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  • cesarloubard

#Newtrack : The Message (Paris)


Nous vivons dans une époque de partage. Dans une époque où 1 minute sur Internet représente 500 heures de vidéos mises en ligne sur Youtube, 347 222 stories Instagram crées, 208 333 participants à une réunion Zoom, notre génération est la fidèle incontestée du Dieu Partage. Ce désir de jouer un rôle dans cette grande symphonie humaine nous est irrésistible et ce désir s'abreuvent de notre soif abondante de partager, d'interagir et d'échanger.


C'est d'ailleurs une des clés de notre développement à tous : Du partage de connaissance agricole, en passant par le partage du savoir du Siècle des Lumières, jusqu'a la naissance de Wikipédia, la notion de partage est ce qui lie les vivants entre eux. Il est le symbole de notre évolution et ce qui cause actuellement notre chute est justement cette absence de partage, que ce soit entre nous ou avec la biodiversité qui nous entoure.


Mais tout Seigneur a son rival. Le partage au point de vue d'internet se confronte à la dictature du like dans un combat dantesque. Le partage est tel Chronos, soucieux de son fils Zeus qui lui vole la vedette qui souhaite renverser le pouvoir en place. Ce qui a fait le succès d'internet c'est le "share", symbole du partage de connaissances illimitée facilité grâce au fameux "www." (WorldWideWeb). Ce "share" représente pour moi l'aboutissement du siècle des lumières et de l'humanisme avec comme preuve de notre réussite l'existence d'un concept comme Wikipédia : L'encyclopédie libre.

Les réseaux sociaux sont arrivés après et nous ont emprisonnées dans la suprématie du "like". En apportant une unité de mesure injuste à notre valeur et à ce que nous sommes réellement, le like est arrivé comme une figure de division, de classification et de jugement. C'est la notion de like qui pousse à la dépression, qui malmènent l'amour-propre et qui nous éloigne de ce qui fait que nous sommes humain : le partage dans son absolue simplicité et pureté.


Affranchissez-vous du like, et libérez vous de ses diktats en partageant ce que vous aimez vraiment sans le mesurer au nombre de like qu'il peut générer. Partagez indépendamment du like mais guidé par l'amour sincère que vous portez à ce que vous partagez.

La devise de Newtrack (ndlr: we share what we love) s'inscrit parfaitement dans cette utilisation juste de la notion de partage : sincère, honnête, affectueuse et tellement plus efficace. L'amour inconditionnel qui traversent les coeurs de l'équipe du collectif parisien est motivé uniquement par cette envie irrésistible de partager autour de valeurs communes


Et puis quand toute l'équipe de Newtrack se retrouve face à la scène pour le closing, le like enfin s'éloigne, le partage reprend ses droits et indique avec tendresse à l'amour le chemin à suivre...


Newtrack pour Radio Loubard





Salut Antoine ! Comment s’est passé votre été ? Pas eu trop le temps d’enfiler des birkenstock à la plage non ?


Salut César ! Haha, l’été s’est vu très très intense mais surtout très riche ! En tant qu’organisateurs on s’est pris 2 ans de production et de progrès dans la gueule en 2 mois. Très instructif !


Pourrais-tu nous parler de la genèse de Newtrack et de sa vie actuellement ?


Newtrack c’est un collectif de potes né en 2012 avec la vague Concrete. On a commencé avec Le Point Éphémère puis rapidement orientés nos actions vers des résidences au Rex ou au Glazart ! Je pense que depuis le début on a du aller dans une bonne vingtaine de clubs.

Newtrack c’est notre bébé qui a su grandir aussi notamment avec Alternative Project qui est la version “hors les murs” de Newtrack ; des évents plus ambitieux notamment aux Portes de la Villette, à Nanterre et surtout le Paris Event Center, avec les 5 ans du collectif, qui a réuni plus de 9 000 personnes !

Actuellement, nous avons eu une nouvelle résidence au Nexus, et même si le collectif vient au départ des clubs, il est constamment en évolution et ne se limite pas vraiment à un format défini. Le roster de résident commence également à être de plus en plus solide. Notre objectif est d’accompagner les gens mensuellement, d’être tout le temps présents et Border City représente bien ce que l’on a souhaité asseoir depuis 2 ans : apporter des surprises ! On veut faire bouger les choses !




Quel est le mantra ou les valeurs qui se rattachent le plus à Newtrack ?


Je pense que notre punchline est celle qui nous ressemble le plus (ndlr We share what we love). On veut faire aimer les gens et nous ne sommes pas attachés à un certain style musical, ce qui représente une des forces du crew.

Sincèrement, on fait ce qu’on veut et on fait découvrir à notre public beaucoup de choses dans une ambiance bon enfant. Nous avons aussi une grosse population féminine, nos événements se doivent d’être des safe places, on veut que notre public se sente comme chez lui, en sécurité et dans un lieu agréable. On considère notre communauté comme nos petits frères et petites soeurs et l’on souhaite avant tout qu’ils découvrent et vivent de belles choses.


