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  • cesarloubard

#u.rtrax : The Message (Paris)

Vous le savez, cher.e.s lecteur.rice.s je n'ai que trop souvent à vous offrir au mieux mes mots au pire mes doutes. Je dois néanmoins vous faire une confidence, je n'ai plus que des doutes mal exprimés à vous offrir dans le passé j'avais encore quelques modestes mots à vous partager. Désormais j'assume pleinement mon syndrome de l'imposteur en volant carrément les mots de mes invité.e.s. Vous me permettrez donc, cette révélation faite. de subtiliser et de vous spoiler les mots de u.r trax à propos du partage et de la création :


"Sans donner d’élans aux autres, impossible d’avoir de l’élan soi même. Le partage est la force motrice de la création."


Heureusement que Radio Loubard est et restera gratuit, si il fallait payer pour des doutes autant regarder la télé.


Avant toutes élucubrations et théories, il est nécessaire d'assurer ses arrières en définissant ce que la force motrice en physique comme définition applique : n.f. Action de propulser, de pousser en avant, de mettre en mouvement.


Quoi de plus belle mission pour le partage que d'être le leit motiv de la création ? Force motrice d'un amour évident, il est certains que si le partage démarre l'action, la création en reçoit l'effet.

Mais ne soyons pas candide, ces deux mots, frères et soeurs sont mis à rude épreuve, confrontés au mal du siècle où la notion de partage s'éparpille et parfois , admettons-le vacille.

On partage tous et tout le temps en abondance, enfin on "share" à longueur de journée plus de des liens url que de moments passés à travailler ou à vivre ensemble.

Evoluant vers des liens invisibles que la chaleur et le contact humain ne saurait remplacé, le partage révèle pourtant sa force lorsqu'il s'agit d'un partage de temps et de connaissances qui sont à l'origine de la création dont u.r trax parle. La créativité n'étant que la somme de connaissances, d'expériences et d'influences partagés et réunis à l'occasion dans une oeuvre, un tee-shirt ou une track.


Le mot "partage" nous vient du latin "partes agere" : faire des parts ou portions et "agere" signifiant "pousser, faire, agir.". Cette parenthèse étymologique nous rappelant immédiatement à la définition de "force motrice", faisant de ces deux mots sont de potentiels jumeaux que le temps aurait éloigné.


Mais finalement, est ce que le partage ne serait pas notre unique force ? La seule vertu qui justifierait l'usage de la force ? Demeurant la solution providentielle à la poursuite de la création, le partage comme unique force motrice a pendant de longues années fait ses preuves. Et puis, comme dit u.r trax : "Sans donner d’élans aux autres, impossible d’avoir de l’élan soi même.

Comment pourrait-on à présent renoncer au partage comme arme de poing ? Si choisir c'est renoncer, je vous laisse à présent tout le loisir de faire votre choix.


En attendant, j'ai le plaisir de partager avec vous les mots d'u.r trax que vous découvrirez à travers ces lignes. Elle vous rendra également la pareille vendredi soir au Trabendo aux côtés de Schacke, Vel, Eloi et Unklevon pour partager à son tour des moments à vos côtés.


u.r trax pour Radio Loubard




Hello u.r trax ! Alors du coup je te laisse présenter en deux parallèles : Version prosaïque et version créative ok ?


Version prosaïque : DJ, productrice, ainsi qu’instrumentiste et Vocaliste a mes heures perdues.

Version créative : petit monstre en questionnement constant.


On va garder la version créative, le reste c’est pour ton Wikipédia ! Tu me disais, avec une certaine poésie, que tu te sentais “témoin de mon temps sonore” . Dans une démarche de propositions et de créations artistiques, comment s’inscrit concrètement cette recherche dans ton travail ?


Comprendre mon monde, les humains qui m’entourent, ça m'a toujours passionnée (pris la tête). J’adore les sciences humaines, l’étude de l’Homme. Pour moi la musique c’était un moyen de recherche. Quoi de plus humain que l’art ? J’ai souvent des problématiques et des thèmes qui vont structurer mes recherches musicales. Les productions artistiques des humains sont nécessairement le fruit d’un contexte. C’est compliqué de dire comment "concrètement" cela se sent dans mon travail. Disons simplement que la somme de ces “cultivations”, ensuite traitée par mon OS personnel, donneront une musique fruit d'inquiétudes, de questionnements, de réflexions contemporaines.



Tu me parlais d’une inspiration qui te venait de réactions à un événement, à une sensation qui t’as marqué pour l’éponger en musique. C’est une façon d’exprimer une solution à cet événement ? Ou une simple retranscription ? Une narration ?


Je pense que c’est avant tout une solution à un événement. Bien sûr ça ne vaut pas pour tt mes tracks mais j’aime appeler ces derniers comme des tracks “tableau”. J’ai fait quelques tracks en réponse à des moments qui m’ont marquée, voire traumatisée, et c’est avant tout une démarche thérapeutique.


