent d’un dialogue qu’on essaye le plus humanisé possible.




Il a été capital pour vous d’écrire un manifeste afin de représenter les valeurs du collectif. Qu’est ce qu’apporte et renvoie à un projet la mise en place d’une ligne conductrice et d’une âme dès le départ ?


Le manifeste n’a pas été produit dès le départ justement car on voulait d’abord se confronter à la réalité politique de ce métier et des choix qu’il impliquait tant sur les plans économiques que sociétaux, culturels ou identitaires. C’est pendant le confinement qu’on a pris conscience qu’il était temps de se fixer un cadre car on se sentait prêt à s’y tenir sur la longueur.


Vous me parliez d’une radicalité dans la pratique et d’un désir d’être “consistant”. Comment pouvez vous expliquer ce désir et comment le pratiquez-vous concrètement ?


Mettre sur le même plan radicalité et consistance entre en écho avec le sens de notre démarche : fabriquer des objets filmiques singuliers sans tomber dans la superficialité. Un exemple éloquent à ce sujet serait le travail de Leos Carax qui n’hésite pas à proposer des projets extrêmement ambitieux sans jamais tomber dans l’écueil du spectaculaire. Affirmer une forme de radicalité consistante c’est être prêt à traiter des sujets plus durs de manière plus bruts, c’est se confronter à une vérité parfois plus crue ; à l’image de l’œuvre de Carax.


Vous me disiez que vous deveniez assez proche des personnes avec lesquelles vous collaborez, c'est important de pouvoir bâtir ce genre de relation dans le professionel ?


Bien sûr, c’est même ce qui nous a conforté dans l’idée que nous voulions faire de ce projet notre travail à plein temps. Avoir la chance de rencontrer chaque semaine des personnes venues d’horizons complètement différents dans une optique d’échange artistique, c’est extrêmement stimulant. L’idée qu’un métier soit à la fois une source d’émancipation individuelle et collective est très importante pour nous. Cela permet aussi de construire des réseaux de solidarités qui sont primordiaux pour conserver une forme de liberté et d’autonomie face à la réalité économique du monde artistique.


Il y a une vraie place pour l’humain dans Mauvais Sang à travers le choix d’un travail inclusif, transgénérationnel et prenant en compte toutes les variables de ce que peut être le travail en collectif. Pensez-vous que ce type de fonctionnement peut être une des clés de notre génération pour grandir ?


Tout dépend de ce qu’on entend par grandir, en tout cas c’est central pour penser une génération de manière collective et solidaire.




Qu’est ce qu’un cinéma d’élan ?


Un cinéma d’élan est un cinéma politique au sens de soucieux du rapport au monde qu’il implique tant dans la dimension réceptive des œuvres qu’il produit que dans la dimension sociale des travaux qu’il engendre. Autrement dit, nous essayons de penser nos films non pas comme des fins en soi mais comme le point de départ d’une réflexion plus globale sur les relations d’interdépendance entre l’art et la société.



Vous concevez également Mauvais Sang comme un média. Même si c’est implicitement le cinéma est une manière de communiquer, le fait de rédiger des articles ou mettre en valeurs d’autres artistes en est une autre. Est-ce pour une vous une façon de s’engager supplémentaire ?


Ce n’est pas une façon supplémentaire de s’engager mais encore une fois une manière d’affirmer un discours et une identité basée sur la défense de valeurs concrètes.


De l’espace vous en donnez! Pourriez-vous nous parler de votre résidence à Pigalle et de vos futurs projets ?


Être rattaché à différents lieux s’est très vite imposé dans le développement de Mauvais Sang pour provoquer échange et dialogue toujours dans l’optique de permettre à une génération d’exister ensemble, dans des logiques d’entraides vitales à la conservation d’une forme de liberté.





Mauvais Sang dans 3 ans c’est quoi ?


On espère de beaux films projetés en salle, qui bousculent des personnes d’horizons divers


Vous n’auriez pas 3-4 film à nous conseiller avant de mourir ?


La trilogie trois couleurs réalisée par Krzysztof Kieślowski


3-4 sons ?





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