Vous avez souvent à coeur d’apporter un certain éclectisme dans vos programmations, en ne se cantonnant pas à un seul style particulier. Que peut vous apporter ce choix artistique ?


On sait qu’il y a des populations qui sont attachées à des styles musicaux en particulier. Nous on ne veut mettre personne à l’écart. Notre public est plutôt jeune et très énergique, mais on veut aussi s’ouvrir à d’autres générations, notamment les plus de 30 ans. Dans l’absolu on veut surtout que tout le monde puissent y trouver son compte.





La plupart de vos événements s’inscrivent dans une certaine cohérence, en partie avec des soirées dans le même lieu. La notion d’espace et d’appropriation de celui-ci peut permettre une certaine confiance et liberté. Que peut vous offrir cette relation de confiance avec ces différents lieux ?


On a eu notre première résidence au Point Éphémère. Ils nous ont donné notre chance, avec certaines conditions, et surtout avec au départ un jour particulier pour la fête : les mardis. Ils ont fait preuve d’une confiance totale sur le lieu et sur les horaires et on a fait 600 personnes le premier jour. Le Point F nous a, par la suite, laissé carte blanche. On a pu s’approprier pleinement les lieux, on y a apporté notre son et notre univers avec la possibilité d’inclure 2 salles. Et ces deux salles, house et techno, nous représentent parfaitement. C’est un peu l'amour et la violence. On a autant envie que les mecs qui sortent du taf en chemise pour venir boire un petit verre autour d’une progra house- disco finissent avec la cravate sur le front un peu plus tard sur de la techno !

C’est ça qu’on voulait représenter dans chacun de nos spots en fonctionnant avec cette dualité : Paradis et Enfer.


J’ai trouvé que vous avez eu beaucoup de courage et de conviction pour mener à bien ce projet. Quel est l’historique du projet et comment s’est déroulé cet été ?


De base on devait faire avec BNK nos anniversaires mutuels dans un grand hangar et réaliser vraiment un gros évent. On s’est retrouvés chacun en PLS, mais BNK avait un lieu et nous une entité. On a créé ensemble un univers et mutualisés tous nos partenaires. C’était un travail d’équipe qui a fait naître un beau bébé !

On a pu ouvrir tranquillement le 11 juillet une fois que le dossier était passé. Seulement il y a eu rapidement un nouveau décret. On s'est donc fait restreindre comme tout le monde. On a tout de même obtenu une nouvelle autorisation de rouvrir avec une jauge de 500 personnes maximum.

S’en est suivi une longue bataille avec nos danseurs pour faire respecter les nouvelles normes sanitaires. On passait des heures sur la piste pour faire mettre les masques, éduquer les gens, et au fur et à mesure c’est rentrer dans les moeurs. C’était un vrai travail de longue haleine : posts Facebook, affiches, brigades bénévoles dédiées au Covid. Beaucoup de travail qui a finalement fini par payer.





Vous existez depuis 2012 et avez vu la scène parisienne grandir avec. Quel changement ont-ils pu être opérés à ce niveau et que pensez-vous de l’atmosphère actuel qui flotte sur Paris ?


En 2012 c’était plus simple. On sortait de 10 ans où la scène club se résumait à être habillé en marques de luxe et poser des bouteilles de champagne sur de l’EDM. La Concrete est arrivée avec du “venez comme vous êtes, tant qu’il a de bonnes vibes”, et ça nous a tout de suite fait kiffer. C’était une époque géniale parce que pour faire un évent de musique électronique il fallait juste poser du son dans un joli lieu et ça cartonnait !

D’autres générations sont arrivées avec plus d’attentes et on a du améliorer la qualité et continuer à travailler pour exister et obtenir plus de confiance de la part de notre public. Avec la multiplication de nouveaux collectifs et des demandes tout en voulant proposer un peu plus que le voisin, ça a permis aux promoteurs de monter le niveau et de diversifier les attentes.

On arrive à une génération de plus en plus exigeante accompagnée d’une multitude de soirées. Une part de cette concurrence était négative et a mise de côté beaucoup d’acteurs qui travaillent légalement.

Je m’explique : travailler de manière 100% légale implique de fortes contraintes logistiques comme des charges à payer et des impôts à déclarer, ce qui inclut le fait que l’on ne peut pas baisser le prix des entrées ou des boissons si l’on veut assurer la continuité du collectif. Les soirées illégales ont juste besoin d’un gros entrepôt avec beaucoup de sons, t’as le droit de consommer ce que tu veux dans la boîte et le collectif ne déclare évidemment rien. Le public qui a connu cette liberté se tourne vers l’underground et à tendance à délaisser cette scène dite légale.

Nous participons financièrement à la vie de notre scène, on y est acteurs et également responsables. Tout ça amène à une multiplication des risques et a des histoires de DJ ou de prestataires non rémunérés...