Alors après avoir pu te conseiller Camus et te dire ô combien l’absurde occupait une place en or dans mes choix et mon coeur, tu m’as justement dit que tu avais un rapport assez absurde par rapport à la musique quand du moins tu en produis. Comment on aborde la création musicale de façon absurde ?

D’un autre côté, je ne cherche pas toujours le sens dans ma musique, ni de représentation concrète. La techno c’est absurde par essence. C’est une musique qui tourne en rond, qui ne cherche pas forcément de sens, mais des sensations. Et je trouve cette définition plus qu’actuelle. En tout cas, c’est ce qui dirige ma production actuellement. Pendant le COVID on taxait la France "d’absurdistan". Notre monde a quelque chose qui cloche en ce moment plus que jamais. Faire les choses de manière absurde c’est refuser leur sens. En tant que jeune individu dans un monde dont je refuse le sens, je n’ai pas d’autre choix que de faire une musique qui n’en a pas.





Peut-être que cette fameuse phrase que ce professeur de philo t’avais dite saura apporter à nos très cher.e.s lecteur.rice.s du jour une clarification sur ton processus de création musicale…?


“Le génie c’est celui qui ne sait pas comment il est allé du point A au point B, alors que le virtuose c’est celui qui a pris une règle pour relier les deux points”.

C’est très important pour moi de déconnecter mon sens logique, “ma règle” intérieure, quand je fais de la musique. Se laisser transcender par un état un peu alternatif. Puis, prendre du recul, mettre tous les éléments en regard pour résoudre l’énigme que je me suis posée à moi-même au cours de mes productions récentes.


Nous sommes bien sûr cyber-réuni.e.s pour parler de ta série d'événement Under Rave dont la prochaine se tiendra au Trabendo demain en excellente compagnie ! D’où vient ce nom “Under Rave” ? On veut des histoires !


Under Rave ca vient d’un petit “manifesto” (underrev) que j’avais commencé à écrire quand j’étais au lycée. Il compilait d’abord mes observations, ressentis, associés à ma découverte de la nuit (et de la vie). Et très vite, mes idées, statements artistiques, ce qui clochait et comment le dépasser. Bref, c’était un espace mental infini ou je voulais imaginer mon esthétique et comment la mettre en pratique. Et justement, le mettre en pratique dans mes Under Rave.



Le pamphlet sera bientôt publié aux "Éditions Loubard” pour celles et ceux pouvant être intéressé.e.s…. Sinon à part ça, qu’est ce qu’on vit pendant une soirée “Under Rave” ?


…Publié quand je serai morte, y’a du temps encore hahah. Et dans l’immédiat, mon objectif premier pour ces soirées c’est de faire découvrir de nouvelles teintes sonores. J'aimerais qu’on puisse y vivre des trip musicaux.

Quelles sont les valeurs et principes d’Under Rave ?


Le mot d’ordre c’est diversité : diversité musicale impliquant nécessairement une diversité des artistes la fabriquant; et j'espère une diversité du public qui s’y identifiera.

Ensuite, une pratique de la fête plus responsable et respectueuse de soi-même et des autres. L’association ACT RIGHT sera présente : elle sensibilise le public et le staff et des intervenants sont présents si jamais un.e de nos invité.e.s est en détresse.



Tu as pu inviter plusieurs artistes qu’on a rarement l’occasion de voir en France et avec des univers et des propositions musicales qui diffèrent de la proposition classique de certaines line-up à la techno “pré-dominante”. Pourquoi aller chercher ce type d'artistes pour tes soirées ?


Faire de la programmation est une super opportunité pour dévoiler autrement mon univers musical. Les artistes que j’invite sont des musiciens dont j’admire la signature sonore, en lesquels je crois au point que la plupart sont devenus des amis. Et je pense que c’est aussi à travers ça que je peux participer à créer des nouveaux liens et rencontres entre les artistes du line up, que l’on forme une communauté et que l’on grandisse tous ensemble (car seul on arrive à rien !).


Tu me disais que ça partait aussi d’expériences passées où tu te retrouvais la seule meuf sur une line-up de mecs qui jouent de l’indus avec l’impression de pousser plus loin et plus haut le bpm et le son. Est-ce compliqué à présent de pouvoir affirmer et représenter une identité musicale en dehors du cadre ?


Moins compliqué aujourd’hui qu’avant je pense. Avant même de faire de la musique, mon identité sociale est hors du cadre (et je ne l’ai pas choisi..). Alors, mon identité musicale le sera forcément. Plus jeune, sur des scènes locales, composée de pas mal de mecs qui puent le seum, c’est compliqué d’exister humainement ou artistiquement car tu es forcément essentialisée, pas prise au sérieux. Ensuite, l’obstacle devient intérieur, car tu développes un syndrome de l’imposteur jusqu’au moment où tu te rends compte que si on te booke c’est parce que tu as ta place, ton rôle, tu réponds à une demande musicale mais aussi humaine. En tant que public et passionnée de musique, rarement j’ai pu m’identifier à des DJ super virils… Au même titre que j’ai au besoin de modèles féminins pour y croire (S/O VTSS SPF Nina Anetha), c’est mon devoir d’exister pour “mes gens” avant tout.



