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  • cesarloubard

#MINDMATTER : The Message (Paris)

Mind Matter est un des pseudonymes les plus à propos dans l'émérite époque que nous partageons ensemble. Pour les chauvins voltairiens qui préféraient les loisirs des amourettes lycéennes au langage shakespearien, voici la traduction simple de ce symbolique "blaze". Mind Matter : L'esprit compte. Je pourrais vous parler de la notion d'esprit en citant quelques philosophes mais je suis, en demeurant, trop pauvre en la matière et je préfère donc faire preuve de sincérité en me concentrant sur le mot qui le suit, sur celui qui pour moi "compte" vraiment. Face à nous-mêmes, livrés à nos pensées et plus riches que de nos doutes, cette année de confinement nous a permis malgré tout de nous concentrer sur ce qui compte le plus pour chacun de nous, sur ce qui est essentiel. Ce mot très à la mode dans sa négation à notre plus grand désespoir est au centre de nos questionnements, de nos émotions et surtout s'applique purement dans nos sensations. Car, vous conviendrez chers lecteur.rice.s, que nous ne pouvons pas définir pour tous ce qui est essentiel à chacun, identifier l'essentiel c'est avant tout le ressentir pleinement. D'autres se sont, durant cette année, permis de choisir pour nous ce qui était essentiel et ce que ne l’était pas, bafouant les émotions de chacun et menant à une dépression commune ressentie par tous. Si j'ai refusé la citation de quelques philosophes au début de ces lignes, je me permets de voler les mots d'un poète de ma région, du sud de la France que j'admire énormément, René Char. "L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant" Notre génération, dirigée par les notifications abondantes, la soif alcoolique de la gloire, de l'influence l'insignifiance et triste du comptoir des likes malmène durement ce que nous savons pourtant tous essentiel. L'amitié, le voyage, la rencontre, la sincérité parfois cruelle mais toujours attirante de l'amour ou encore la sensation de toucher un être cher lors d’émotions partagées sans pudeur lors de raves sans retour. Ce qui essentiel est mis à rude épreuve face à l'insignifiance des réseaux sociaux, de l'isolement forcé et des rassemblements sans cesse refusés, sans cesse reportés. La triste insignifiance des décisions qui influent à présent chaque jour nos vies remplacent petit à petit ce qui est essentiel et ce qui compte vraiment pour l'esprit. L'essentiel, c'est l'essence même, ce à quoi, à nouveau libre, les sens mènent et dans ce chaos qu'est le jour d'après, nous ne devons pas laisser la menace de l'insignifiant altérer nos sensations et supprimer nos émotions. Oui Théo, l'esprit compte, l'esprit parle pour nous et la musique la raconte, à nous de continuer d'en faire chaque jour le récit.


"Le combat continu tant qu'on est jeune, coupable et libre"


Mind Matter pour Radio Loubard



Pourrais-tu te présenter et nous parler de ton parcours dans la musique ?


Hello! Je m'appelle Théo j'ai 23 ans et j'habite a Montreuil.

Je fais de la musique depuis une petite dizaine d'année a peu près, en commençant par la guitare puis la MAO plus tard, a la base pour pouvoir m'accompagner et ensuite en tant que mon support principal.


Est-ce que le fait de venir d’abord du rock a joué sur ta manière de concevoir la musique et de produire une track ? Est-ce que tu as l’impression d’avoir gardé certains éléments de certains dérivés du rock comme le punk dans tes compositions ?


Oui complètement, comme tu le dis je viens du rock , du post punk et de la wave particulièrement. C'est vraiment la musique que j'ai le plus écouté donc c'est assez naturellement que cet univers se retrouve dans la musique que je produis. En effet pour moi c'est crucial de garder certains éléments, ou au moins d'en faire référence. J'imagine la musique que je crée en descendante directe de cette scène, c'en est une des nombreuses mutations.





Comment pourrais-tu définir, avec toutes ces influences, ton style musical actuel?


C'est toujours assez compliqué de définir soit même ce qu'on fait, mais dans les grandes lignes je pense qu'il est aisé de dire que c'est un mélange de musique industrielle, d'EBM (qui en est un sous genre), et de techno, le tout avec de flagrantes inspirations gothiques mais aussi de black metal, de dungeon synth, d'ambient ou de classique.

En tout cas j'essaye de faire mon possible pour que ca soit quelque chose de plus intéressant que de la "dance music de consommation" vidée de sa substance et dont sa seule essence serait son caractère joyeux et festif.




Tu as eu l’occasion de pouvoir pas mal jouer dans quasiment tous les clubs parisiens et warehouse en live comme en set. Au vu des tracks que tu joues généralement, les lives doivent être intenses et stressants! Est-ce que tu ne ressentirais pas une émotion similaire à un concert punk ?


Yes en effet j'ai eu la chance après ces quelques temps de pouvoir jouer dans beaucoup d'endroits, effectivement je suis très porté par l'energie dégagée par un live, par une vision singulière délivrée par un artiste, ça m'intéresse beaucoup plus que des dj sets même si j'aime aussi beaucoup en faire et en écouter quand ils sont bons!


Effectivement, pour un live la préparation est intense et le rush d'adrénaline aussi, c'est un exercice particulier qui met l'esprit et le corps (hop) en alerte, un exercice stressant s'il en est un.

C'est vrai qu'il y a des similarités, c'est d'ailleurs dans cette optique que j'ai commencé directement par le live, je voulais essayer de faire quelque chose qui se rapprocherait un peu d'une émotion de concert.





