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#StrippClub : The Message (Toulouse)

Nous sommes condamnés par la suprématie de l'objectif. Comment être le.la plus beau.belle ? Comment être le.la plus riche ? Comment avoir les plus beaux muscles ? Comment avoir plus de followers ? A toutes ces questions, nous pourrions surtout répondre par une autre question : Comment être surtout moins con ?


Car oui, dans cette dictature de l'objectif, seul perdure des concepts obsolètes et hors propos de réussites. Avant tout aventures et propositions supplémentaire d'argumentation, je n'oublie jamais d'ouvrir mon livre de chevet, le Larousse afin de trouver la définition de. "réussite".

Ivre de savoir et fasciné par la littérature unique de ce fameux livre, mon ami de toujours ne me déçoit pas et me souffle cette explication :

Succès (de qqch.)/ Fait, pour qqn, de réussir ou d'avoir réussi. Exemple : "La réussite d'une expérience"


A présent sur mes appuis Laroussien, me voila clair sur la situation de ce mot et rassuré par la véracité fondée de mes futurs propos.


Car la proposition de modèles de réussites ne s'étend pour l'instant en grande partie que comme réponse aux premières questions énoncées en début d'introduction. La réussite, selon le Larousse, s'appliquant pourtant comme un sentiment unique, sincère et propre à chacun. Chaque expérience étant vécu personnellement, sa réussite en dépend donc du ressenti et du souvenir de cette expérience, pas par une vérification extérieure d'une réponse à un objectif.


L'élève qui, heureux de sa dissertation ou de son dessin, sera pourtant noté et jugé par un.e professeur.e comme garant ou non de sa réussite. Cela influencera bien sûr le ressenti de l'élève sur son expérience. Si j'ai une mauvaise note, ai-je réussi ?

La question du ressenti de l'experience disparaissant fatalement dans les méandres et les brumes du résultat.


Fatalité qui, dans le monde professionnel et les attentes modernes ne fait qu'amplifier. La réussite dépendant également d'un score social attribué en fonction d'un classement référentiel de succès.

Le problème réside dans la motivation d'une expérience : Est-elle est motivée par des désirs personnels ou par une validation extérieure ?

Combien de personnes ont "réussi socialement" mais échoue inévitablement dans leur relation au bonheur et à l'épanouissement personnel ?


A cela, Camille, auteur de Stripp Club semble avoir une motivation bien loin des passionnants bouquins de management moderne. A la question "Quel est ton objectif lorsqu’une personne regarde tes strips ? Il répond : Que cette personne rigole ! C’est vraiment l’objectif premier"


Pourquoi nos objectifs ne pourrait pas être celui de Strip Club ? Viens on se marre, viens on le fait pour se marrer, viens on y va, on verra après ! Motivé par l'émotion la plus humaine qui soit (se marrer) rien ne peut vous arriver ni vous détourner du chemin que vous avez tracé. N'oublions jamais, mes cher.e.s frères et soeurs que nos réussites et échecs n'existent que selon notre vision et conception de ces deux amis ou ennemis.


Et puis franchement, si je vous invite à aller boire un coup ou à monter une boite, comment préfériez vous que je vous présente mon invitation, vous avez 2 choix : Viens on réussit ou viens on se marre ?

"Alea jacta es", les dés sont jetés !


Stripp Club pour Radio Loubard




Hello Camille ! Très heureux de recevoir pour la première fois sur Radio Loubard un dessinateur de BD ! Qu’est ce que tu racontes de beau ?


Salut ! Merci pour l’invitation ! Ben écoute moi ça va bien, aujourd’hui il fait beau à Toulouse donc c’est plutôt chouette.


Pourrais-tu te présenter pour nos très cher.e.s lecteur.rice.s du jour ?


Je m’appelle Camille Blandin, j’ai 23 ans, je vis et travaille à Toulouse. Après un cursus de cinq ans en design graphique à l’institut supérieur des arts de Toulouse (isdaT), je travaille en tant qu’illustrateur et auteur de bande dessinée depuis fin 2020.


Comment es-tu arrivé dans l’illustration et la BD ?


