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  • cesarloubard

#SoeursMalsaines : The Message

"La provocation est l’action de provoquer quelqu’un, de le pousser à commettre une intervention blâmable, une infraction, c’est un fait ou un geste destiné à exciter." selon ACI, Avocat en droit pénal sur Paris.

C'est bien la première fois que j'utilise le code civil pour étayer un propos, ce livre étant mon livre de chevet depuis mes 7 ans et demi, il était temps que je m'en serve!


Si je vous parle de ce bouquin peu agréable à la lecture c'est parce que les Soeurs Malsaines qui le connaissent également par coeur souhaitaient en créant le collectif "provoquer le fun" dans nos regrettées soirées techno.

Si cette "intervention blâmable, cette infraction, ce fait ou encore ce geste" était destiné à exciter quelque chose, c'est bien cette envie irrévocable d'aller chercher quelque chose d'autres, d'aller vers une forme d'idéal.

En voulant créer des soirées ou elles avaient envie d'aller, elles sont allées provoquer ce fun en perdition, ayant l'ambition démesurées d'exciter, de provoquer leur idéal.


L'idéal est pourtant un inégal de tous.tes, conçu et représenté dans chaque esprit d'une manière différente, dans l'incapacité de pouvoir être perçu par ce qui est vulgairement "le sens commun". Mais le sens commun ne nous a jamais prouvé qu'il était le frère de la liberté, le commun des mortel est un concept ennuyant et réducteur manquant clairement de diversité et de pluralité.


Si le sens commun ne nous intéresse guère, l'idéal commun peut, en revanche, se targuer d'un charisme attirant inlassablement nos hormones de bonheur. Si une histoire ou un roman peut s'écrire seul, un monde idéal ne se bâtit qu'à plusieurs! Faites plaisir à votre dopamine et entourez-la d'ami.e.s, stimulez-la à plusieurs et offrez lui le plaisir ultime de l'orgasme du rêve commun.


Soyez aussi bancal, déviant, provocateur, absurde, déséquilibré, malsain que vous le souhaitez mais surtout soyez ensemble. Ne renoncez pas, choisissez.


Soeurs Malsaines pour Radio Loubard




Salut les Soeurs Malsaines ! Comment ça se passe un peu ? J’ai pu vous rendre visite dans une maison un peu particulière non…?


Coucou ! Alors ça se passe avec plein de crousty news, dont cette nouvelle maison du bonheur dans laquelle nous avons emménagé et aménagé un atelier pour travailler. Ici on va faire plein de trucs : un petit potager, un bain nordique, la touf, élever des poules, s’échanger nos mst (nan je déconne), des émissions de télé, re la touf, de l’art et de la culture avec un gros Q. On va se mettre tarpin bien quoi.


Pourriez-vous nous parler de l’histoire du collectif et de vos principales activités à présent?

Historiquement Soeurs Malsaines a voulu rendre la fête plus fun et plus légère, à l’origine le collectif était pas vraiment basé sur la musique, mais par la mise en place d’happenings, d’animations, de jeux, de scénographie, et de performances nous voulions donner un espace propice à l’imaginaire, la surprise, la rencontre et l’amusement dans les lieux festifs. Depuis 2015 nous accompagnons des artistes, djs et producteur.rice.s qui souhaitent développer des compétences mais surtout s’épanouir dans une nouvelle pratique artistique.

Depuis 2019 nous avons un atelier et des bureaux, ce qui nous a permis de réaliser de plus gros projets et de nous professionnaliser en nous donnant un espace de travail et de création pour toute la famille SM.

Et là en 2020 on se demande si on devrait pas faire des cultures de champignons parce que c’est un peu la merde hein.





Qu’est ce qui a motivé votre envie de créer ce collectif ?


Bousculer un peu les soirées parisiennes, pédantes et clichées à mort à l’époque où on a créé le collectif. C’était option 1 : warehouse bétail techno ou option 2 : club avec line up à 4k et gros titre sur les DJ. Pas très rigolo en soit, donc dans un premier temps c’est ce qui nous a motivé : provoquer le fun. Rire et faire rire, puis surprendre, provoquer et bousculer le public, tout en le mettant à l’aise pour le positionner en tant qu’acteur.rice de sa soirée, qu’il.elle s’en empare. En fait de manière hypra égoïste on a voulu créer des soirées auxquelles on aurait souhaité aller.