Le Covid va forcément changer notre manière d’aller voir des artistes avec des restrictions qui compliqueront la façon d’aller et de vivre un concert. Penses-tu que cela permettrait justement à un retour à des soirées de musiques électroniques live ? Avec une attention plus portée à l’écoute qu’à l’aspect danse ?


J'espère quand même que la fête pourra reprendre un jour! Mais en effet je suis d'accord qu'un regain d'interêt pour une musique live serait bénéfique. Les formats un peu plus "concerts" sont interessants aussi et je considère que je suis "adaptable" au deux configurations.

Forcement je trouve que ce truc d'écoute se perd, après il faut être lucide, même si pour moi faire danser la foule n'est pas mon interêt principal, quand tu est booké au milieu de la nuit entre 2 sets énervés tu peux difficilement te permettre de faire uniquement une musique d'écoute et d'analyse, les gens devant qui tu te produit sont quand même la pour faire la fête avant tout!





Tu me parlais de certaines notions et approches musicales empruntées à d’autres styles utilisant des métaux pour faire de la musique. Qu’est ce qu’il t'intéresse dans cette façon de produire de la musique ? Peut-il y avoir de la mélodie et de l’harmonie dans la brutalité?


La dissonance (entre autres notions) a été un des premiers leitmotiv de la musique industrielle avec des groupes comme Throbbing Gristle dans les années 70 ou Einstürzende Neubauten dans les années 80. C'est toujours quelque chose qui m'as fasciné, cette faculté de créer de la musique avec du bruit. Cela témoigne d'un avant gardisme musical qui m'intéresse et que j'intègre dans ma musique.

Evidement mélodie et brutalité peuvent cohabiter, je pense même qu'elles le doivent!





Qu’est ce qu’il peut te séduire dans une soirée où le BPM reste entre 115 et 125? Quelle atmosphère selon toi en découle?


J'ai l'impression que la musique trop rapide en général tend a perdre de sa substance et de sa force. Evidement il ne faut pas en faire une généralité, il y a énormément de musique rapide de très grande qualité, mais ca me parle assez peu la plupart du temps.

J'aime la lourdeur et la transcendance cathartique apportée par un rythme détaillé, martial, lent et mécanique. Tout est une question de goût, moi c'est ça qui me plait mais ce n'est que ma vision de la chose.





Pourrais-tu nous parler un peu du label Intervision ?


Avant d'être un label d'une immense qualité c'est surtout de véritables amis, et je pense que c'est important d'en avoir dans ce milieu ou la fausse sympathie règne en maître!

Ensuite pour en revenir au label en lui même, j'aime énormément le fait que ce ne soit pas un énième label de techno ultra formaté comme pleins d'autres à Paris et ailleurs. On peut y trouver des releases variées et qualitatives allant de la musique expérimentale à l'ambient, en passant bien sur par la techno, l'EBM ou encore la wave.

C'est la famille!







Qu’est ce qui te manques le plus lorsque tu étais booké en soirée? Quel était ton créneau favori ?


Les backstages!

Non plus serieusement sans tomber dans le trop évident, l'échange avec l'audience et la montée d'adrénaline.

Je n'ai pas vraiment de créneau favori, je dirais plutôt au milieu de la nuit, le fameux "peak time", c'est le créneau dans lequel j'ai le plus joué et que j'ai le plus aimé.




Tu me parlais de la Géorgie et ses clubs récemment devenus mythiques! Qu’est ce qui te séduit le plus dans cette scène ?


Oui la scène Géorgienne est en train d'emerger et est à mon sens extrêmement qualitative! Je pense des artistes comme OTHR, Puritan, Downwell, Vulkanski ou encore Ćyan ID qui sont vraiment interessants.

Les clubs aussi ont l'air incroyables, le KHIDI notamment qui a pour résidents Ancient Methods, Phase Fatale, Vatican Shadow, Fiedel et d'autres, des artistes qui jouent une musique à des années lumières de ce qui est proposé aujourd'hui à Paris.

J'espère pouvoir y jouer quand les choses rentreront dans l'ordre, ce serait un honneur!


Tu es également officiellement un fashion EBM producer avec une sortie sur un EP de EGONlab! Comment s’est passée la collaboration et que penses-tu de cette association entre mode et musique électronique?


En effet! les créateurs d'EGONlab sont de très bons amis, ils sont aussi a fond dans le son et quand ils ont eu l'idée de faire un v/a pour accompagner leur collection, j'ai trouvé l'idée très bonne et la collaboration s'est faite naturellement. C'est un projet assez familial.

L'association est à mon sens intéressante! Je trouve la démarche enrichissante pour les créateurs comme pour les artistes et je suis vraiment heureux de ce projet.





Quelles sont les prochaines sorties à venir?


Beaucoup de choses, je travail en ce moment sur plusieurs sorties vinyles qui verront le jour cette année a priori, probablement un album mais aussi sur mes autres projets notament OUR | BROKEN | DREAMS qui est mon projet de wave ou encore SCHADENFREUDE, mon projet en collaboration avec mon ami Gewalt, tout ça prend le temps qu'il faut mais cette année devrait être riche en sorties!


Est-ce que tu aurais 3-4 artistes à nous faire découvrir ? 3-4 tracks ?


Gewalt - The Unknown



Size Pier - Champion's League



Second Tension - Schisma



Black Dahlia - Last Night In Belgium



Death In June ‎– In Sacrilege




Autre chose à nous faire partager (Livres, Films, Documentaires etc..)?


L'œuvre d'art et ses significations d'Erwin Panofsky


Le toucher des Philosophes de François Noudelman


Capitale de la Douleur de Paul Eluard


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