Tes rencontres avec Héctor Oaks et Nina Kraviz ont évidemment énormément influé sur ta carrière et sur ta vision du monde de la musique. Qu’est ce que t’as appris de ces rencontres?


J’admire autant ces deux artistes car je crois que j’ai rarement rencontré des âmes aussi fortes, aussi passionnées (j’espère que j’en rencontrerai d’autres sur ma route, mais difficile de les détrôner dans mon cœur lol). Héctor m’a donné énormément confiance en mon travail - tout en me poussant à me remettre tout le temps en question. Sa rencontre marque le moment “où tout à commencé” pour moi. Ce que je trouve super admirable chez Nina Kraviz (au delà de son talent indétrônable de queen), c’est comment elle œuvre pour la scène, les artistes qu’elle est allée chercher chez trip, le son qu’elle a créé en les réunissant sur son label. Chez ces deux artistes, il y a un altruisme, un partage, une sincérité, une passion pour la musique que je trouve tellement rares et inspirants. Ce sont de très belles leçons humaines qui me guident et qui me permettent d’avancer.




Est-ce que tu essayes, à ton échelle, de t’inspirer de la façon dont iels t'ont poussé pour toi aussi donner cet élan à d’autres artistes ?


Sans donner d’élans aux autres, impossible d’avoir de l’élan soi même. Le partage est la force motrice de la création. Je n’ai pas énormément de pouvoir, mais je veux faire tout ce qui est en mon possible pour pousser les artistes que j’aime. En fait, c’est la moindre des choses en échange de l’effet que leur travail me fait. Surtout que quand je tombe amoureuse de la musique d’un artiste, j’ai un coup de cœur pour l’humain qui se cache derrière. Encore une fois, c’est ensemble qu’on avance et qu’on existe. Par exemple, j'ai souvenir d’avoir dit à VEL (qui sera avec nous vendredi) : “ta musique est tellement incroyable que toute la planète mérite de l’entendre!”. C’est pour la scène, pour la musique, qu’on doit tous se pousser. Quoi comme plus belle dynamique ?





D’où ce qu’il pourrait s’apparenter à ce qu’une communauté saine pourrait être ?


Je suis peut être encore trop candide et illusionnée, mais j’ai l’intime conviction que dans des milieux artistiques comme le nôtre, tout le monde est la pour une bonne raison, que le bon coeur primera toujours et que, quand notre “fond de commerce” sont nos émotions, seule la sincérité à sa place. Je crois pas mal au mektoub comme on dit chez moi (lol), et j’ai confiance en l’avenir de notre communauté d’artiste. Les lignes bougent : plus de fxmmes (minorités de genre), plus de personnes non blanches (mais bon y’a encore beaucoup de taf la dessus). Une communauté plus saine, c’est déjà des artistes aussi divers que leur public, qui portent une multitude de voix : soniques, politiques,... Après, le risque zéro n’existe pas et une scène sans agressions, sans pressions ne sera que le résultat d’une société globale qui va dans ce sens. Va falloir s’armer d’un peu de patience…


Tu as, comme beaucoup je l’espère, une certaine passion pour ton métier, avec un rapport quasi indissociable de ta personne, Ines et de ton œuvre artistique u.r trax. N’est ce pas compliqué parfois de gérer cette dualité ?


Je crois que je ne la gère juste pas. Les lignes tangentes sont confondues et dans toute la fougue de ma jeunesse je refuse de prendre du temps pour moi Ines et consacre toute mon énergie à mon projet u.r.trax. En même temps ça me convient bien pour l’instant…




Alors que restera-t-il de tout ça ? Des posts Insta et des fichiers .wav sur Soundcloud ?


Je ne poste rien sur soundcloud, Instagram c’est pas mon fort non plus… Ça ne m’a jamais intéressée de sortir des tracks en digital, tout est sur vinyle. Récemment un ami m’a dit que nous vivons actuellement à "l'âge de plastique”. Le plastique met 10 000 ans à se biodégrader. Or, un vinyle est fait essentiellement de plastique. Alors je pense qu’il restera des jolis skeuds, et pour un bon bout de temps !


Quelles sont tes prochaines étapes ?


Des dates, des dates, des dates. Apprendre de nouvelles techniques, apprendre des choses sur le monde qui m’entoure et sur moi même.


Est-ce qu’on te verra un jour reprendre les armes ? Euh pardon, les instruments* dans de futurs projets ?


Oui ! De la guitare, de la voix bien sûr. Aujourd’hui je vais acheter une guimbarde, c’est vraiment incroyable. Et j’ai toujours eu un fort intérêt pour l’acoustique qui est pour moi la source sonore la plus sincère et réelle, je mets pas mal de field recording dans mes tracks, depuis toujours j’aime bien transformer mon environnement en instruments. (le saviez vous ? une bouteille d’orangina vide donne un LA 440Hz quand on souffle dedans; donc c’est super pour construire des flûtes.)


On se voit toustes Vendredi ?


Yallah


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