Vous avez été finalement coupé dans votre élan en grande partie à cause du covid. Comment avez-vous pu utiliser ce temps à votre disposition ? Qu’en avez-vous pu retirer au sein du collectif ?


Le coco il a pas réussi à nous couper dans notre élan, certes c’est devenu plus compliqué surtout à cause du gouvernement, mais finalement on a pu se poser 5 min sur notre manière de produire la fête et ça nous a permis de proposer autre chose. Avant le covid on avait une sacrée cadence qui usait un peu tout le monde sans qu’on s’en rende forcément compte. Maintenant on prend le temps de réfléchir à des projets plus conséquents, plus complets. C’est peut-être encore plus stressant car chaque projet est un coup de poker alors que la situation est super incertaine mais ça nous donne encore plus envie de nous défoncer (pour organiser des teufs hein parce que je te vois venir). Du coup touuuuuut ce temps nous a encore donné l’occasion de se remettre en question et ça c’est important pour avancer.


La dimension pluridisciplinaire de SM est très forte et se ressent dans une approche globale que l’on évoquera tout au long de cette interview. Que représente la notion d’engagement et de partage de valeurs pour un collectif comme vous ?


En gros ça veut dire rester toujours curieux.ses. Véhiculer nos valeurs et les défendre implique une grande responsabilité vis-à-vis des personnes qui nous suivent. Être fidèle à ce que l’on pense.

Pour être très honnêtes au début on voulait juste faire la fête et on aimait parler cul. Et puis à mesure, le collectif et ses membres ont évolué.es. À force d’être témoins d’inégalités, d’injustices, d’insécurité dans notre propre milieu on a commencé à remettre en question la fête, puis le monde, et surtout nous-mêmes. Ce sont ces questions que l’on veut transmettre, sans jugement, sans donner de leçon.

On essaye également du mieux que l’on peut de travailler avec des lieux, collectifs qui partagent ces mêmes valeurs et ces mêmes questionnements.





Vous me parliez d’aller à l’encontre de ce côté très “sérieux” du monde de la Techno alors qu’il est sensé prôner totalement l’inverse. Est-ce que, de part l’univers et la mentalité de SM, vous avez voulu proposer un autre modèle de soirée ?


Absolutely ! On avait pas du tout envie de se prendre au sérieux, même si finalement c’est un vrai taff, on taffe pour la teuf, du coup ça reste de l’oxygène pour le cerveau, du repos, du temps “Out of Order”, donc détente, on est là pour se marrer, on est là pour kiffer. Je ne sais pas si on a réussi à proposer un autre modèle de soirée, mais en tout cas on essaye. On ne se prend pas au sérieux mais on fait les choses sérieusement.



La thématique du sexe est assez présente dans vos posts sur les réseaux ou sur des stands intégrés dans vos soirées. Quelle est l’envie derrière et l’objectif désiré via ces actions ?


Dédé ! Désacraliser - Dédramatiser - Débattre - Défendre - Débloquer le dialogue surtout.

Et l’objectif ça va être de pouvoir communiquer de tout ce qui nous gêne, nous interroge, sans tabou, avec franchise, c’est comme ça que tu te rends compte que t’es pas tout.e seul.e, que ton voisin il pense pareil, que ta voisine elle le fait aussi.


L’âme féministe engagée est rapidement reconnaissable chez Soeurs Malsaines ! Ce qui peut différer d’autres acteur.rice.s c’est le ton humoristique choisi pour engager le débat. Pourriez-vous nous parler de votre engagement, de la manière dont vous le partagez, et pourquoi choisir cette approche ?


Parce qu’avec une petite blague tout passe mieux, on est pas à l’école, ça reste la teuf et le fun donc on fait passer nos idées et nos valeurs féministes avec notre désinvolture et notre charme beauf parce qu’on est comme ça aussi. On adore l’humour. Et les meufs.