Ce qui est assez triste c’est que la scène underground a énormément apporté mais met également un couteau dans le dos à ce niveau. Tout ça c’est aggravé avec la crise du Covid et a effacé toutes notions de responsabilité de la part de ces acteurs.

Les danseurs n’ont évidemment pas ça en tête, mais on se se tue à faire les choses dans les règles de l’art pour continuer d’exister et le rôle que ça implique ne peux pas nous permettre de faire ce genre de choses. Pareil pour le son, évidemment qu’on a envie de monter le son mais nous ne pourrions plus du tout en passer si nous faisons pas les efforts nécessaires. On aussi envie d’aller voir tous ensemble le gouvernement, mais cette division ne le permet pas. De plus, le gouvernement se sert du côté négatif et supposé irresponsable de la scène en la décrédibilisant et en justifiant des mesures injustes et abusives pour tout le monde.

Cette dualité entre la scène underground et légale est particulière, mais nous avons tous envie de changer les choses ensemble, pas d’aller à reculons en nous dissociant.




Vos événements n’hésitent pas à ramener des gros noms de l’industrie, croisés aussi avec des artistes de la scène locale. Cette ambition est-elle née dès le départ de Newtrack ?


Avant tout, je suis fan de musique ! Au début, on avait pas les moyens, mais chacune de nos résidences ont été traitées d’une manière différente. Pour Border City on a eu la chance d’avoir une large possibilité pour les booking, tout le monde était disponible et prêt à faire un effort sur les cachets.

On a toujours eu cette ambition : mettre un gros artiste qui va ramener beaucoup de monde, et le coupler à des artistes émergents qui sortent de la scène locale. Pour qu’un jeune artiste puisse jouer devant 1500 personnes faut aussi ramener des gros noms ! Ce qu’on veut c’est faire connaître les artistes qu’on aime à travers d’autres artistes. On avance et grandit ensemble !




Votre devise est “We share what we love”. Que représentent pour vous ces mots ? Et dans quelle manière vous les appliquez à votre travail ?


On aime la musique et on aime aussi la fête. C’est tout.

Un exemple que je peux prendre c’est l’analogie du camping. Tu sais, c’est le mec qui en plein festival va juste passer son temps au camping pendant que d’autres passent 8h dans le son et juste pour le son. Il y a vraiment cette double clientèle et c’est pour ça qu’on essaye de pousser ça à chaque fois et que ça a bien fonctionné à Border CIty. On voulait qu’il y ai des tonnes d’activités. C’est un truc qu’on aime toujours avoir, c’est le côté teuf et déconnade ! Sur le stand mariage, un mec est venu me dire qu’il a fini par se mettre en couple avec une fille qu’il a rencontré, et ça c’est le genre de message qui nous donnent envie de continuer !

On aime l’amour, la fête, et passer des bons moments ensemble, c’est notre leitmotiv chez Newtrack.




Malgré de nombreux événements à votre actif incluant de nombreuses personnes, vous gardez néanmoins un statut associatif. Pourquoi ce choix et que peut signifier plus largement le mot association au sein d’un collectif comme Newtrack ?


“Association” c'est ce qui représente le plus le mot “collectif”. Nous somme un collectif. Il y a les organisateurs, les DJ, les vidéastes, les photographes, les graphistes... c’est un amas de jeunes talents qu’on fout dans une même boîte.

On bosse avec pleins de profils différents ! On a environ 70 RP qui partagent nos valeurs et nos événements. Ces gens là sont dans le collectif au même titre que les DJ résidents. Ils appartiennent vraiment au collectif. S'ils ont besoin d’un stage, on s’entraide ; si on peut faire quelque chose pour un membre on fait tout ce qu’on peut. C’est la Newtrack Family, ce sont nos valeurs, on est grande famille rassemblée autour de la musique.



Quel est le moteur et l’élément déclencheur de votre engagement après 8 ans de Newtrack ?


Parce qu’on a pleins de beaux projets et qu’on ne s'ennuie jamais ! On n’hésite pas à diversifier notre activité. Avec le Covid on a commencé à faire de la location de Soundbox par exemple. Comme les clubs sont fermés on veut ramener la teuf chez les gens ; tu prends ta petite Soundbox et tu ramènes directement la musique à la maison.

Pour l’avenir, on aimerait bien ouvrir un autre lieu. On veut pouvoir transmettre les valeurs qui nous animent tous les jours et être au plus près de notre public.


(ndlr : Pour accéder au pack soirée rdv ici )


Newtrack dans 3 ans c’est quoi ?


Un lieu fixe, un label, une agence florissante, le nouveau Uber de la fête avec notre pack soirée ! On veut foutre le zbeul partout !


Vous n’auriez pas 3-4 artistes à nous faire découvrir ?


Notre photographe adoré, Clément Bény. Deux graphistes talentueux avec qui on adore collaborer, Clément Barbé et Iris Descatwod. Et enfin deux DJ qui sont résidents chez nous et que ne se lasse pas d’entendre, OPÄK et Töm.


Toutes les photographies utilisées dans cet article ont été prises par Clément Bény






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