Je dessine depuis que je suis tout petit. J’ai commencé à me dire que j’aimerais en faire mon métier quand j’étais au collège, et à ce moment-là, je dessinais beaucoup de petites histoires en BD. J’ai continué à en faire au lycée, puis, après un bac littéraire, j’ai passé le concours d’entrée aux beaux-arts de Toulouse, que j’ai eu. J’ai donc fait cinq ans d’études dans cette école, de 2015 à 2020. J’ai un peu laissé de côté la bande dessinée au début de mes études, en découvrant tout ce que les ateliers pouvaient offrir et en me concentrant plus sur l’illustration et le dessin seul.

Je suis revenu à la bande dessinée en second cycle (4e et 5e années) avec l’écriture de mon mémoire. J’ai lancé le compte @strrripclub en décembre 2019, donc en début de cinquième année, et depuis, la plupart de mes projets sont dans le champ de la bande dessinée.




N’était-ce pas délicat ou compliqué pour toi de faire de la BD au beau milieu des beaux-arts ? Le dessin de BD n’étant pas celui le plus mis en avant non ?


En effet, la bande dessinée n’est pas une discipline enseignée aux beaux-arts de Toulouse. L’école la plus réputée pour ça est bien sûr celle d’Angoulême, la ville de la BD. Malgré ça, je voulais tout de même arriver à faire de la BD dans le cadre de mes études. J’ai donc écrit mon mémoire sur la question sonore en bande dessinée, ce qui me permettait d’étudier des ouvrages de bande dessinée par le biais du design graphique, notamment grâce aux onomatopées. Il est d’ailleurs consultable ici sur le site Memo, plateforme de diffusion des mémoires de design graphique lancé par Pauline Duret et Lou Lefrançois, deux anciennes étudiantes de l’isdaT.


Quelles sont tes inspirations majeures dans la BD ? Lequel nous conseille-tu le plus de découvrir ?


En BD, pour ce qui est de l’humour, je pense que les auteurices qui me font le plus rire sont Anouk Ricard, qui a un univers très coloré et très très très drôle, Philippe Valette, auteur de Georges Clooney et Jean Doux et le mystère de la disquette molle, ou encore Antoine Marchalot, qui me plie de rire, et qui a un univers visuel qui me parle beaucoup. Il y a aussi Fabcaro, que j’ai découvert plus récemment, avec un humour que j’ai trouvé assez proche du mien bien que dans un style graphique complètement différent. Dans un registre tout autre, je redécouvre en ce moment les Gaston de Franquin, et je dois dire que j’y suis très attaché, parce que j’ai grandi avec ces albums, et que je les trouve toujours aussi beau aujourd’hui, et avec un humour qui n’a pas si mal vieilli.


Visuellement, mes sources d’inspiration se placent plutôt dans la littérature jeunesse, en particulier chez les auteurices de L’école des loisirs. J’ai grandi avec ces albums et depuis quelques années je les redécouvre, pour me rendre compte que certains sont de véritables chefs-d'œuvres. Pêle-mêle, je citerai Grégoire Solotareff, Alain Le Saux (pour son humour aussi), Mario Ramos, Nadja, Philippe Corentin, Stéphanie Blake, Anthony Browne, et bien sûr Tomi Ungerer…


Quel est ton objectif lorsqu’une personne regarde tes strips ?


Que cette personne rigole ! C’est vraiment l’objectif premier, et la raison pour laquelle je ne me mets pas de limites concernant les sujets abordés. Après, j’ai fait des études artistiques et je suis également illustrateur, j’essaie toujours d’avoir un rendu visuel qui me plaise, en plus d’expérimenter différentes techniques. En ce moment, je commence à travailler des dessins à la plume avec colorisations à la tablette, et j’essaie de travailler de nouveaux ombrages au feutre pour strrripclub.




Ce qui marque tout de suite dans ton style c’est le décalage entre des visuels enfantins et des sujets qui le sont un peu moins haha ! Cela participe à l’effet recherché non ?