On a choisi aucune approche en réalité parce que c’est simplement notre manière de nous exprimer. On pense que quelques soient les thèmes abordés on peut en parler à notre manière et sans prétention.



Vous me parliez également d’un manque de parité et de pluralité du côté des orgas. Que pourrait apporter plus de diversité et d’éclectisme de ce côté ?


Plus d’égalité ? la représentation de toustes ?

Parce que la teuf c’est pas que de la house-mâle-cis-blanco.

La teuf elle est juteuse, elle est hard, elle est douce, elle est crade, elle est jaune, elle est rouge, elle pue, elle sent bon, elle commence à 8h ou finit à 7, elle est gratuite ou à 20 balles (non jamais de la vie), mais surtout elle est plurielle et si nous ne sommes pas toustes représenté.es on ne peut pas s’y sentir bien, intrégré.e et safe. Sans diversité ce n’est pas une fête c’est une réunion de BDE d’école de com.



Ce qui est super cool avec vos événements, c’est que le public s’embarque dans une certaine continuité et vous suivent sur vos différents événements ! C’est comment de pouvoir se balader avec sa roulotte à potes ?


Un dream qui come true.

C’est le feu ! Chaque week-end tu te retrouves (retrouvais plutôt) pour faire la fête avec tes potes et chaque week-end il y en a de plus en plus. Et le mieux dans tout ça c’est qu’on travaille tous les jours à ça. On a l’impression d’être entouré.es d’une grande famille, joyeuse, diverse, aimante. Parfois gênante aussi.




Est-ce que vous jouez un style musical particulier ?


Jamais de la vie, on se ferait chier. On est pas des aficionados, on aime la musique oui, mais ce qu’on aime par dessus tout c’est l’énergie que celle-ci nous renvoie. Mais aussi les messages qu’on peut transmettre avec elle. Du coup en fonction de l’humeur, du lieu, de l’heure, des dj, de la société, de la pluie et du beau temps, bah ça pourra passer de la hardcore, du rock choucroute, de la transe goa, mais aussi de la disco, de la dance ou de la chanson française. Ça passe ou ça casse, on a peur de rien.



Soeurs Malsaines dans 3 ans c’est quoi ?


Une putain de communauté de babos en claquettes chaussettes qui fera pousser ses poireaux et qui remuera la terre à gros coups de pieds et de beats. Non plus sérieusement on a un peu du mal à se projeter en ce moment (va savoir pourquoi lol), mais idéalement on espère être encore àl dans 3 ans, un poil plus adulte avec d’autres responsabilités et peut-être plus au sud sur la carte de France. Maybe on aura notre propre lieu avec nos propres règles, t’imagine la Maison SM ça serait le fuego.

Et d’ailleurs, entre nous bien sûr, ça vient d’où le nom Soeurs Malsaines ??


D’une session de montage vidéo dans un aquarium de fumée, sur un malentendu au moment de choisir notre nom d’artiste au générique, parce que Soeurs Olsen c’était déjà pris, et Soeurs Malsaines ça résonnait bien. On a innové, Start-up Nation.


La start-up nation selon les SM


Vous n’auriez pas 3-4 artistes à nous faire découvrir ?


Perrel : DJ et Productrice de space et dark disco




X-coast : Producteur serbe, très old school rave mais surtout bien hybride !



Rroxymore : DJ et productrice berlinoise. Elle fait un carton sur Berlin. C’est très breaké en général et bien planant



Irène Drésel : Productrice française, techno printanière et bien deep deep, on adore son univers



Charleeps : Dj et productrice française. Elle est plutôt tournée vers de la deep acid house ça envoie du gros patey bbey




3-4 sons ?









Autre chose à nous faire partager (Films, Livres, Documentaires etc…-)


Documentaire : On ne naît pas féministe - Ludivine Tomasi


Livre (BD) : Les Sentiments du Prince Charles de Liv Strömquist


17/ Vous voulez faire une dédicace à la Skyrock en 2009 ?


Sisi spécial kassdédi à toi Marseille bébé avec DJ13nrv




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