Tout à fait, je trouve que ce décalage ajoute un effet humoristique de surprise à la première lecture. Mais c’est aussi parce que mon univers visuel est, comme je l’ai dit plus haut, très inspiré de la littérature jeunesse depuis toujours. Mon style de dessin est antérieur à l’écriture d’histoires drôles.


Comment viennent les idées car les sujets et les personnages sont sans limites ! Quel est ton processus créatif ?


Ce que je fais, c’est que je me fixe sur un sujet, qui peut aller de “éléphant” à “péter sous la couette” en passant par “jeter un papier dans la rue” et que je creuse ce sujet jusqu’à en tirer (ou non) un scénario qui me convient. J’ai donc des notes avec des listes de mots ou d’idées courtes auxquelles je me réfère pour écrire mes histoires.




Tu me disais qu’Insta avait un fonctionnement et une expérience utilisateur.rice.s qui offrait une nouvelle façon de raconter une histoire via les strips. Quelles nouvelles possibilités et effets ont pu apporter la “digitalisation” des strips ?


Ce qui est assez nouveau, c’est qu’on peut montrer une case seule sans avoir la suivante sous les yeux. Ça crée de nouvelles formes de narration car on peut créer un effet total de surprise sur une chute, étant donné qu’on n’a pas la planche entière sous les yeux. L’effet de surprise est évidemment possible sur une planche de bande dessinée classique, mais les façons de le gérer sont complètement différentes.


Les réseaux sociaux ont également rendu accessible à un plus grand nombre la culture strip ou de la bédé à des personnes qui n’iront pas forcément en librairie ou à Angoulême ! Qu’est ce qu’à pu changer l’apparition d’Instagram dans la bédé ?


Je ne sais pas si c’est l’effet Instagram, mais en tout cas l’effet Internet (je vois un peu les comptes BD comme le mien comme des héritiers des blogs BD des années 2000, début 2010). C’est un des aspects chouettes des réseaux sociaux (même si, on ne va pas se le cacher, il y a beaucoup d’aspects pas chouettes du tout) : beaucoup de personnes peuvent s’ouvrir à un univers avec lequel ils ne sont pas familiers de prime abord. Je trouve d’ailleurs ça assez drôle, parce que si je sors un strip sur le foot par exemple, en utilisant des hashtags en conséquence, j’ai bien souvent des footballeur.euses qui s’abonnent à mon compte. C’est le sujet d’un strip qui va les intéresser, puis finalement découvrir le reste de mon travail. Comme tu dis, l’intérêt des réseaux est de toucher des personnes qu’on n’aurait peut-être jamais touchées en librairie ou en festival.





Quand je tombe sur ton compte, une immense diversité de profils te suives de tous âges et de tous horizons. Contrebalançant avec un fonctionnement centré autour de centres intérêts communs sur Instagram, tes strips semblent toucher tout le monde et rassemblent. Comment expliquerais-tu cela ?


Ça rejoint un peu ce que je disais sur la question précédente : la diversité des sujets associée au jeu des hashtags fait que beaucoup de personnes peuvent trouver quelque chose qui leur plaît sur mon compte (en tout cas c’est ce que j’espère). Et l’objectif est de faire rire, donc si tu es tenniswoman et que tu te marres devant un strip sur le tennis, pourquoi pas aller se marrer devant un strip sur les vampires après ? C’est toujours sympa de se marrer.


Est-ce qu’on te verra un jour sur un format plus long ou par épisode ?


Il est tout à fait possible qu’un format long par épisode arrive prochainement sur mon compte…




Quels sont les futurs projets à venir ?


Un livre, enfin ! Un livre regroupant un peu plus de 180 strips sortira aux éditions Lapin en mai 2022 si tout va bien ! Il me tarde de voir enfin ces strips regroupés dans un seul ouvrage.

J’ai également réalisé un visuel BD pour un puzzle édité par Sulo, qui sortira courant mars. Je vous invite à aller voir les puzzles de Sulo, ils sont réalisés en collaboration avec des illustrateurices, ce sont de très beaux objets, tirés à 600 exemplaires.


Et sinon, merci Radio Loubard pour l’interview ! Et à bientôt, j’espère continuer à vous faire marrer avec mes bande dessinées !


 

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